VB Association pour la reconnaissance du vote blanc
« Un homme, une voix. L’équation simple s’impose à nous avec la force de l’évidence.
L’égalité devant l’urne électorale est pour nous la condition première de la démocratie,
la forme la plus élémentaire de l’égalité, la base la plus indiscutable du droit. »
(Le sacre du citoyen).
Pensez à aller régulièrement visiter les rubriques 'le vote blanc à l'étranger' et 'Partenaires' qui vous emmèneront hors de France ainsi que la page 'Ils l'ont dit' où vous pourrez lire, en vrac, des pensées de Berroyer, Bourdieu, Raffarin, Dupontel, John Cage, François Bayrou...
Le 27 février, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.
Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc. Lire les propositions de loi
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Des élections législatives ont eu lieu le week-end dernier au Pakistan. Pour l'occident, le Pakistan c'est la couveuse du terrorisme. Mais on s'aperçoit que c'est aussi un pays où une partie non négligeable de la population réclame la démocratie, une vraie démocratie, et ne ronronne pas comme en Europe. Le quotidien Le Monde applaudit cette vigueur démocratique, manifestée il y a quelques jours. Ces mêmes électeurs se battent pour pouvoir lutter contre les inerties des partis, des élites. Comme en Inde, ils réclament un vote blanc doté d'un pouvoir de sanction. C'est un débat officiel, vivace.
Inde et Pakistan, c'est un ensemble de plus d'un milliard d'habitants qui s'apprête à franchir le pas, parce que ce sont des démocraties jeunes, dans le temps pour le Pakistan, démographiquement pour l'Inde. Les démocraties séniles d'Europe sont en train de voir passer le train de la modernité politique.
Une juriste pakistanaise, Yasmeen Ali, vient d'écrire au chef de la commission électorale du Pakistan pour lui demander d'introduire le vote 'pour aucun des candidats' sur les bulletins avec un pouvoir de sanction.
Le 8 mai 1898, date des élections législatives, un âne blanc, nommé NUL pour l'occasion, fut promené dans Paris pour faire une tournée électorale, par le journaliste satirique et anarchiste Zo d'Axa. Derrière le pseudonyme Zo d'Axa, se cachait le descendant du navigateur Lapérouse. Alphonse Galaup de Lapérousse voulait, par cette action, inciter les électeurs à voter "blanc" ou "nul", tout en se faisant entendre.
L'âne centriste de l'UDI prétend défendre le vote blanc en le séparant de soi disants votes nuls. Mais comme l'âne UDI refuse que le vote blanc soit un suffrage exprimé, celui-ci reste annulé donc nul. L'âne blanc de l'UDI peut par conséquent porter le nom de NUL, comme celui de Zo d'Axa.
Sénat 2013
Séance publique au sénat le jeudi 28 février
ON SE MOQUE DE L'ELECTEUR
« Tartuferie », « On est en train de gruger les citoyens ». La sénatrice UMP Catherine Procaccia ne mâche pas ces mots. Le texte qui se prépare à être approuvé au sénat se moque du monde. Le vote blanc est loué par le PS et par l’UDI mais il faut qu’il soit le plus limité possible – on n’admet que les bulletins blancs et vierges – invisible – il ne doit pas être présent aux côtés des autres bulletins dans les bureaux de vote blanc (sinon cela les mettrait à égalité avec les bulletins nominaux (!!!) dixit le chef du groupe UDI) – et eunuque – pas question de l’intégrer aux suffrages exprimés. Le sénateur Christian Cointat est furax : « On n'aura fait qu'amuser la galerie avec une loi de plus, qui ne servira à rien !» ("Un trompe-l'oeil" rajoute son collègue René Garrec).
Le représentant du groupe UMP, Pierre Charon, plus calme et favorable au contenu proposé par l'UDI-PS, reconnaît malgré tout: « La fiction de la majorité absolue à la présidentielle commence à s’effriter ». L’écologiste Hélène Lipietz les rejoint, pour aller plus loin, jusqu'à l'intégration des bulletins blancs dans les suffrages exprimés. Selon elle, il est temps d’avoir une vision nouvelle de l’acte électoral et de ne pas le limiter à la vision archaïque que représentent l’UDI et le PS. « Il ne faut pas avoir peur de l'électeur quand il a le choix. L'électeur n'est pas notre ennemi ; il est notre partenaire, nous le représentons et, pour cela, il doit être totalement libre d'exprimer son opinion. »
Catherine Procaccia
Mais les élus majoritaires restent de marbre. Ils refusent que des bulletins blancs, que l’on dit reconnaître en les distinguant des nuls, soient déposés dans les bureaux de vote. Pour être annexé dans la rubrique ‘vote blanc’, il faut absolument que l’électeur apporte un papier blanc et vierge. Hélène Lipietz insiste auprès du ministre Alain Vidalies ; elle aurait voulu que le parlement prévoit une information sur cette modification. La réponse du ministre se retranche derrière des questions techniques.
Le sénateur Cointat conclut les débats en clamant : Votre proposition « fera croire que l’on fait quelque chose alors qu'en l'absence de bulletins blancs disponibles, on n'aura rien fait’» Lui qui est hostile au fait que le vote blanc devienne un suffrage exprimé, craint que les mouvements favorables au vote blanc (tiens, ne pense-t-il pas à l’Association pour la reconnaissance du vote blanc ?) en fassent leurs choux gras.
Le gouvernement, qui s'est impliqué dans l'adoption de cette mesure, n'a pas le soutien de ses partenaires. On l'a vu avec l'écologiste Hélène Lipietz, ça se vérifie avec le groupe des radicaux de gauche représenté par François Fortassin: «Des membres du RDSE regrettent ainsi que la commission, en n'intégrant pas le décompte des bulletins blancs parmi les suffrages exprimés, ne soit pas allée au bout de la logique qui avait guidé les auteurs de ce texte.»
«Cette proposition mi-chèvre mi-chou ne me convient absolument pas : soit elle sert à distinguer les bulletins nuls des bulletins blancs, auquel cas elle présente peu d'intérêt, à plus forte raison si les enveloppes vides sont comptabilisées comme des votes blancs ; soit elle traite le vote blanc comme un suffrage exprimé, et on en tire les conséquences.On nous fait peur avec des conséquences que nous ne verrions pas. Les débats sur le mariage pour tous ont montré qu'on pouvait faire bouger les lignes. Adopter cette seconde hypothèse pour le vote blanc témoignerait d'un certain courage civique.» André Reichardt, UMP.
LES SENATEURS ECOLOGISTES DEFENDENT LEURS CONVICTIONS
Comme nous l'écrivons ci-dessous, plusieurs élus se démarquent de l'hypocrisie qui se congratule d'assemblée en sénat. Notamment les écologistes. Nous apprécions les amendements déposés par le groupe EELV, particulièrement le 4è:
"Le vote blanc est distinct du vote nul. Le comptabiliser séparément est un premier pas, important, dans la prise en compte des électeurs votant blanc, qui expriment leur désir de voter, mais ne sont satisfait par aucune des possibilités qui leurs sont proposées. Pour prendre en compte, réellement, le vote blanc, il est nécessaire de le comptabiliser dans les suffrages exprimés. Cette mesure permettrait un retour aux urnes de nombre d'électeurs dont la voix et l'avis ne sont pas pris en compte."
L'Association remercie tout particulièrement Hélène Lipietz qui a défendu ces amendements. Ils ont tous été rejetés par la majorité qui ne pense qu'à assurer sa réélection.
Un premier pas... en arrière
L'enthousiasme béat de nos élus s'est confirmé. La discussion a toutefois achoppé sur deux points. Pour le premier point, un amendement a été accepté et sera présenté en séance. Comme le texte initial aura été modifié, il faudra le renvoyer à l'assemblée. L'UDI n'ayant recours à une 'niche' parlementaire qu'une fois par an, il faudra attendre le mois de novembre pour que la nouvelle version soit débattue à l'assemblée. Les élus UDI auront-ils une telle persévérance ? Si les élections locales sont maintenues au premier trimestre 2014, elles ne seront pas concernées par la modification. Quant aux européennes de juin 2014 ?
Voici les deux points:
- Faut-il inclure les enveloppes vides dans la catégorie 'vote blanc' ? L'assemblée avait dit oui, les sénateurs pensent que ce n'est pas judicieux. En effet, s'il y a un risque d'erreur dans un bulletin (très rare en réalité), il est plus dans une enveloppe vide que dans un bulletin annoté.
- Les maires doivent-ils mettre à disposition des électeurs des bulletins blancs ? L'assemblée avait dit non et pourtant la question ressort. La commission va se tourner vers le gouvernement pour savoir s'il utiliserait l'article 40 de la constitution (ne pas créer de dépenses nouvelles) pour s'opposer à cette mesure. Selon nous, il suffirait de présenter des bulletins complètement vierges, coupés au Massicot, pour faire l'affaire; ça ne coûterait quasiment rien.
Lire la lettre que l'Association a adressée à ces personnalités en cliquant sur leur nom.
QUAND LE PS S'EMPALICHONNE
En 1983, tous les sénateurs du groupe socialiste signaient la proposition de loi de leur collègue René Chazelle, favorable à l'intégration des bulletins blancs dans la catégorie des suffrages exprimés. 30 ans plus tard, ils vont amoindrir encore plus le poids de cette façon d'exprimer une conviction. Ils vont oser dire qu'ils réalisent un pas en avant alors que le vote blanc reste censuré et perd une de ses composantes, le bulletin annoté.
On comprend pourquoi le gouvernement a fait passer la loi sur le mariage homosexuel si laborieusement. "Passer à la machine, faire bouillir pour voir si les couleurs d'origine peuvent revenir. Est-ce qu'on peut ravoir à l'eau de javel des ambitions de progrès, le rose que l'on croyait éternel, avant." (Souchon, à peine modifié).
Roland Courteau, qui avait signé la proposition en 1983, auteur lui-même de plusieurs propositions identiques, est toujours présent au palais du Luxembourg. Nous lui avons écrit.
L'INITIATIVE PARLEMENTAIRE EN COURS NE RECONNAIT PAS LE VOTE BLANC
ELLE NE FAIT QUE STIGMATISER LES BULLETINS NULS Et pourtant...
1913 - 2013 - ?
AFFRANCHIR L'ELECTEUR
Un objectif qui reste à atteindre
Au mois de juillet, nous fêterons les cent ans de la loi qui autorisa l’installation d’isoloirs et la mise à disposition d’enveloppes. Ce fut obtenu après de longues années de débats parlementaires. Le but était d’extraire l’électeur des pressions de son environnement, de l’affranchir. Le vote s’est individualisé depuis mais sommes-nous vraiment maîtres de notre vote ?
«Il est nécessaire que le vote blanc fasse l'objet d'une reconnaissance accrue. En effet, c'est un élément central pour favoriser une meilleure représentativité et une plus grande légitimité des élu-e-s. Je soutiens donc votre engagement. (...) Il faut désormais attendre que cette proposition de loi soit inscrite à l'ordre du jour du Sénat. Les débats permettront peut-être de faire avancer le texte dans le sens de nos positions et de votre engagement.» Danielle Auroi, députée EELV, courrier à l'Association, janvier 2013.
ASSEMBLEE NATIONALE 2012
LE VOTE BLANC A L'ASSEMBLEE EN NOVEMBRE
Ils l’ont dit clairement à la tribune de l’Assemblée : l’avancée proposée est insuffisante et il faut viser la prise en compte comme suffrages exprimés. Voir les vidéos des deux débats
« La question que posait le présent texte était double, puisqu’il s'agissait à la fois de reconnaître le vote blanc par un décompte spécifique et de prendre en compte les bulletins blancs parmi les suffrages exprimés. Si telle avait été la volonté du rapporteur, le groupe écologiste aurait voté cette proposition telle quelle. » Sergio Coronado, député écologiste
« J’ai cru entendre qu’un consensus était possible pour une première étape forte qui consisterait à séparer le vote nul du vote blanc. C’est le cas dans les communes comme la mienne, où le vote est électronique depuis longtemps. Il n’y a donc plus de votes nuls, il n’y a que des votes blancs. Le fait que nous puissions séparer ceux qui se sont trompés de ceux qui veulent exprimer autre chose me semble être déjà un pas important. Je souhaiterais pour ma part que nous n’en restions pas là et que nous allions vers une vraie comptabilisation du vote blanc dans les élections. » Yves Jégo, député UDI
« La proposition de loi de nos collègues UDI propose une véritable reconnaissance juridique du vote blanc : non seulement les votes blancs seraient décomptés séparément des votes nuls, mais ils seraient pris en compte dans le calcul des suffrages exprimés. Certains de nos collègues estiment que la non-comptabilisation du vote blanc dans les suffrages exprimés est une tradition française. Je ne partage pas cette vision de la démocratie représentative. » Dino Cinieri, député UMP
« En somme, le vote blanc exprime le refus de l’électeur du choix qui lui est proposé ; il s’agit donc bien d’un acte citoyen, qui mérite d’être reconnu comme tel et comme un suffrage exprimé à part entière. Comme le souligne Olivier Durand, président de l’Association pour la reconnaissance du vote blanc, « si voter c’est désigner uniquement un vainqueur, cela constitue un appauvrissement de l’acte électoral. »
(…) Pour notre part, nous sommes donc favorables à la reconnaissance juridique du vote blanc. Non seulement nous considérons normal, justifié, de décompter séparément les votes blancs et les votes nuls, mais nous estimons, aussi et surtout, que les bulletins blancs devraient être pris en compte dans le calcul des suffrages exprimés. Reconnaître le vote blanc tout en refusant d’en faire mention parmi les suffrages exprimés n’aurait en effet qu’une utilité limitée et ne constituerait qu’une mesure purement symbolique.
(…) C’est la raison pour laquelle, vous l’avez compris, les députés du Front de gauche auraient voté cette proposition de loi dans sa version initiale. » Marc Dolez, député Front de Gauche.
69% des Français seraient favorables à la prise en compte du vote blanc selon un sondage LH2 Nouvel Obs du 12 novembre 2012. Les auteurs de ce sondage ont juste oublié de préciser dans leur question s'il s'agit de bulletins blancs pris en compte dans les suffrages exprimés ou non.
Le 22 novembre, 90 députés ont joué à un tour de passe-passe. Ils ont voulu nous faire croire que les bulletins blancs ne seraient plus nuls parce qu'ils les séparaient, au moment des décomptes, des bulletins nuls. Sauf que, dans le jargon des bureaux de vote, 'nul' signifie annulé. Comme les bulletins blancs ne sont toujours pas intégrés dans la catégorie des suffrages exprimés, ils restent annulés... et donc 'nuls' ; nuls et affaiblis. Aux prochaines élections, le vote blanc verra son résultat nettement fondre par rapport aux élections correspondantes précédentes parce que les électeurs ayant voté blanc dans l'esprit en déposant deux bulletins différents ou un bulletin déchiré, ou annoté, seront considérés comme des erreurs et non comme des messages d'insatisfaction.
Dès à présent, dans les journaux ou dans les blogs, plusieurs commentateurs ont montré qu'ils n'étaient pas dupes. Les élections locales de 2014 vont ouvrir grand les yeux de ceux qui n'ont pas encore fait attention à cette fausse mesure.
UN PREMIER PAS VERS QUOI ?
Béats, les 90 députés ont dit que la mesure adoptée serait un premier pas. Si tout le monde est ainsi unanime sur les vertus du vote blanc, pourquoi l'UDI s'est-elle contentée de ce pas lilliputien ? En fait, beaucoup de socialistes comme Jean-Jacques Urvoas - président de la commission des lois - se considèrent arrivés à bon port et ne souhaitent pas aller plus loin. Mais d'autres - voir ci-dessous - visent un autre objectif: le vote obligatoire. Ce contre quoi lutte farouchement l'association pour la reconnaissance du vote blanc.
Claude Bartolone est favorable au vote obligatoire. Le président de l'Assemblée nationale l'a indiqué sur iTélé ce vendredi.
Répondant à des questions sur la reconnaissance du vote blanc jeudi par les députés, l'élu de Seine-Saint-Denis a estimé que c'était "un premier pas". "J'espère qu'il y en aura d'autres", a-t-il ajouté.
"Et pourquoi pas le vote obligatoire", a poursuivi Claude Bartolone.
L'ASSOCIATION POUR LA RECONNAISSANCE DU VOTE BLANC AUDITIONNEE PAR LE DEPUTE SAUVADET
Le 13 novembre, le député François Sauvadet, rapporteur de sa propre proposition de loi, a auditionné l'Association pour la reconnaissance du vote blanc. Extrait du rapport de François sauvadet:
«Selon M. Olivier Durand, président de l'association pour la reconnaissance du vote blanc, entendu par votre rapporteur, considérer le vote blanc comme un suffrage exprimé permettrait de tirer toutes les conséquences du principe 'un homme, une voix'. »Lire l'intégralité du rapport
JUGES ET PARTIES
Pour l'Association, en effet, l'élection appartient en priorité aux citoyens, aux électeurs. Ce sont eux sont le moteur d'une démocratie. L'acte électoral ne doit pas brider cette énergie mais doit au contraire lui permettre de s'exprimer au mieux. Le vote doit à la fois affirmer le principe de liberté et celui d'égalité. Alain Vidalies, ministre en charge des relations avec le parlement l'a d'ailleurs dit au micro, mais il n'a pas le courage politique de mener son raisonnement jusqu'au bout: « Ce moment unique où, quelles que soient les inégalités dans la société, chaque voix, chaque être humain a la même valeur. C’est peut-être le seul moment où cette égalité absolue se rencontre. »
L'UDI de François Sauvadet et le Parti Socialiste, eux, ne sont préoccupés que par eux-mêmes. L'élection doit protéger l'élu, doit privilégier le candidat sur l'électeur. Ainsi, à la tribune, plusieurs députés sont venus dire que le vote blanc suffrage exprimé mettrait en danger les petits partis à cause des seuils fixés dans certaines élections, mettrait en difficulté un gouvernement qui présenterait un référendum parce que le vote blanc favorise le 'non' (!), fragiliserait la légitimité du vainqueur s'il était trop fort...
Autant d'arguments qui démontrent une grande frilosité de ces élus de la Nation et une pusillanimité certaine. Quelques uns de leurs collègues sont venus dire au micro que ces craintes n'étaient pas du tout fondées. Lire ces réponses.
Joey Starr : Je pense qu’il faut légiférer pour qu’il soit pris en compte. Il y a quelque temps, j’ai participé à une campagne pour inciter les gens à s’inscrire sur les listes électorales. On s’est rendu compte que ma banlieue (Saint-Denis, NDLR) était l’un des endroits où le plus de gens s’étaient inscrits, sauf qu’ils n’étaient pas allés voter. Le vote blanc, c’est dire “je ne suis pas d’accord”. Comment ne pas entendre cette voix dans une démocratie ? On a le droit de voter parce qu’untel a un beau costard ou parce que le voisin est arabe et qu’il fait du bruit mais on n’a pas le droit de ne pas être d’accord ! ? (NouvelObs.fr - octobre 2011)
Bruno Gaccio - dit 'le Révolutionnaire' - a couru tous les plateaux de télévision possible pour faire connaître sa Grande idée: compter les bulletins blancs en éliminant les 'nuls' sans pour autant intégrer les suffrages exprimés. Cela s'appelle 'pisser dans un violon' et pour faire aboutir cette idée novatrice, il fallait trouver deux personnes à la pointe de la modernité. Ce fut fait avec le député PS Jean-Jacques Urvoas et le constitutionnaliste gourou Guy Carcassonne.
Pour revenir aux préoccupations de Joeystarr, le vote des jeunes de banlieue, si on arrive à les faire venir dans un bureau de vote et que les deux candidats 'bourgeois' du second tour ne leur convient pas, ce ne sera pas en censurant leur vote blanc qu'on leur donnera envie de revenir. Ajouter à l'exclusion sociale l'exclusion politique est d'évidence une mesquinerie indigne de la République.
« Les quartiers, les cités, sont une chance pour la République. Ne sous-estimez pas la force de votre décision. Avec le suffrage universel une voix en vaut une autre, et si certains sont plus riches que vous, vous, vous êtes plus nombreux qu’eux. » Candidat François Hollande, 11 avril 2012, en visite dans une banlieue.
Si l'on calcule le pourcentage obtenu par François Hollande par rapport au nombre de votants, on aboutit à 48,63%. François Hollande ne peut se targuer de dépasser les 50% que grâce à la censure des bulletins blancs. C'est la seconde fois, en 9 élections présidentielles, qu'un candidat est élu alors qu'il n'a pas la moitié des suffrages des électeurs qui se sont déplacés. Avant lui, en 1995, Jacques Chirac était resté à 49,5%.
Si le vote blanc a dépassé pour la première fois dans une présidentielle les 2 millions - sans dépasser son record du second tour des législatives de 1993, 2 158 516 -, en pourcentages (5,83%) il est plus bas que son niveau de 1995 (5,97%) et à peine au-dessus de celui de 2002 (5,39%).
En 1995, Jacques Chirac avait fait sa campagne sur la 'fracture sociale' avant de mener une politique plus libérale. En 2012, François Hollande a tenu un discours plus à gauche que l'image qu'il avait au sein du PS. Est-ce cette ambiguïté qui a fait hésiter une partie de l'électorat et qui explique que François Hollande l'emporte sans bénéficier d'un véritable élan ? En 1981, l'écart était du même ordre entre F. Mitterrand et V. Giscard d'Estaing mais le vainqueur avait 50,27% des votants.
Le 11 avril, François Hollande a lancé à destination des populations de banlieue : « Les quartiers, les cités, sont une chance pour la République. Ne sous-estimez pas la force de votre décision. Avec le suffrage universel une voix en vaut une autre.» Nous espérons qu'il demandera à son ministre de l'intérieur de faire reconnaître comme suffrage exprimé le vote blanc, pour que le principe d'égalité '1 homme, 1 voix' soit vraiment respecté dans notre démocratie électorale.
Légende
Rouge = < 5% Orange foncé = 5 à 6% orange clair = 6 à 7% Jaune = > 7%
Légende
Rouge = 1,5 à 1,99% orange = 2 à 2,4% Jaune = > à 2,4%
Premier tour de la présidentielle
EST - OUEST
Quand le vote blanc reflète le dynamisme électoral
Imaginez une moitié de la France où se trouvent les 18 départements qui ont dépassé les 20% d’abstention. 12 d’entre eux ajoutent à cette démobilisation élevée un vote pour le FN lui aussi supérieur à 20%. Vous ne serez pas étonné d’apprendre qu’un seul a enregistré un vote blanc au-dessus de 2% (Haut-Rhin). C’est la France des fortes densités, de la désindustrialisation. La crise a frappé fort et continue. Les populations étrangères sont mal intégrées. La démocratie est encore balbutiante. Tous ces départements sont dans une moitié Est. On est dans le Nord, la Moselle, dans les Alpes-Maritimes, en Corse. A vous de rattacher ces territoires aux différentes causes exposées plus haut. L’acte électoral mériterait d’y retrouver du sens. Il s’agirait de ne pas ajouter à la difficulté sociale un dédain politique. On demande aux électeurs de voter utile sans comprendre que ça signifie pour eux des résultats concrets : je vote utile et je trouverai un travail. En bâclant les campagnes électorales parce qu’on s’appuie systématiquement sur le vote utile, on désespère le peuple. L’Ile-de-France n’a pas donné beaucoup de voix à Marine Le Pen (sauf la Seine-et-Marne) mais l’abstention y dépasse partout la moyenne, excepté Paris. Il faudrait donner une autre dimension à l’acte électoral pour sortir de cette fatalité ; le constat énoncé est malheureusement valable depuis de nombreuses années et de nombreuses élections.
Et si vous passiez vos vacances d’été en Mayenne ?
Imaginez une moitié de la France qui compte les 16 départements où l’abstention est la moins forte (jusqu’à 13,86% à peine dans le Lot). Dans deux seulement le vote FN dépasse les 20% (Haute-Loire et Ardèche, très proches de la moitié Est du territoire). Dans 11 d’entre eux, le vote blanc va au-delà des 2%. C’est la moitié ouest, celle moins touchée par la crise depuis les années 1970. Celle où un bulletin a encore un sens parce que les densités sont modérées. On croit encore aux élections, on vote, on s’engage en choisissant un candidat républicain le plus souvent et, si on juge que le personnel politique de son camp n’est pas à la hauteur, on n’hésite pas à le dire en votant blanc. Ainsi, la Mayenne, en tête de classement ce mois d’avril, est souvent à la pointe de ce type d’expression. Le dynamisme électoral est là, même si ce n’est pas la France qui est mise en avant. Il serait judicieux d’entendre la leçon qu’elle nous livre.
Certains indicateurs peuvent laisser craindre que l’Ouest glisse inexorablement vers un comportement électoral de type moitié Est. Laisse-t-on faire ou réagit-on ? Infantilisons-nous sans cesse et sans cesse l’électeur ou lui donnons-nous plus de responsabilité ? Reconnaissons-nous ou non le vote blanc ?
Au second tour, on peut en être sûr, cette France à deux visages réapparaîtra très nettement.
Dans une France au taux de vote blanc à peine supérieur à celui de 2007, l'outre-mer détonne. LE VOTE BLANC EN TROISIEME POSITION AUX ANTILLESet à Mayotte
Bureau de vote en Martinique
Alors qu'en métropole le vote blanc reste en-dessous des 2,5%, en Martinique et en Guadeloupe, il caracole à plus de 7% (7,87% en Guadeloupe, 7,27% en Martinique). Il n'était qu'à 4,35% en Guadeloupe il y a 10 ans et avait déjà dépassé les 6% en 2007. En Martinique, il progresse régulièrement, passant de 5 en 2002, à 6 en 2007 pour atteindre plus de 7 aujourd'hui. L'abstention n'est pas aussi forte dans les deux îles cette fois-ci qu'en 2002 - même si elle reste au-dessus de la moyenne nationale avec plus de 40% - mais le vote Le Pen croît lui-aussi (il a triplé en 10 ans en Martinique, partant d'un chiffre très bas en 2002). Dans l'enthousiasme d'un taux de participation plus élevé qu'attendu au niveau national, faut-il négliger ces indicateurs et laisser dériver une situation déjà inquiétante ?
A la Réunion, en Guyane et à Mayotte, le vote blanc est au-dessus des 4%.
IL NE FAIT PAS BON VOTER BLANC A GAUCHE
Michel Onfray
Pour la gauche, l'électeur est un petit soldat qui toujours va sur le front électoral en éteignant sa conscience, par abnégation. Les état-s majors peuvent ne pas être à la hauteur, peuvent malmener les idéaux de la gauche, mais le piou piou de base sauve quoiqu'il arrive la patrie, sans se permettre la moindre critique. Lire la suite
MARIE DARIEUSSECQ S'INTERESSE AU VOTE BLANC
ET SOUDAIN...
NICOLAS SARKOZY N'EST PAS CONTRELE VOTE BLANC
«Je n'y vois pas d'inconvénient. C'est l'expression d'une position. On ne peut pas dire à quelqu'un qui fait l'effort de se déplacer pour voter qu'on ne reconnait pas son vote. Il n'y a pas un bon vote et un mauvais vote. Il y a un vote et il doit être pris en compte.» (12 avril 2012, 20 Minutes) Que ne ferait-on pas dans une danse du ventre !
Nicolas Sarkozy a décidé de séduire François Bayrou au second tour de la présidentielle et devient subitement favorable au vote blanc. Nous aurions préféré qu’il soit encore plus précis en disant « pris en compte comme suffrages exprimés ». Mais c’est déjà mieux que ce que les ministres de l’intérieur successifs de son quinquennat ont répondu à ceux qui les ont questionnés à ce sujet. Lire la réponse faite au député Patrice Martin-Lalande (UMP) en 2011.
Nicolas Sarkozy avait glissé dans un discours de 2007 le vote blanc et son directeur de campagne de l’époque, Eric Woerth, nous avait écrit pour nous dire que c’était un thème cher à l’UMP mais depuis, plus rien.
Cette affirmation correspond exactement à ce pour quoi nous militons. Quant à sa sincérité...
LEGISLATIVES 2012
L'ouest domine au premier tour mais les taux sont réduits. Au second tour, c'est la crise qui l'emporte et du coup la coupure habituelle ouest-est des premiers tours s'efface. C'est la Seine-Saint-Denis qui obtient le score le plus élevé parce que 5 circonscriptions sur 12 n'offrent qu'un seul candidat; puis suit le Nord. Mais c'est dans le Cher qu'est battu le record avec plus de 33% de bulletins blancs dans la circonscription de Bourges-Vierzon. Les duels avec le Front National, opposé à un candidat de gauche ou à un de droite, ont également fait augmenter le vote blanc.
LES DISPARUS DES LEGISLATIVES
Ils n'ont pas été réélus
Jacques Remiller, à gauche, avait déposé en 2010 la seule proposition de loi favorable au vote blanc prévoyant l'annulation d'une élection au-delà de 30% de bulletins blancs.
Philippe Maurer, à droite, avait obtenu la création d'un groupe de travail sur l'abstention et le vote blanc en juillet 2011.
UN BULLETIN BLANC... ET QUI EXPLIQUE POURQUOI
Mardi 08.05.2012 - La Voix du Nord
LES SOURIRES DE GAYANT
D'habitude, dans les urnes, les bulletins blancs sont... blancs... Ou alors, quand ils ne le sont pas, czux qui les ont glissés dans les enveloppes ont rédigé quelques notes à la main, ou mis le bulletin d'un candidat déjà éliminé. Celui trouvé dans une urne, à Roucourt, exprimait la volonté de son auteur que le vote blanc soit intégré dans la catégorie des suffrages exprimés, ce qui n'est toujours pas le cas.
« Je vote, mais la couleur de mon bulletin ne vous regarde pas. Plus généralement, une simple honnêteté démocratique exigerait que le vote blanc soit comptabilisé et non pas englobé dans le vote nul. Le vote blanc manifeste une opposition à tous les choix proposés. » Henri Cartier-Bresson, 1997, après les législatives.
A L'ETRANGER
UKRAINE, PARADIS DU VOTE BLANC
Le slogan de la campagne de Gumenyuk : "Contretous - Pour un quotidien sans Ia et Iou".
(Sans Ianoukovytch ni Ioulia Tymochenko)
Aucun des deux candidats en lice au second tour de la présidentielle ukrainienne n'a obtenu la majorité absolue à cause du vote 'Contre tous'. L'Ukraine est le seul pays qui accepte le vote blanc comme suffrage exprimé sans recourir au vote obligatoire. S'il atteint un certain niveau (que nous ne connaisons pas, personne n'est déclaré vainqueur. La 'glasnost' nous vient bien de ces anciens satellites de l'URSS et non du monde occidental.
La Biélorussie est à la pointe du progrès électoral, hérité de l’époque de l’URSS. Les électeurs peuvent déposer un bulletin ‘Pour aucun des candidats’ (plus de 6% à la présidentielle de 2010). Cela n’inquiète pas le dictateur qui du haut de ces 75% ne craint pas de voir l’élection remise en question à cause de ces votes contestataires. Ce qui nous intéresse, nous, à l’Association pour la reconnaissance du vote blanc, c’est de savoir ce que deviendra ce type de choix électoral quand la Biélorussie connaîtra son printemps slave. Le pays traversera-t-il une longue période de dictature déguisée comme la Russie, ce qui permettra au Poutine biélorusse de cette époque de supprimer le vote qui fâche. Ou alors, comme l’Ukraine, la transition vers la démocratie à l’occidentale ne sera pas parfaite avec des opposants emprisonnés, mais suffisamment lancée pour que ce fameux bulletin se maintienne (pour combien de temps ?). Dans ces deux pays, l’aboutissement du jeu démocratique des partis qui alternent au pouvoir ne sera-t-il pas tout autant funeste au bulletin ‘pour aucun des candidats’ que la présidence d’un Poutine ?
Les résultats ci-dessous montrent que le vote 'Pour aucun des candidats', avec 6,47% des suffrages (416 925 voix), est le principal concurrent du dictateur. Le deuxième, Andrei Sannikau, est loin derrière.
En 2003, la constitution fédérale a été modifiée et depuis les Suisses sont plus courageux que les Français. Le vote blanc est un suffrage exprimé aux élections à scrutin majoritaire. Dix ans plus tard, la France s'apprête juste à inventer le vote blanc comptabilisé mais pas exprimé; la Suisse est donc plus rapide dans la modernisation de sa vie démocratique. Pour autant, ils ont encore des progrès à réaliser. Chez eux, toujours pas de sanction prévue à travers le vote blanc. Au second tour, c'est le candidat qui a le plus de voix qui l'emporte, même s'il n'a pas la majorité absolue. Mais même si le vote blanc finissait premier du second tour, le candidat arrivant derrière serait élu.
Article 76 Exercice des droits politiques
La loi règle l'exercice des droits politiques.
Elle prévoit que les votes blancs, qui font l'objet d'un décompte distinct dans les élections et votations, sont pris en compte dans le calcul de la majorité absolue pour les élections au système majoritaire.
Le canton de Genève vient de faire voter une nouvelle constitution au mois d'octobre 2012. Elle reprend ce que l'Etat fédéral suisse avait ajouté dans la constitution fédérale en 2003. Le nouvel article 55 n'est pas pour nous déplaire, même si ce n'est pas révolutionnaire.
Art. 55 Système majoritaire
1 Les élections au système majoritaire ont lieu en une seule circonscription.
2 Sont élus au premier tour les candidates ou les candidats qui ont obtenu le
plus de voix, mais au moins la majorité absolue des bulletins valables, y
compris les bulletins blancs.
Les Genevois n’ont pas été emballés par la nouvelle constitution qui remplace celle de 1847. Moins de 32% des électeurs sont allés voter et le vote blanc s’est chiffré à 2,1%. Le texte est officialisé et son article 55 nous réjouit sans nous faire sauter au plafond. Le vote blanc est un
EN ESPAGNE, LE VOTE BLANC EST UN SUFFRAGE EXPRIME,
MAIS CE N'EST PAS UN VOTE SANCTION
En Espagne, les élections législatives, élections les plus importantes, sont à la proportionnelle. Le vote blanc est compté comme le vote pour les autres partis et entre dans le calcul des pourcentages. Mais il ne peut pas traduire un fort mécontentement s'il se manifestait à travers lui parce qu'on ne lui attribue pas de siège même s'il a un résultat élevé. Les associations espagnoles se battent pour que cela change et qu'il y ait des sièges vides à l'assemblée en fonction du pourcentage obtenu.
Artículo 96-5: Se considera voto en blanco, pero valído, el sobre que no contenga papeleta y, además, en las elecciones para el Senado, las papeletas que no contengan indicación a favor de ninguno de los candidatos.
Elections municipales 2011 en Espagne LE VOTE BLANC GAGNE DES SIEGES
Les défenseurs du vote blanc décrochent 4 sièges lors de ces municipales, dont deux dans le village catalan de Foixa (moins de 400 habitants) et un à Gironella. Tous les candidats réunis regroupent 37 109 voix auxquelles il faut rajouter 584 012 votes blancs et 389 506 votes nuls.
Ciudadanos en blanco a également emporté un siège dans la commune de Santa Maria de Palautordera
«Nous sommes conscients que les sièges obtenus vont être considérés par certains comme insignifiants mais pour nous ce sont les premiers résultats de 10 années de labeur.
Le mouvement participe en tant que parti politique et avec un objectif précis, sans possibilité d'erreur, en évitant d'introduire des nuances trompeuses, puisque notre objectif, une fois atteint deviendra le plus grand outil démocratique que puisse obtenir le citoyen indigné. Nous combattons pour cela, rien plus.
Les sièges obtenus resteront vides. C'est pour cela que nous nous présentons, ceux qui nous demandent de revendiquer des points de 'spanishrevolution' et de '15M' nous leur disons que nous ne pouvons le faire, puisque nous avons toujours été indépendants, bien que nous ayons participé et sympathisé à 100% avec eux. Mais nous ne pouvons ni ne voulons pas changer ce qui a été prévu, nous allons représenter ce que nous avons offert et rien de plus.» Extrait du site de Ciudadanos en blanco
Ils étaient réunis en congrès au mois de janvier. Voir le bref compte-rendu vidéo que nous avons sous-titré de cette rencontre.
Le 19 octobre, des élections provinciales ont eu lieu au Pays Basque et en Galice. Le mouvement ‘Voto en blanco computable’ a présenté des listes dans les deux cas. Au Pays Basque, le même mouvement (aulki zuriak en basque) compte 11 452 voix, soit 1,02% des suffrages et le 9è rang sur 17 listes, légèrement au-dessous des autres votes blancs (1,29%) mais au-dessus des votes nuls (0,80%). En Galice, elle finit 6è sur 26 avec 17 116 suffrages soit 1,19%. Cela ne lui permet pas d'obtenir un siège. Les votes nuls ainsi que les votes blancs sont en nette hausse (2,55 et 2,69%) par rapport à 2009 (0,89 et 1,66%). Pour une première participation, c’est un résultat honnête.
Le 25 novembre, c'était au tour de la Catalogne. Escons en blanc a obtenu 27 874 voix, soit 0,77% des suffrages. C'est plus qu'en 2010 (18 679 voix, 0,60% des suffrages). La participation a été bien plus forte cette fois-ci.
Belgique LE VOTE OBLIGATOIRE S'ESSOUFFLE
La ministre de la Justice, Annemie Turtelboom
Depuis les années 1990, les pénalités imposées à ceux qui ne sont pas allés voter sans raison valable sont de moins en moins nombreuses. Pourtant, l'abstention, même si elle n'atteint pas les records de pays voisins, augmente. Ce qui pousse la ministre de la justice belge à tenter, par une déclaration, d'assouplir encore plus une sanction devenant obsolète. « Il n’y aura pas de poursuites contre les électeurs » boudant les urnes a-t-elle déclaré sur RTL Belgique à la veille des élections locales du 14 octobre.
Pierre Verjans (politologue), vous avez fait vos calculs, et vous constatez une abstention record ?
Effectivement. Dans les provinces flamandes et wallonnes, le taux d'absentéisme a augmenté d'un seul coup de 4% en moyenne. Dans les provinces wallonnes, les provinces industrielles Hainaut et Liège obtiennent un taux de présents de 86 et 88 %, tandis que les trois autres provinces obtiennent les chiffres suivants: Brabant wallon 90%, Namur, 89% et Luxembourg 91%. Il y a clairement un effet Turtelboom (la ministre de la justice, qui avait annoncé que les personnes qui ne votent pas ne seraient pas poursuivies, avant de se rétracter, NDLR).
Depuis 1976, l'état du Nevada propose à ses électeurs une ligne 'pour aucun des candidats' (None of the above - NOTA). En 2013, il reste le seul des 50 états américains à donner la possibilité de dire que l'on ne se retrouve pas dans l'offre présentée. Mais ce n'est pas un suffrage exprimé. En 2014 en France, l'électeur sera encore moins bien loti puisque si l'Américain a sur son bulletin une ligne 'NOTA', le Français ne trouvera rien dans son bureau de vote. Un politologue de l’université de Las Vegas, David Damore, a travaillé sur les votes NOTA au Nevada. Lire la traduction de son article.
ETATS-UNIS
PRESIDENTIELLE 2012
L'ETAT DU NEVADA FAIT PARLER DE LUI
La France est en train de devenir le Nevada de l'Europe. Des 50 Etats, le Nevada est le seul où les électeurs trouvent une ligne 'Pour aucun des candidats' (None of the above - NOTA) sur les bulletins. Mais il est totalement inoffensif puisqu'il ne participe pas au calcul de la majorité. Pourtant, les Républicains, pendant la présidentielle de 2012 ont essayé de le supprimer.
Le chroniqueur qui rêve d'un bulletin 'En faveur d'une nouvelle élection'. Lire l'article
JOSE SARAMAGO EST MORT
José Saramago est mort le 18 juin. Le 20 juin, les Colombiens votaient pour élire un président (voir ci-dessous). Voici ce que déclarait le prix Nobel en 2004 au sujet des élections dans ce même pays:
« Je dirai qu’en guise de consolation, aux grands maux les grands remèdes : voter blanc. Il faut arrêter avec cette fatalité qui consiste à dire on va voter pour un homme ou pour cet autre sans que rien ne change : la police et ses attaques, les bandes armées et leurs enlèvements, le peuple avec la faim et le chômage. Le peuple doit dire : ça suffit ! Je vous assure qu’on s’en apercevrait et que le système commencerait à trembler.
Si j’étais Colombien et avais l’occasion de voter, je voterais blanc pour la simple et bonne raison que les conditions ne me satisfont pas . J’exprimerais ainsi mon mécontentement.
Si le vote blanc gagnait, ce serait un échec pour la démocratie ?
40 ou 50% d’abstention, ce n’est pas un échec pour la démocratie ? Et ceci nous conduit à la pire des conclusions, celle des politiciens qui préfèrent l’abstention parce qu’ils y sont habitués et nous avec. »
Propos recueilli par Yamid Amat, Attac France, 2004
COLOMBIE
LE VOTE BLANC EST UN SUFFRAGE EXPRIME
Voir comment le vote blanc s'intègre dans la pratique électorale avec les exemples de la ville de Bello et du département de Huila.
Un mouvement féministe libanais a réagi à une affiche du candidat Aoun (affiche de gauche), jugée sexiste en la détournant (affiche de droite). Cette affiche est accompagnée du commentaire suivant:
"Je suis allée à Baabda au mois de juin pour accomplir mon droit de vote à ces élections parce que je suis capable de réfléchir, parce que c'est un des seuls droits que j'ai au Liban. Mais aucun de vous n'aura ma voix tant que personne ne présentera un programme prévoyant une progressive égalité des sexes. Jusque là, je vote blanc."
UNE FATWA CONTRE LE VOTE BLANC EN INDONESIE !
C'est ce que rapporte Courrier International dans son édition du27 janvier 2009:
SUR LES 5 CONTINENTS
Jusqu'à présent, nous ne connaissions aucune initiative en faveur du vote blanc en Afrique. Voilà que cette absence du continent africain dans la défense du vote blanc est corrigée par la prise de position d'un électeur Kényan. L'élection présidentielle devait avoir lieu en août 2012. Finalement, elle est pour l'instant reportée à mars 2013. Lire la traduction de l'article.
Egypte - Printemps arabe
DES BULLETINS ANNULES TRES PARLANTS
QUELLE BETISE
A LA TETE DE L’ETAT !
Le ministère de l’intérieur a répondu à une question écrite du député UMP Patrice Martin-Lalande sur la reconnaissance du vote blanc. Question du député et réponse Le ministre commence celle-ci par une référence, qu’il considère imparable, au décret du 2 février 1852 qui serait le premier texte à annuler le vote blanc. Comme il a appris à l’école les dates de la IIè République (1848-1852) il pense que c’est une décision républicaine. Pourtant, depuis le début, l’Association rappelle que l’année 1852 confirme la tournure dictatoriale du régime, puisque le président à vie Louis-Napoléon Bonaparte se prépare à devenir empereur. Les Républicains qui s’opposent à cette dérive vont le payer cher. Claude Guéant les a oubliés, si tant est qu’il ait jamais eu connaissance de cette période de l’histoire française.
« Permettez, vous dites qu’elle ne peut pas marcher, mais il me semble qu’en lui faisant suivre un autre traitement…
- Impossible mon cher Bonhomme, elle ne pourrait pas même se tenir debout ; j’en ai fait l’expérience, loyalement, parole d’honneur.
La jeune femme qui aujourd’hui retient notre attention n’a pas de nom. Elle éclaire l’actualité de ses discours habités à travers des vidéos quotidiennes. Elle dramatise les enjeux pour mieux les rendre dérisoires et les aborder autrement. Elle sort de l’ombre un sujet comme le vote blanc : nous l’appellerons Héméra et nous la ferons nôtre.
A Aumont en Halatte (Oise), des gens du voyage sont installés depuis longtemps. Pourtant, ce n'est qu'en 2004, péniblement, qu'ils ont obtenu leur inscription sur les listes électorales. Leurs soucis ne se sont pas pour autant évaporés. L'hostilité de la municipalité en place persiste. A la veille des élections municipales, quel bulletin choisir pour montrer qu'ils existent ? Nathalie Muller et Jean-Claude Zaffiroff nous font part de leur combat et de leurs espoirs.
Film réalisé par l'Association pour la reconnaissance du vote blanc.
Images et montage: Vladimir Vatsev
LE VOTE BLANC ENTRE CHEZ LES SAGES
Hubert Haenel vient d'être nommé au Conseil constitutionnel par le président du Sénat. Sénateur RPR puis UMP, il avait déposé des propositions de loi en faveur du vote blanc en 1995, 1997 et 2004.
48, pour 1848, instauration du suffrage universel masculin. A moins que l’on ne préfère 44 pour que les femmes ne se sentent pas exclues de cette nouvelle constitution. En 1848 toutefois, il n’y a pas encore de véritable organisation en partis. C’est le moment ou l’électeur peut encore être le cœur de la démocratie électorale.
Reconnaître véritablement le vote blanc, c’est amorcer un pas tangible vers un retour du peuple en politique. Le vote blanc pourrait se contenter de la Vè République. N’oublions pas qu’il y a à peine plus d’un an, le candidat Bayrou proposait un référendum sur les institutions. Sur les douze mesures on comptait la reconnaissance du vote blanc : « Voter blanc, ce sera désormais un vote exprimé. » Passer à une 6è, 12è ou 23è République avec des élections à la proportionnelle sans vote blanc pris en compte, ce serait faire du surplace. Et pour vraiment bousculer le train-train partitocratique actuel, il faut absolument prévoir un rôle de vote sanction pour les bulletins blancs.
Prix Vote Blanc 2013 de la Crétinerie d'Or.
Le grand vainqueur est: l'UDI
Le prix honore chaque année des personnalités qui, par la profondeur de leur pensée, la pertinence de leurs remarques, ont permis au vote blanc, et à travers lui la démocratie électorale, de progresser.
Pour la première fois, l'Association remet un prix à un collectif. L'UDI a amplement mérité le titre 2013 suite à sa magistrale initiative parlementaire, préparée de longue date et criante de cohérence.
Lire le détail de cette candidature.
Lauréat de l'édition 2012:
«En tout état de cause, même s'il y avait 40 millions de votes blancs, il faudrait bien que quelqu'un soit élu.» Guy Carcassonne, constitutionnaliste vénéré, France-Info, 8 mai 2012. 39 999 999 bulletins blancs, un vote X: c'est X qui est élu !!!
Lauréat de l'édition 2011: «Ceux qui souhaitent comptabiliser les bulletins blancs ont une idée derrière la tête : démolir la république et l'Etat, mais sans dire au profit de qui ou de quoi.... » Michel Charasse, clown politique que l'on ne présente plus, La Montagne.fr, 19 août 2011.
Notre bibliothèque
Le livre défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Il démontre que cette évolution est indispensable dans une démocratie qui se veut... Plus > moderne. Pour l'acheter
Comme le volume 1, ce volume défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Notre république se dit laïque mais c’est une laïcité... Plus > chrétienne. L’acte électoral est sacralisé et l’électeur profane ne peut y accéder qu’en respectant des formes précises. Le vote blanc qui est une tentative de certains électeurs de s’approprier ce moment démocratique est rejeté parce que sacrilège. Pour l'acheter
Ce livre prend la suite de celui publié en 1999. Il défend la comptabilisation des bulletins blancs comme des suffrages exprimés. Il présente l'évolution politique en France et ce qui se passe à l'étranger.Présentation
Le vote utile est devenu une panacée pour les professionnels de la politique. Il faut à tout prix dégager un vainqueur. Et tant pis si l'électeur se sent floué. On commente énormément les résultats électoraux mais on étudie rarement le rôle et les motivations de l'électeur entré dans le bureau de vote. C'est tout l'objectif de ce livre : retrouver l'esprit de l'acte électoral
Premier livre sur le vote blanc, cet ouvrage se veut avant tout une synthèse engagée. Il défend sans ambiguïté l'idée qu'il faut aujourd'hui donner plus de poids aux individus à l'occasion des consultations électorales en respectant scrupuleusement leur opinion, et donc en intégrant dans la catégorie des suffrages exprimés les bulletins blancs.