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VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

« Un homme, une voix. L’équation simple s’impose à nous avec la force de l’évidence. L’égalité devant l’urne électorale est pour nous la condition première de la démocratie, la forme la plus élémentaire de l’égalité, la base la plus indiscutable du droit. »   Pierre Rosanvallon (Le sacre du citoyen)

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Bons conseils

SAUVÉS DE L'OUBLI !

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Retrouvez les photos de bulletins annulés de Ludovic Lacreuse

Pensez à aller régulièrement visiter les rubriques 'le vote blanc à l'étranger' et 'Partenaires' qui vous emmèneront hors de France ainsi que la page 'Ils l'ont dit' où vous pourrez lire, en vrac, des pensées de Berroyer, Bourdieu, Raffarin, Dupontel, John Cage, François Bayrou...

Pour aller vite
Pour approfondir
Le vote blanc en 2015

Départementales

1er tour: 1 007 518 (4,86%)

2nd tour: 1 412 590 (8,38%)


Régionales

1er tour: 0 901 571 (3,99%)
2nd tour: 1 287 644 (4,87%)
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

Accéder à notre banque de données

Le vote blanc en deuil
IL N’A PAS VOULU VOIR CA

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Le 27 février 2013, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient au sénat en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.

Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc.
Lire les propositions de loi

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ACTUALITE


La Lucidité de José Saramago adaptée au théâtre

Du 10 au 12 mai au théâtre Piccolo de Chalons-sur-Saône
Du 21 au 23 mai au théâtre Dijon Bourgogne

Ceux qui errent ne se trompent pas

Kevin Keiss / Maëlle Poésy



 
Toutes les informations sur la pièce et sa représentation:     Chalons-sur-Saône      Dijon

Notre lecture du livre de José Saramago

 

NOUS PREFERONS TOUJOURS JOEYSTARR A BRUNO GACCIO
 
Le second est un guignol, qui se gargarise parce qu'il a obtenu la réforme ridicule de 2014. Le premier va là où Jamel Debbouze n'ira jamais, amener les jeunes des quartiers difficiles à voter en leur accordant un vote blanc reconnu. Ce mois-ci, il réitère sa frustration. Le pouvoir en place ne l'écoute pas. Nous, nous la relayons.
 

 

«Cette même année, on avait monté une association pour inciter les jeunes à voter», s'est remémoré l'interprète de Laisse pas traîner ton fils. Avant de finalement concéder: «J'ai flanché.» S'il ne s'accorde pas d'excuse particulière, JoeyStarr a néanmoins reconnu s'être trompé de combat. «On aurait dû œuvrer pour que le vote blanc soit pris en compte», a-t-il concédé.

Lire l'article du Figaro.


 
2016, l'Association continue son travail d'argumentation, commencé il y a plus de vingt ans
 
ANNEE DE REFLEXION


Douze mois sans élection. L'Association pour la reconnaissance du vote blanc va en profiter pour approfondir certaines questions relatives au vote blanc.

Alain Garrigou, professeur en science politique à l'université Paris Ouest-Nanterre, lance le débat dans un article du Monde Diplomatique. Comme nous, il appelle à une avancée substantielle du droit de vote. On lui demandera juste pourquoi il ne dissocie pas dans son texte le vote blanc du vote obligatoire.


 
LE TROISIEME AGE DU SUFFRAGE UNIVERSEL



Extrait: "Si les bulletins blancs empêchaient de trouver une majorité électorale, les candidats ainsi recalés devraient alors laisser la place à de nouveaux candidats. Cela peut paraître subversif à une cléricature politique dont une bonne partie du travail consiste à prédéterminer une offre électorale en regard de laquelle le suffrage universel équivaut à une ratification des choix faits par d’autres. Certes, la solution du vote blanc comptabilisé comporte les risques de l’incertitude… Les électeurs s’en serviraient peu ? Au moins ne pourrait-on faire de procès en illégitimité pour une participation faible. Les électeurs s’en serviraient-ils massivement qu’ils pourraient créer une crise politique faute de candidats acceptables par une majorité ? Sait-on jamais."



Sur le même sujet, quel pouvoir de sanction donner au vote blanc. Lire les éléments du débat
Autre exemple, comparaison de la répartition du vote PS et du vote blanc ou nul aux régionales de 2015: SI PROCHES, SI LOIN


L'Association compte développer ce débat en 2016 dans le cadre de sa collection Approfondissement du domaine du vote
 
CHOC DE CIVILISATION ?

Barbier vs Association pour la reconnaissance du vote blanc

Oui, il faut instaurer le vote obligatoire. Pour une raison presque civilisationnelle. Dans le temps de la conquête démocratique, peu de gens s’abstiennent parce que chacun veut profiter de ce droit nouveau. Dans le temps du confort démocratique, on voit se développer une abstention résiduelle, puis structurelle : « oh, tout va bien » et quand on n’est pas enthousiasmé on peut rester chez soi. Dans le temps de désillusion démocratique, tel qu’on le connaît aujourd’hui, on s’abstient pour combattre, on s’abstient pour détruire, pour décrédibiliser, pour délégitimer l’élu. L’élu n’est plus un élu, il est un résidu, celui qui n’a pas été trop rejeté, en tous cas un peu moins que les autres. Il ne faut pas laisser cette gangrène s’installer dans notre démocratie sinon quelqu’un viendra dire que les élections ne servent plus à rien et qu’il faut en revenir à d’autres systèmes, à l’aristocratie, au coup de force et on retournera à la tyrannie. »
Christophe Barbier, L’Express, 16 avril 2015

 
     VB

Non, il ne faut pas instaurer le vote obligatoire. Pour une raison de conquête démocratique. Dans le temps de la conquête démocratique, on promet au peuple un outil qui va lui permettre de se faire entendre, d’être l’acteur principal du système représentatif. L’électeur participe parce qu’il y croit. Dans le temps du confort démocratique, les partis politiques qui s’affirmaient au service de la réflexion de l’électeur se disent qu’on peut finalement se passer du libre arbitre de cet électeur. Dans le temps de la désillusion démocratique, tel qu’on le connaît aujourd’hui, on s’abstient parce que le slogan ‘une élection, ça ne sert qu’à désigner un vainqueur’ a vidé de sa portée symbolique l’acte électoral. L’élu n’est plus un élu, c’est le choix des états-majors des formations politiques, untel correspondant moins à ce qu’espérait l’électorat que tel autre. Il faut faire reculer cette facilité des partis à ne penser qu’à la conservation du pouvoir sinon nous reviendrons au Vè siècle quand les derniers empereurs romains n’étaient plus que des Augustule. 

Rien ne sert de combattre l’abstention, il faut faire renaître la participation.


Association pour la reconnaissance du vote blanc


2016, l'Association continue ses échanges avec les acteurs politiques...


Le député PS Stéphane Saint-Andre

UN FAUX AMI ?

Le député socialiste Stéphane Saint-André a déposé une proposition de loi réclamant que le vote blanc devienne un suffrage exprimé. Mais dans la page de La Voix du Nord consacrée à cette initiative, l'élu parle de son intention de présenter une autre proposition de loi, complémentaire, en faveur du vote obligatoire. Mais depuis janvier, on ne voit rien venir. Peut-être que notre Notre courrier au député lui aura fait comprendre que ce n'est pas une bonne idée.


... et informe sur les initiatives politiques en faveur du vote blanc.


Après la fausse réforme de février 2014 (voir la seconde rubrique de la page d'accueil), des parlementaires ont senti le besoin, dès 2015, de revenir à l'essentiel, soit la prise en compte comme suffrage exprimé du vote blanc.

 
LE SENAT REMET LE VOTE BLANC
SUR LES BONS RAILS
 

On se demandait qui proposerait à nouveau une proposition de loi sur le vote blanc depuis celle (2012) du député François Sauvadet, détournée par son groupe parlementaire pour donner la ridicule réforme électorale du 21 février 2014.
 

C'est donc le sénateur socialiste Roland Courteau qui s'est attelé à la tâche. Il s'est appliqué puisqu'il a rédigé deux textes, un pour les élections en général (lire le premier texte), un second pour l'élection présidentielle qui nécessite une modification de la constitution (lire ce second texte). On aurait aimé plus de hardiesse dans le choix des modalités de sanction que l'on pourrait attribuer au vote blanc, mais étant donné ce que l'on a entendu ces deux dernières années, on peut se dire globalement satisfaits de cette initiative du sénateur Courteau. En effet, ne pas évoquer le vote obligatoire, c'est devenu quelque chose de très rare pour un élu de gauche.

Le sénateur Patrick Abate, du groupe Communiste républicain et citoyen) a affirmé lors d'un débat (21 mai 2015) sur la réouverture exceptionnelle des délais d'inscription pour les élections régionales de décembre l'attachement de son groupe au vote blanc:
"Ainsi, nous travaillerons sans relâche – avec certains d’entre vous, j’en suis sûr – à la reconnaissance entière du vote blanc. L’étude de sociologie électorale de Cécile Braconnier et Jean-Yves Dormagen rappelle que l’abstention peut être vécue comme une expression politique. La reconnaissance du vote blanc doit entrer dans cette dynamique."



 
L'ASSEMBLEE NATIONALE EMBOITE LE PAS

Il y a donc la proposition de loi du député Les Républicains Frédéric Lefebvre fin juin (voir plus haut le lien qui donne directement sur son texte) et, le 30 juin, une question du député apparenté aux Républicains, Jean-Pierre Vigier:
"M. Jean-Pierre Vigier attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la question de la comptabilisation du vote blanc lors des élections. Annoncée comme une promesse par le Gouvernement, cette comptabilisation n'est pour l'instant que partielle. En effet la loi du 21 février 2014 ne fait que mettre en place un comptage séparé des bulletins blancs sans les prendre en compte dans la détermination des suffrages exprimés. Aussi il lui demande quelles sont ses intentions concernant cette question." [L'Association pour la reconnaissance du vote blanc ne sait pas à quelle 'promesse' du gouvernement fait référence le député.]
Le député du Nord, Jean-Pierre Decool, apparenté UMP, avait déjà posé une question au ministère de l'intérieur, partageant la même préoccupation que le sénateur socialiste, le 14 avril 2015:
"M. Jean-Pierre Decool attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la reconnaissance du vote blanc dans les suffrages exprimés. Depuis le 1er avril 2014, les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés en tant que tel au procès-verbal. Cette mesure vise à prendre en compte les votes des électeurs ne trouvant pas satisfaction dans les programmes politiques ou les candidats proposés. Cependant, malgré les avancées, les bulletins blancs ne sont toujours pas comptabilisés dans les suffrages exprimés. Les résultats d'une élection à la majorité absolue pourraient ainsi dépendre de la prise en considération des suffrages exprimés blancs et nuls. En conséquence, il l'interpelle afin de savoir quelles mesures le Gouvernement compte prendre afin de comptabiliser les bulletins blancs dans les suffrages exprimés."


Pour tous ces textes et autres documents, consulter notre banque de données.


LE MINISTERE DE L'INTERIEUR
CONTRE VOTE OBLIGATOIRE ET  VOTE BLANC



Le ministère répond non au vote blanc comme suffrage exprimé

"UNE REPONSE AU PHENOMENE ABSTENTIONNISTE" (!!)

 
C'est ainsi que le ministère de l'intérieur idéalise la réforme de février 2014, distinguant les bulletins blancs des bulletins nuls. Le député Jean-Pierre Vigier (LR) avait adressé une question écrite au ministère en juin 2015 pour souligner l'inaccomplissement de la mesure puisque le vote blanc reste exclu des suffrages exprimés. Le 15 mars 2016 (9 mois d'attente !) le ministère répond imperturbablement ce qui a été placé en titre. Trois élections ont eu lieu depuis février 2014 et on n'a pas constaté une influence de cette distinction sur l'abstention.
Pour le reste de la réponse, le ministère reprend les arguments éculés: le vote blanc reconnu compliquerait le dépassement du seuil nécessaire pour accéder, dans certaines consultations, au second tour. Et à la présidentielle, ça pourrait empêcher qu'un candidat l'emporte.
On a déjà dit et répété qu'il suffit de baisser les seuils des élections concernées et qu'un troisième tour en 1995 ou en 2012 n'aurait pas été scandaleux. Quoi qu'il en soit, la "réponse au phénomène abstentionniste" ne pourra pas bénéficier à la présidentielle de 2017 puisque la réforme de 2014 ne s'applique pas à ce scrutin.

Le député Frédéric Lefebvre (LR), qui a posé une question très proche au même moment, n'a toujours pas eu droit à une réponse.

Lire la question suivie de la réponse



L'Association replace dans un contexte plus large la question du vote blanc

 
NOUS VOTONS COMME NOS ARRIERE-GRANDS-PERES
 
C'est le 29 juillet 1913 que le code électoral a été modifié pour rendre les électeurs plus autonomes en introduisant dans les bureaux de vote les premiers isoloirs et les premières enveloppes. Mais la mise en pratique a été effective aux mois d'avril et mai, pour les deux tours des législatives de 1914. Nos arrières grands pères ont donc pu voter avec moins de pression. Mais ils n'ont pas été considérés comme des êtres assez responsables pour être dignes de pouvoir déposer un vote blanc qui aurait été intégré aux suffrages exprimés. Le législateur en est resté à la position du monarque absolu Napoléon III de 1852.

Depuis cent ans, rien n'a changé. La Grande Guerre a homogénéisé la France mais un siècle plus tard, si le vote a été étendu à de nouvelles populations (femmes, 18-20 ans, citoyens européens), il n'a pas été approfondi. En 2014, le citoyen ne peut pas faire plus preuve de libre arbitre que ses ancêtres d'avant la boucherie. 

Lire notre dossier
 

Voir les autres infos Lire la suite


PROPOSITION DE LOI UDI-PS ADOPTEE EN 2014

« Entre ici, vote blanc, glorieux invalide. Repose-toi et laisse-nous tranquille. On te reconnaît mais on ne te voit pas, tu dis mais on ne t’entend pas, on te compte mais on ne te comptabilise pas. » Manuel Valls, lors de l’inauguration de la maison du vote blanc à l'hôtel des Invalides.

Lire aussi: Courteline dans le bureau de vote


Notre bilan de la mise en route de cette réforme

Lire plus bas dans cette page nos réactions à chaud pendant les 4 étapes de la navette.


 

Après la nouveauté du vote blanc aux Européennes

L'ASSOCIATION DEMANDE UN PREMIER BILAN
AU MINISTRE DE L'INTERIEUR



LE MINISTERE REPOND A NOTRE COURRIER DE JUIN

CONTRADICTION

 
D'un côté, le ministère confirme son refus de mettre à disposition des électeurs des bulletins blancs officiels dans les bureaux de vote. Au coût (voir plus bas notre réponse: "Et si on réinventait le massicot ?"), il ajoute l'argument selon lequel 'une telle mise à disposition pourrait être considérée comme de nature à altérer la sincérité du vote.' C'est tout d'abord une drôle de conception du citoyen électeur. Ce serait un être fragile qui change d'idée très facilement; entré pour voter en faveur d'un candidat, la vue d'un bulletin blanc lui ferait renoncer à ce choix. Mais ce danger que nous présente le ministère ne tient pas. Plus haut dans sa réponse, il dit que tout fut pour le mieux aux européennes puisque des affiches expliquaient que l'enveloppe vide était comptée comme un bulletin blanc. L'électeur pouvait donc facilement voter blanc et pourtant il ne l'a pas fait.
Soit l'électeur n'est pas aussi versatile qu'on veut le dire place Beauvau et on pourrait donc lui présenter des bulletins sur les tables des bureaux, soit l'affichage n'a pas été vraiment lu par les électeurs. Quoi qu'il en soit, un élément de la réponse du ministère ne tient pas.


 
Suite aux questions de parlementaires,
sans surprise, le ministère répond à côté
 
16 septembre, le ministère a répondu à la question écrite du député Dolez (voir ci-dessous). Comme bilan, le ministère cite les chiffres du vote blanc en comparant les européennes 2009 et 2014; information sans intérêt, qui ne répond pas à l'interrogation sur l'apport, pour le vote blanc, de la loi de février 2014. Le ministère confirme qu'il est heureux sans bulletins blancs officiels dans les bureaux de vote puisqu'il y a les enveloppes vides. ET SURTOUT, il ne répond pas à la demande du député Dolez, "souhaitant que le vote blanc puisse le plus rapidement possible devenir un suffrage exprimé." La pratique du dialogue de sourds chère aux gouvernements successifs confirme à chaque fois le mépris qui habitent ceux placés au pouvoir.


Notre démarche est rejointe par des parlementaires. Le  député Marc Dolez (photo)  vient d'adresser une question au ministère de l'intérieur tandis que le député Guy Geoffroy choisit la tactique du ricochet; il demande en septembre à la commission des lois d'interroger le gouvernement sur la réalité du vote blanc après la première expérience des élections européennes. Voici un extrait de sa lettre à la commission, qu'il a bien voulu nous communiquer: « Il semblerait opportun que la représentation nationale puisse être éclairée par le Gouvernement sur le bilan qui peut être fait de l’application de la loi, notamment s’agissant des objectifs poursuivis d’une meilleure information de l’expression du vote blanc à destination des électeurs et d’une utilisation facilitée de sa formulation dans les bureaux de votes. Je laisse à votre appréciation la forme la mieux adaptée pour que la commission des Lois interroge le gouvernement sur ce sujet. »

Le député Marc Dolez


14ème législature
Question N° : 59164 de M. Marc DolezGauche démocrate et républicaine - Nord ) Question écrite
Ministère interrogé > Intérieur Ministère attributaire > Intérieur
Question publiée au JO le : 08/07/2014

Texte de la question

M. Marc Dolez appelle l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la loi du 21 février 2014 qui a modifié le code électoral pour distinguer le vote blanc du vote nul. Il lui demande de bien vouloir lui communiquer le bilan de la première application de cette mesure lors des élections européennes du 25 mai 2014, sachant que paradoxalement les électeurs n'ont pas eu de bulletins blancs à leur disposition dans les bureaux de vote. C'est pourquoi il lui demande également de lui indiquer les dispositions qu'il compte prendre pour remédier à cette situation lors des prochains scrutins, en souhaitant que le vote blanc puisse le plus rapidement possible devenir un suffrage exprimé.
 
Notre questionnement soumis au ministère
 
4 questions pour un bilan des élections européennes en France

 
ET IL EST OU LE VOTE BLANC RECONNU ?
Les parlementaires et les membres du gouvernement nous ont répété pendant tout le temps de la navette entre l'Assemblée et le Sénat de la proposition de loi de l'UDI que le texte apporterait une grande satisfaction aux défenseurs du vote blanc. En le distinguant du vote nul, le vote blanc allait prendre toute sa dimension et rien ne servait de l'intégrer aux suffrages exprimés.

La première élection appliquant cette mesure vient d'avoir lieu. Un premier bilan s'impose:
-  La personne qui voulait connaître le  nombre de bulletins blancs déposés le 25 mai a-t-elle pu avoir la réponse plus vite et plus facilement qu'avant ? NON. Comme par le passé, il aura fallu attendre le lendemain et aller sur le site du ministère de l'intérieur, ce que peu de gens font. Peu de journaux auront donné l'information. Pas de progrès de ce côté là. Et que l'on ne dise pas qu'il faut le temps que cette mesure s'installe dans les habitudes. C'est plutôt cette année, quand le vote blanc connaissait cette modification, que les médias auraient dû être enclins à y porter un projecteur. Pas dans dix ans, au moment où ce même changement aura été oublié.
- Les télévisions et les radios auront-elles donné une estimation du vote blanc avant 20H et après ? NON. Si les abstentionnistes ont toujours aussi vite connu leur score, ceux qui ont voté blanc sont restés autant dans l'ignorance qu'avant. Normal quand on sait que ce vote blanc n'a aucune influence sur les résultats. Quand le vote blanc représentera plus de 50% des électeurs et l'abstention 4%, alors peut-être les médias jugeront intéressant d'afficher les estimations du premier très vite. Mais c'est un scénario inenvisageable.
 
- Connaît-on mieux le vrai résultat du vote blanc ?  NON. Aujourd'hui, on dit que le vote blanc, vertueux, est plus important que le vote nul, ordurier et ridicule. Mais sait-on que c'est un coup de dés qui en a décidé ainsi ? Si la demande des sénateurs de laisser les enveloppes vides dans la catégorie des votes nuls - soutenue par les députés UDI le 12 février en séance publique - avait été retenue, le score des bulletins blancs - papier blanc et vierge - aurait été dérisoire et celui du vote 'nul' bien plus haut. Depuis toujours, les enveloppes vides ont constitué l'essentiel des bulletins rangés dans la catégorie 'blanc ou nul'. Suivant où vous les classez vous orientez le résultat. Et pourquoi les députés ont convaincu les sénateurs de rejoindre leur position ? Parce qu'il n'était pas question de mettre à disposition des électeurs des bulletins blancs dans les bureaux de vote, la France en faillite n'ayant plus d'argent, et qu'il fallait penser à ceux qui auraient oublié de venir avec leur propre bulletin blanc. L'enveloppe vide était la sortie de secours.
- L'électeur ne se laisse-t-il vraiment pas aller à voter blanc sans raison quand on ne le tente pas avec des bulletins blancs officiels posés à côté des autres bulletins ? NON. L'info plus bas comparant la France et l'Inde développe cette réponse.

 
France 4,04%* - Inde 1,1%
 Point commun entre la France et l'Inde cette année, l'inauguration d'un vote blanc compté en tant que tel. En Inde, aux élections législatives d'avril-mai, les électeurs indiens ont trouvé sur leur bulletin une case NOTA (pour aucun des candidats). En France, le vote blanc, pour la première fois, était séparé des bulletins nuls. Dans les deux pays, ce vote 'blanc' ou 'NOTA' restait exclu des suffrages exprimés.






QUAND LA COMPARAISON EST ACCABLANTE


Il y a 70 ans, les femmes françaises devaient se préparer à aller s'inscrire sur les listes électorales. C'est le 21 avril précédent que le général De Gaulle avait signé une ordonnance dans laquelle, entre autres, le droit de vote des femmes était accordé.
69 ans et 10 mois plus tard, le 21 février 2014, nos parlementaires disaient reconnaître le vote blanc. Deux époques, deux conceptions du progrès.


Imaginons que nos parlementaires aient légiféré en 1944. Ils auraient trouvé anormal que les femmes ne puissent pas voter alors que les hommes le pouvaient. Ils se seraient dit: "C'est les ranger avec les enfants, les débiles mentaux, les prisonniers de droit commun. Inadmissible." Ils auraient donc adopté un texte disant que la femme était admise, lors des journées d'élection, à venir déposer un bulletin de vote dans l'urne, comme les hommes. Elles seraient donc distinguées des enfants, des handicapés mentaux, des prisonniers de droit commun.
Mais leur vote ne serait pas pris en compte. Vous comprenez, ce sont quand même des femmes, capables de voter n'importe comment...

C'est ce qui est arrivé au vote blanc le 21 février 2014. On l'a généreusement séparé des bulletins nuls, malfamés, mais on l'a laissé exclu des suffrages exprimés, parce qu'on ne sait jamais, si les électeurs venaient à en abuser.

Heureusement pour les femmes, en 1944, c'était Charles De Gaulle aux manettes et non François Sauvadet, Jean-Jacques Urvoas, Jean-Louis Borloo (nos grands parlementaires réformateurs de 2014) ou Manuel Valls, ministre de l'intérieur la même année.




 

Une nouveauté depuis le 1er avril

LA LOI GERARD MAJAX ENTRE EN VIGUEUR

Gérard Majax

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AVANT LE 1er AVRIL

L'enveloppe contenant un papier blanc et vierge et celle contenant deux bulletins opposés étaient rangées dans la catégorie 'blanc ou nul'.

APRES LE 1er AVRIL

L'enveloppe de gauche part dans la catégorie 'Vote blanc' tandis que celle de droite rejoint la catégorie 'Vote nul'. Il ne vous aura pas échappé en effet que le papier blanc exprime le rejet de l'offre électorale alors que les deux bulletins opposés sont une insulte à la République.

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APRES LE 1er AVRIL

Il est évident que l'enveloppe vide de gauche n'est pas le produit de l'oubli de glisser le bulletin de la part d'un électeur étourdi tandis que les mots 'vote blanc' écrits sur le bulletin sont incontestablement une erreur. L'enveloppe de gauche va au Panthéon 'Vote blanc' tandis que le bulletin de droite est relégué dans la rubrique 'Vote nul'.

AVANT LE 1er AVRIL

Tous les bulletins ci-dessus étaient censurés, annulés et finissaient à la

APRES LE 1er AVRIL

Les bulletins de droite, dits 'nuls', sont censurés, annulés et finissent à la