Texte à méditer :  

VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

«Un vote blanc, pour moi, en tant que photographe, c'est dire noir sur blanc le refus d'être
coincé par des choix imposés.   Il est indispensable que l'on mette à la disposition des électeurs
des bulletins de vote blanc et essentiel que ces votes soient comptabilisés et non amalgamés
aux votes nuls. Où en est-on avec la démocratie ?   Je souhaite que l'on explique pour quelles
raisons l'idée du vote blanc est impraticable. »

  Henri Cartier-Bresson Le Monde, 1995

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Pour approfondir
Le vote blanc en 2015

Départementales

1er tour: 1 007 518 (4,86%)

2nd tour: 1 412 590 (8,38%)


Régionales

1er tour: 6 décembre
2nd tour: 13 décembre
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

Accéder à notre banque de données

Le vote blanc en deuil
IL N’A PAS VOULU VOIR CA

caillavet.jpg
 

Le 27 février 2013, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient au sénat en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.

Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc.
Lire les propositions de loi

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6 avenue Anatole-France Tour de l'église - 94600 Choisy-le-Roi
Tél. 01 42 11 96 86 - Fax 01 79 73 38 16  - vote-blanc@orange.fr


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ACTUALITE

Lire plus bas sur cette page, dans la rubrique 'DIVERS', la reconversion de l'universitaire anti vote blanc Dominique Reynié en homme politique aux dents longues.


 
LES ELUS BRITANNIQUES SE DECOINCERAIENT-ILS ?

Nous lisons, sur le site d'une association britannique similaire à la nôtre, l'information suivante: "Le parlement a désigné un Comité politique et de réforme constitutionnelle (1) qui s'est senti obligé de recommander dans son rapport final sur l'augmentation de 'l'engagement électoral' (publié en Février 2015) que le prochain gouvernement consulte avant mai 2016 uniquement sur l'inclusion de NOTA sur les bulletins de vote. Ils ont conclu qu'il n'y a pas seulement une demande énorme pour NOTA, mais que cela provoquerait un impact positif clair sur l'engagement de l'électeur." Lire le post du 8 mai
 
1. Commission parlementaire qui émet des avis.



 
CHOC DE CIVILISATION ?

Barbier vs Association vote blanc

Oui, il faut instaurer le vote obligatoire. Pour une raison presque civilisationnelle. Dans le temps de la conquête démocratique, peu de gens s’abstiennent parce que chacun veut profiter de ce droit nouveau. Dans le temps du confort démocratique, on voit se développer une abstention résiduelle, puis structurelle : « oh, tout va bien » et quand on n’est pas enthousiasmé on peut rester chez soi. Dans le temps de désillusion démocratique, tel qu’on le connaît aujourd’hui, on s’abstient pour combattre, on s’abstient pour détruire, pour décrédibiliser, pour délégitimer l’élu. L’élu n’est plus un élu, il est un résidu, celui qui n’a pas été trop rejeté, en tous cas un peu moins que les autres. Il ne faut pas laisser cette gangrène s’installer dans notre démocratie sinon quelqu’un viendra dire que les élections ne servent plus à rien et qu’il faut en revenir à d’autres systèmes, à l’aristocratie, au coup de force et on retournera à la tyrannie. »
Christophe Barbier, L’Express, 16 avril 2015

 
     VB

Non, il ne faut pas instaurer le vote obligatoire. Pour une raison de conquête démocratique. Dans le temps de la conquête démocratique, on promet au peuple un outil qui va lui permettre de se faire entendre, d’être l’acteur principal du système représentatif. L’électeur participe parce qu’il y croit. Dans le temps du confort démocratique, les partis politiques qui s’affirmaient au service de la réflexion de l’électeur se disent qu’on peut finalement se passer du libre arbitre de cet électeur. Dans le temps de la désillusion démocratique, tel qu’on le connaît aujourd’hui, on s’abstient parce que le slogan ‘une élection, ça ne sert qu’à désigner un vainqueur’ a vidé de sa portée symbolique l’acte électoral. L’élu n’est plus un élu, c’est le choix des états-majors des formations politiques, untel correspondant moins à ce qu’espérait l’électorat que tel autre. Il faut faire reculer cette facilité des partis à ne penser qu’à la conservation du pouvoir sinon nous reviendrons au Vè siècle quand les derniers empereurs romains n’étaient plus que des Augustule. 

Rien ne sert de combattre l’abstention, il faut faire renaître la participation.


Association pour la reconnaissance du vote blanc





Signer la pétition



Voir dans la partie 'à l'étranger' sur cette page d'accueil l'information sur un sénateur du Minnesota qui vient de déposer un projet de loi en faveur d'un vote 'Contre tous' effectif.



 
Second tour

RECORD DE VOTES BLANCS ET NULS EN AUVERGNE




PLUS DE 10% DE BLANCS ET NULS EN SEINE-SAINT-DENIS


Près d'un million et demi de bulletins blancs et nuls* (1 412 590 - source ministère de l'intérieur; 969 443 bulletins blancs + 453 147 bulletins nuls) soit 8,38% des votants. 
Il est difficile de faire une comparaison avec les consultations électorales à l'échelon départemental passées, parce que celle-ci est la première de ce type (tous les cantons et par binômes). Toutefois, on constate un niveau élevé avec une moyenne à plus de 8%. 11 départements dépassent les 10% de bulletins invalidés. Si le record est décroché par le Haute-Vienne avec plus de 13%, le score retentissant est celui de la Seine-Saint-Denis. D'ordinaire, l'Ile-de-France enregistre des résultats faibles de 'blancs et nuls'. Au premier tour, d'ailleurs, les 7 départements en compétition étaient sous la moyenne nationale. Au second, cela monte sensiblement dans plusieurs d'entre eux mais seule la Seine-Saint-Denis crève le plafond des 10%. Les duels droite contre FN expliquent sûrement cette poussée du vote blanc.



 


 
Nous rappelons que les bulletins dits 'nuls' depuis le 1 avril 2014 sont dans l'esprit des votes blancs (voir notre bulletin ci-dessous). L'absence de bulletins blancs officiels dans les bureaux de vote et l'exclusion de ces derniers de la catégorie des suffrages exprimés rendent la réforme de 2014 tout à fait superfétatoire. De plus, à la présidentielle de 2017, les bulletins blancs seront à nouveau mélangés avec les bulletins nuls. Dans ces conditions, ne retenir que les bulletins blancs pour évaluer le vote blanc ne donnerait qu'une idée partielle de ce type d'expression.


 
1er tour

Plus d'un million de bulletins blancs ou nuls (1 007 518 - source ministère de l'intérieur) au premier tour de la départementale.




DEPARTEMENTALES - 22 et 29 MARS
 
Avec les départementales, commencent les déclarations sur le vote blanc en 2015. Voir dans la colonne à droite de cette page les candidats à notre prix Vote Blanc de la Crétinerie d'or.
 
C'est confirmé,

L'OUTRE-MER PREFERE LES BULLETINS NULS


Associer France d'outre-mer et cocotier, c'est vraiment un cliché.
 
Les constatations faites sur le vote blanc ou nul dans les élections en outre-mer depuis la pseudo réforme de 2014 (voir paragraphes ci-dessous), se confirment avec les deux tours des départementales. Seuls trois départements étaient concernés par cette élection et dans chacun d'eux il y a eu plus de bulletins nuls (BN) que de bulletins blancs (BB) (Voir chiffres ci-dessous). En métropole, les bulletins blancs sont toujours plus nombreux que les bulletins nuls.

Guadeloupe: 1er tour = BN 6,19%, BB 3,53%   2nd tour = BN5,23%, BB 2,9%
La Réunion: 1er tour = BN 5,65%, BB 5,43%    2nd tour = BN 6,08%, BB 5,3%
Mayotte: 1er tour = BN 2,57%, BB 1,22%         2nd tour = BN 2,28%, BB 1,11%


Si on vous dit qu'aux Européennes de l'an dernier, la première élection après la distinction entre bulletins blancs et bulletins nuls, seuls quatre départements ont enregistré plus de bulletins nuls que de bulletins blancs et ce sont quatre départements d'outre-mer: Guadeloupe, Martinique, Réunion et Mayotte. Et que lors des trois législatives partielles post réforme de 2014, on a retrouvé ce phénomène au premier tour en Polynésie.

Nous espérons que vous ne tomberez pas dans un cliché, diffamatoire celui-ci, disant que l'on a affaire dans ces territoires lointains, à des sous citoyens. Ce n'est pas notre avis. Si nous n'avons d'explication à fournir pour comprendre ce phénomène, nous constaterons que ces électeurs préfèrent le bulletin annoté à l'enveloppe vide.
Rappelons qu'au premier tour de la présidentielle de 2012, les deux départements antillais et Mayotte avaient vu le vote blanc arriver en 3è position, dépassant les 7% aux Antilles (source ministère de l'intérieur). On ne peut pas supputer un nombre d'erreurs très élevé pour expliquer ces scores (à moins de tomber dans le cliché diffamatoire cité plus haut). Cela montre bien, en revanche, que le bulletin qui n'est pas blanc et vierge est aussi un vote blanc dans l'esprit.

Pour finir, notons également que dans les six départements d'outre-mer où les bulletins blancs ont été supérieurs aux bulletins nuls, pour quatre d'entre eux l'écart est de moins d'1%. Ce qui n'est le cas que dans neuf départements de métropole sur 96; les deux départements corses et cinq départements de la région parisienne notamment.

On réaffirmera que le vote blanc, très peu étudié, recèle une somme importante d'informations sur la subtilité de l'acte de vote. Il mérite ainsi d'être reconnu à sa juste valeur.




 
BILAN DES ELECTIONS APRES LA 'REFORME' DU 21 FEVRIER

Depuis le 1er juin 2014, on a eu les Européennes où le vote blanc n'a pas connu une  augmentation particulière, le total 'vote blanc, vote nul' étant même légèrement en dessous du résultat de 2009 (4,04% contre 4,34%). Depuis la présidentielle de 2012, on a eu plusieurs législatives partielles, avant la 'réforme' et après. On ne constate aucune différence notable. Les mêmes données ont les mêmes conséquences. Au premier tour, le vote blanc ou nul reste faible, que ce soit dans le Nord (juin 2014), la Polynésie (idem) ou l'Aube (décembre 2014) - de 0,9% à 2,72% - après la 'réforme' ou la Haute-Garonne (mai 2014), l'Oise (mars 2013) ou l'Hérault (décembre 2012) - de 1,76% à 2,9% - avant la réforme. Quand il y a une flambée, c'est avant la 'réforme', dans la circonscription de Jérôme Cahuzac.

Au second tour, quand s'opposent la gauche modérée à la droite modérée, le vote blanc ou nul n'augmente pas beaucoup, même s'il atteint 4,9% dans l'Hérault en 2012. En Polynésie (juin 2014), les résultats des deux tours de la partielle sont inférieurs à ceux de la législative officielle de 2012. Quand le second tour fait intervenir le FN - presque toujours - le vote blanc ou nul augmente plus, mais pas plus après la réforme qu'avant. C'est toujours la circonscription de Cahuzac - avant 'réforme' - qui explose les chiffres (14%).

Le constat s'impose: la 'réforme' adoptée le 21 février 2014 n'a rien apporté au vote blanc. Et dans cinq ans ou plus, ce sera la même chose.




 
Dans le Doubs, abstiens toi...

PARTIELLE ET VOTE BLANC
8,2% de bulletins blancs ou nuls au second tour de cette législative partielle (source: préfecture du Doubs); 5,32% pour le vote blanc. Les appels dispersés de l'UMP où dominait le 'blanc' ou abstention, montrent bien que pour un électeur, il a l'impression d'être plus entendu en n'allant pas voter (un électeur sur deux n'y est pas allé) qu'en votant blanc, la modification du 21 février du code électoral ne changeant strictement rien.
 


 
Une élection législative partielle a lieu en ce moment dans le Doubs. Le premier tour s'est déroulé le dimanche 1er février. Elle enregistre un résultat de 2,75% pour les bulletins blancs ou nuls (1,69 pour les 'blancs', 1,06 pour les 'nuls' - source = site de la préfecture du Doubs).
La réforme électorale du 21 février 2014 nous a vanté un vote blanc reconnu, plus fort parce que détaché des bulletins 'nuls'. On constatera ici, dans une partielle plus médiatisée parce que survenant au remplacement d'un ancien ministre - Pierre Moscovici - que le vote blanc est maigre. Il n'a pas convaincu beaucoup d'électeurs pourtant peu satisfaits de l'offre présentée puisque l'abstention s'est élevée à 60%. En 2012, pour l'élection qui donnait la charge à Pierre Moscovici, 1,76% d'électeurs avaient recouru aux bulletins blancs ou nuls; l'abstention n'était (!) que de 40% des inscrits.
De plus, le vote blanc (1,69%) ne dépasse que de peu le vote nul (1,06%). Problème d'information de l'électeur sur le fait qu'une enveloppe vide est  enregistrée comme un vote blanc ou désintérêt de l'électeur pour une réforme inutile. Les deux sûrement.

CONCLUSION: La réforme de 2014 n'a en rien fait avancer la question du vote blanc. Le combat continue.





 
POURQUOI L'ABSTENTION MONTE-T-ELLE ?
PARCE QUE FRANCOIS DE RUGY
Calamité

LES ECOLOGISTES TOMBENT DANS LE PIEGE DU VOTE OBLIGATOIRE


 
François de Rugy, co-président du groupe EELV à l'assemblée, a annoncé sur Sud-Radio qu'il allait, avec ses collègues écologistes, déposer une proposition de loi réclamant le vote obligatoire (!!!) dans la semaine du 9 mars.
C'est la solution de la facilité. Les scores électoraux du PS (F. de Rugy a pour ambition d'entrer dans le gouvernement) et de EELV ont été et seront faibles, il faut donc s'attaquer aux fautifs: les électeurs. Parmi les abstentionnistes, il y aurait beaucoup d'électeurs un peu fâchés avec le gouvernement mais de gauche. L'obligation de voter les amènerait aux urnes et là, ils voteraient finalement EELV ou pour le PS gouvernemental.

Vision simpliste et erronée s'il en est. Quand l'angoisse l'emporte sur la raison, on recourt au vote obligatoire comme les sarkozistes recourent à la sécurité et au karcher dans d'autres situations.
Les élus EELV avaient pourtant été les seuls à défendre - par des amendements - le vote blanc devenant un suffrage exprimé lors de la navette de la proposition de loi UDI qui se contentait de distinguer bulletins blancs et bulletins nuls, entre 2012 et 2014.

L'Association pour la reconnaissance du vote blanc appelle les écologistes à se ressaisir. Le vote blanc perdrait de sa signification si le vote devenait obligatoire. Un bulletin blanc n'a de poids que si l'électeur avait la possibilité de rester chez lui. Avec le vote obligatoire, on accusera systématiquement le vote blanc d'être le fait d'électeurs qui se sont débarrassé de leur devoir électoral pour échapper à l'amende.


 
 
ET UNE COUCHE DE PLUS !
La gauche reparle de vote obligatoire.

«Il devrait y avoir injonction à s'exprimer au moment des choix importants», juge Martine Aubry. «Si la force de conviction ne suffit pas, il faudra sans doute aller plus loin et rendre, sous une forme à définir, obligatoire le fait d'aller voter, tout en reconnaissant le vote blanc parmi les suffrages exprimés», écrit-elle. Cinq mesures fortes en vue du prochain congrès du PS. 5 février 2015. Voir le document
 

 
La vision à très court terme, le personnel politique connaît. La question se pose de comment gagner la toute prochaine élection (ici une législative partielle dans le Doubs) et on sort des outils que l'on croit efficaces alors qu'il faut une vision plus large. Les électeurs viennent de moins en moins voter ? S'ils se sentent inutiles dans ce genre d'élections, il faut leur donner une gamme plus étendue d'expression, en reconnaissant réellement le vote blanc. Et pas tomber dans la contrainte, qui rabaisse encore plus l'électeur.
La gauche est fascinée par le vote obligatoire.

Ajoutons à ceci la lettre du député socialiste Philippe Doucet le mars au Premier ministre. Il présente 24 idées pour lutter contre l'apartheid, dont le vote obligatoire (faire le bonheur des gens malgré eux !). Il n'est même pas question d'un vote blanc devenant un suffrage exprimé.
Lire la lettre

Lire notre dossier sur la gauche tentée par le vote obligatoire.


 
 
Vote obligatoire

C'est encore non pour le ministère de l'intérieur

 
La réponse du ministère de l'intérieur à la sénatrice Françoise Laborde (Lire plus bas sa demande) le 25 septembre 2014 est toujours catégorique: il n'est pas question de rendre le vote obligatoire. L'Association pour la reconnaissance du vote blanc est elle-aussi opposée à cette mesure. Mais nous craignons que cette tentation ne séduise finalement le personnel politique en difficulté à cause des mauvaises habitudes prises depuis très longtemps. Le vote obligatoire est une facilité, le vote blanc un effort sur soi-même pour les professionnels de la politique; le premier une sanction vis-à-vis des citoyens, le second une vision ambitieuse de ce que pourrait être la démocratie électorale.
Pour l'instant, voici la réponse du ministère:

"
Le débat sur le vote obligatoire est récurrent, une proposition de loi visant à rendre obligatoire l'exercice du droit de vote ayant en dernier lieu été déposée en ce sens à la présidence du Sénat le 6 juin 2014. À l'exception des élections sénatoriales, le suffrage n'est pas obligatoire en France. Seul son caractère toujours universel, égal et secret est affirmé par l'article 3 de la Constitution. L'exercice du droit de vote est une faculté laissée à l'appréciation des citoyens. Il s'agit d'une tradition républicaine et démocratique française qu'il n'est pas envisagé de remettre en question. En effet, les citoyens ne disposent pas seulement du droit de vote, ils disposent de son corollaire, le droit de s'abstenir de voter, qui constitue une forme de liberté d'expression. Par ailleurs, si certains pays comme la Belgique l'ont adopté, l'instauration du suffrage obligatoire en France soulèverait des difficultés particulières, dans son principe comme pour son application. Les sanctions dont il serait assorti, bien souvent pécuniaires comme prévues par la proposition de loi susvisée, seraient probablement rarement mises en œuvre. Il en va ainsi en Belgique où aucun parquet ne poursuit les citoyens qui n'accomplissent pas leur devoir d'électeur, en raison notamment de l'encombrement des tribunaux. De plus, il apparaît que, dans les pays où le vote est obligatoire, une proportion importante d'électeurs persiste à s'abstenir de voter. Le vote obligatoire ne permet donc pas de résoudre le problème de la non-participation de nombreux citoyens à la vie politique, ce qui conduit certains pays à se poser la question de son maintien (c'est le cas de la Belgique) et d'autres à en décider la suppression (Italie). "


 

 
UNE IDEE 'ICONOCLASTE'

 

La sénatrice UMP des Français établis à l'étranger, Joëlle Garriaud-Mayram a écrit le 13 février dans le journal en ligne Huffington Post: "Le débat institutionnel doit être ouvert, y compris à des idées iconoclastes. Ainsi, un recours au tirage au sort pourrait avoir le mérite de prévenir les accusations de représentation inadéquate de la diversité des citoyens et les batailles d'ego si nuisibles à la vie politique. Par exemple, afin de réduire l'abstention et de renforcer la portée du vote blanc - aujourd'hui sans effet - un tirage au sort pourrait être organisé si le nombre de votes blancs venait à dépasser les suffrages recueillis par le candidat arrivé en tête."

Nous saluons la sénatrice quand elle reconnaît que le vote blanc est aujourd'hui toujours sans effet, malgré la pseudo réforme du 21 février 2014. L'idée de tirage au sort est elle aussi matière à débat. Mais quand le tirage au sort ne se déclenche que lorsque le vote blanc est supérieur aux scores de tous les candidats, l'idée devient chimérique et un peu vaine. Il faut réfléchir à un seuil accessible sans être trop facile.

Voir ci-dessous notre échange de décembre avec une association anglaise.
Lire le texte complet de la sénatrice.



 

Agir ET REFLECHIR en 2015. Quand nous avons été reçus par la députée (voir ci-dessous), nous lui avons dit que notre préoccupation était de s'interroger sur le pouvoir de sanction à donner à un vote blanc devenu un suffrage exprimé. Jusqu'à présent nous avons plutôt laissé de côté cette question mais il faut maintenant l'aborder sérieusement, quand on voit que la tactique des opposants au vote blanc est d'en faire une version la plus affadie possible. Nous souhaitons donc que des partenaires contribuent à cette réflexion, notamment les écologistes.
Nous avons apprécié qu'une association anglaise (NOTA UK) qui mène le même combat que nous se lance dans cette réflexion. En voici le paragraphe principal:
Notre proposition est que, pour combattre l’instabilité politique et la fatigue des électeurs, au lieu d’avoir un nouveau tour d’élection (si NOTA a gagné à l’échelle nationale) et/ou des élections immédiates dans les circonscriptions ou NOTA aura été premier, le parti ou le candidat arrivé deuxième serait autorisé à prendre la charge temporairement pour six ou douze mois pendant que la mise en place d’une nouvelle élection soit prête.

Le défaut, selon nous, de ce dispositif, est qu'il faut que le vote blanc (option NOTA chez les Anglo-Saxons) arrive en première position, ce qui serait extrêmement rare. L'effet de révocation doit être plus abordable sans pour autant être fixé trop bas. Affaire à suivre.
Lire le texte en entier et en version originale
Lire le texte en entier traduit par nous

 

 

 
 

L'ASSOCIATION INTERPELLE LE NOUVEAU PRESIDENT DE L'UDI

 
Jean-Christophe Lagarde a été élu président de l'UDI, succédant à Jean-Louis Borloo, le 13 novembre. Il a battu Hervé Morin. Il avait comme soutien Yves Jégo.

Lire notre courrier



 
 
Le vote blanc sur France Culture

« TROP DE DEMOCRATIE TUE LA DEMOCRATIE » ( !?)


 
Décidément, France-Culture s’abonne au vote blanc. Après une émission en août, en voici une en septembre. Dans une semaine consacrée au ‘blanc’, la quotidienne ‘Les nouvelles vagues’ s’est penchée le lundi 29 septembre sur le vote blanc. Invitée, Anne Muxel, du CEVIPOF. Parfaite représentante du ministère de l'intérieur, celle-ci va jusqu'à déclarer ce que le personnel politique pense sans oser le dire: "Trop de démocratie tue la démocratie".

 


 



IL Y A MEME DES BULLETINS NULS

CHEZ LES GRANDS ELECTEURS !!!


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La France, très endettée, ne sera pas très très endettée. Le gouvernement a bien veillé à faire des économies en n'imprimant pas des bulletins blancs officiels à mettre à disposition des grands électeurs en ces sénatoriales.
La réforme de février s'applique aussi à ces derniers. Tous ne la connaissaient peut-être pas et ont sans doute griffonné quelque chose, ou ont mis un papier de couleur. Provocation, étourderie ? Le saurons-nous ? Mais la catégorie 'bulletin nul' n'est pas vide, à côté de la catégorie 'bulletin blanc'. Le tout est bien évidemment annulé et n'entre pas dans la rubrique des suffrages exprimés, comme pour nous, les petits électeurs.

Certes, le vote blanc ou nul ne fait pas florès chez les grands électeurs: 1,57% pour 62 départements ou territoires en course. Pourtant, on se méfie encore de ces électeurs hors norme puisqu'ils n'ont pas droit à un vote blanc compté comme un suffrage exprimé. La distinction 'blanc'/'nul' ne devrait pas avoir lieu d'être chez eux, qui ne peuvent ni se tromper, ni être orduriers. Pourtant, on compte 29 départements où les bulletins nuls sont plus élevés que les bulletins blancs, ce qui ne s'est produit aux Européennes que dans quatre départements d'outre-mer. Qu'a-t-on trouvé dans ces enveloppes ? Très certainement deux fois le même bulletin. La Savoie, où le vote blanc ne compte que 0,17% tandis que le vote nul grimpe à 3,63%, se démarque. (Dans le confetti Saint-Barthélémy, c'est plus anecdotique: personne n'a voté blanc mais deux ont voté nul ce qui fait monter cette catégorie à 9% des suffrages). Cela nous pousse donc à réaffirmer que plus de 99% des bulletins blancs ou nuls sont dans l'esprit des votes blancs. Voilà pourquoi nous continuons à mélanger les deux types de bulletins dans nos cartes et nos analyses.

Les départements peu peuplés conservent un vote blanc plus élevé. Dans les 32 départements au scrutin majoritaire, il s'élève à 2,2% contre seulement 1% dans les départements au scrutin à la proportionnelle.
Pour en savoir plus sur cette dichotomie

Très bientôt les chiffres officiels.

Voir notre dossier sur les sénatoriales précédentes

 
Après le sondage IFOP/Le Figaro du 4 septembre

Présidentielle 2017

UN 2002 BIS ?
 
Selon ce sondage, Marine Le Pen serait présente au second tour de la présidentielle de 2017, comme son père en 2002. Le camp de droite se réjouit en se disant que son candidat gagnera face à elle. Ce ne serait pas avec un score bananier comme Jacques Chirac en 2002, mais ce serait la victoire malgré tout, plutôt large.

Pour nous, 2002 fut le cas archétypal de l'élection où le vote blanc était indispensable. S'il avait été un suffrage exprimé, Jacques Chirac n'aurait pas dépassé les 50% et il aurait fallu organiser un troisième tour, avec de nouveaux candidats. Cela aurait eu le don de secouer le cocotier et d'éviter un quinquennat 2002-2007 en carton pâte.
Si le scénario exposé par le sondage se confirme en 2017, on sera donc parti pour un nouveau quinquennat exsangue puisque les parlementaires n'ont pas eu le courage d'élever au rang se suffrage exprimé le vote blanc et l'ont laissé aussi eunuque qu'en 2002.

Lire l'article du Figaro


 
 
Le vote blanc sur France Culture
 
Les clichés ont la vie dure


L'Atelier du politique

23.08.2014, par Thomas Wieder, Vincent Martigny, le samedi de 18h13 à 18h55

"L'important, c'est de participer" : abstention, vote blanc et participation politique

Emission très classique sur le vote blanc le samedi 23 août. Pas de représentant des défenseurs du vote blanc (nous ne sommes sûrement pas assez policés pour être dignes d'apporter notre contribution) et des invités* n'ayant pas particulièrement travaillé sur la question - où il y a longtemps - mais qui ont des choses à dire. On se serait cru sur les bancs du parlement lors de la navette de l'assemblée au sénat entre novembre 2012 et février 2014 (voir plus bas le cadre 'Proposition de loi UDI/PS...). Le vote blanc et l'électeur blanc sont présentés sous un jour favorable puis, quand on arrive à la question de la prise en compte comme suffrage exprimé, patatras ! le rideau se ferme, la réponse est catégorique et négative.

Voilà pourquoi nous avons mis en perspective ce discours de sciences humaines au ras des pâquerettes avec une autre émission de France Culture, qui avait eu lieu la veille (vendredi 22 août): Michel Onfray répondant à des questions à l'université populaire qu'il a créée. Il ne parle pas de vote blanc mais de démocratie représentative et des votations en Suisse. C'est nettement plus enrichissant que la resucée de l'argumentation du ministère de l'intérieur que nous a servie le samedi la station de Radio France.

Lire notre mise en abyme.


* Céline Braconnier, politologue spécialiste de l'abstention des 'mal inscrits'; Adélaïde Zulfikarpasic,responsable de sondages et ayant écrit un article au début de ce siècle sur le vote blanc dans Revue française de science politique; Jean-Luc Laurent, député et président du MRC, micro-parti créé par Jean_Pierre Chevénement.





 

COURTELINE
DANS LE BUREAU DE VOTE


Une loi inutile entraîne forcément des applications ridicules. Voici l’exemple de la préfecture de l’Yonne qui, comme d’autres, s’est crue obligée, pour les européennes de mai, de planifier à l’extrême la comptabilisation des bulletins nuls puisqu’aucun bulletin blanc officiel n’est fourni dans les bureaux de vote.
«  (…) Pour être considérés comme bulletins blancs, les bulletins papier devront respecter le format et le grammage imposés par l'article R. 30 du code électoral, c'est à dire avoir un grammage identique à ceux des autres bulletins de vote compris entre 60 et 80 grammes au mètre carré et être d'un format 148mm/210mm, c'est à dire un format A5.
Les bulletins vierges ne respectant pas ces conditions seront considérés comme nuls...»
Lire le texte intégral

On tombe vite dans l’irrationnel. Pour éviter tout litige au moment des dépouillements, on en arrive à devoir peser le bulletin au gramme près. Le pouvoir a corrigé le tir et cela a été officialisé dans le JO du 1er juin (voir ci-dessous 'Blanc c'est blanc'). Il reste d’autres incongruités qu’ont soulevées d’autres sénateurs mais celles-ci, le ministère ne tient pas à les reconnaître (voir ci-dessous 'Tout va très bien Madame la Marquise').

Le sénateur Jean-Claude Lenoir a soulevé cette question en séance le 28 juillet à la représentante du gouvernement, Laurence Rossignol. Celle-ci a lu une réponse qui nie toute évidence.


Ce qui nous gêne beaucoup plus à l’Association pour la reconnaissance du vote blanc c’est la dernière phrase de l’extrait donné plus haut, tout autant courtelinesque que ce qui précédait, qui continue à dire qu’un bulletin blanc qui répond à tous les critères spécieux énoncés n’est pas nul. Nous affirmons donc : EST NUL TOUT BULLETIN QUI N’EST PAS UN SUFFRAGE EXPRIME.

 
 
LUTTER CONTRE LES IDEES FAUSSES ET SIMPLETTES
 
Les électeurs français n'ont pas trouvé dans les bureaux de vote des bulletins blancs officiels parce que les parlementaires ont considéré que c'était une dépense insupportable pour l'Etat en faillite mais aussi que les électeurs, placés devant une telle tentation, n'y résisteraient pas et en abuseraient au point de mettre en péril notre chère République.
Les électeurs indiens, moins bien protégés que nous par leurs législateurs, ont eu sous les yeux le fruit défendu et pourtant ils s'en sont moins servis que les Français.
 
Les Indiens nous montrent ainsi que le citoyen du XXIè siècle n’est pas l’enfant que notre élite politicienne nous brandit pour ne pas avancer vers une démocratie où le peuple aurait plus de pouvoir. Il a grandi ce citoyen et même si le vote blanc devenait un suffrage exprimé, les électeurs n’y recourraient que s’ils le jugeaient utile et non pour le plaisir de bloquer les institutions.

* 4,04% est la part des bulletins blancs ou nuls. Tant que des bulletins blancs officiels ne sont pas disponibles, on sait que beaucoup d'électeurs ne sont pas au courant de cette distinction 'blanc'/'nul' et il faut donc les associer encore. Mais même si on ne tenait compte que  des bulletins blancs stricto sensu, on  en aurait , largement, deux fois plus en France qu'en Inde (2,78%).
 
797 504
bulletins blancs ou nuls
Désolé, nous continuons à mélanger bulletins blancs et bulletins nuls. Plus de 99% d'entre eux sont, dans l'esprit, des votes blancs. S'il doit y avoir des erreurs, elles peuvent autant être dans deux bulletins différents glissés par inadvertance dans la même enveloppe que dans l'absence de bulletin dans une autre enveloppe parce qu'on a oublié le bulletin préparé à l'avance dans la poche de sa veste.
Si les bulletins blancs sont plus nombreux que les bulletins nuls, c'est que le législateur a décidé, après hésitation, que les enveloppes vides seront des bulletins blancs.
Tous ces bulletins doivent être réunis parce qu'ils connaissent le même sort: la censure. Ils sont tous annulés, donc tous nuls.
 
4,04%
de bulletins blancs ou nuls (et non pas 2,78%)
 
Il y a eu plus de bulletins blancs ou nuls qu'en 2009 (797 504 contre 773 457) mais la part des votants est inférieure que cinq ans plus tôt (4,30%). Cela est dû à une plus forte participation (1,8 million d'électeurs en plus). Pour une élection à un seul tour et à la proportionnelle, ce n'est pas un résultat marginal.


 
 
BLANC C'EST BLANC
 
C'est ce que rappelle le Journal Officiel dans sa proclamation des résultats des élections européennes ce 1er juin.

Les rédacteurs de cette mise à plat des résultats se sont trouvés confrontés au nouveau vote blanc. Si celui-ci n'apporte aucune reconnaissance réelle pour ceux qui le choisissent - voir ci-dessous nos 4 questions - il complique la lecture des votes dits non exprimés. En avril, le député Maurice Leroy et le sénateur Yves Détraigne ainsi qu'en mai le sénateur socialiste Roland Courteau avaient attiré l'attention du ministère sur la complication entraînée par l'absence de bulletins blancs officiels dans les bureaux de vote qui contraignaient les électeurs à confectionner eux-mêmes un bulletin blanc à la bonne dimension. Tout ça pour rester inaudibles mais avoir l'honneur de ne pas figurer dans l'infâme catégorie des bulletins nuls. Le ministère n'a toujours pas répondu.
Le JO fait un premier pas: «Il convient, dans le souci de respecter la volonté du législateur, de regarder comme bulletin blanc tout bulletin de papier blanc, quel que soit son format ou son grammage, dès lors qu’il ne comporte aucun signe de reconnaissance

Tout ceci est une perte de temps. La véritable question à se poser est celle que pose au même ministre le député UMP Guy Teissier. A quand la suite, c'est-à-dire le vote blanc compté comme suffrage exprimé ?
 



TOUT VA TRES BIEN MADAME LA MARQUISE

Le ministère de l'intérieur ne veut pas voir la réalité. La première réponse qu'il fait le 17 juillet à deux sénateurs UMP (Bernard Saugey et Michel Savin) montre que la question du vote blanc ne l'intéresse pas. Les deux sénateurs attiraient l'attention du ministère sur les enveloppes vides qui, à des élections comme les municipales ou les européennes où les bulletins sont de format A4, rompent le secret du vote puisque l'on peut voir que l'électeur n'a rien mis. Voici la réponse:
"Les dispositions de l'article 15 du décret n° 2013-938 du 18 octobre 2013 portant application de la loi n° 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l'élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral précisent le format réglementaire des bulletins de vote. L'éventuelle gêne occasionnée par la taille du bulletin par rapport à l'enveloppe et les risques portés à la confidentialité du scrutin en cas de vote blanc n'ont jusqu'à présent fait l'objet d'aucun contentieux. Aucun juge administratif n'a été amené à invalider la procédure de vote actuelle au motif d'atteinte à la confidentialité du vote. En conséquence, il n'est pas envisagé de modifier les dispositions de l'article 15 du décret susmentionné."

 

 


Voir le graphique de l'abstention et du vote blanc ou nul dans les 28 pays de l'Union


 
Répartition des votes blancs ou nuls
Européennes 2014

 

 

 
NOUS VOTONS COMME NOS ARRIERE-GRANDS-PERES
 
C'est le 29 juillet 1913 que le code électoral a été modifié pour rendre les électeurs plus autonomes en introduisant dans les bureaux de vote les premiers isoloirs et les premières enveloppes. Mais la mise en pratique a été effective aux mois d'avril et mai, pour les deux tours des législatives de 1914. Nos arrières grands pères ont donc pu voter avec moins de pression. Mais ils n'ont pas été considérés comme des êtres assez responsables pour être dignes de pouvoir déposer un vote blanc qui aurait été intégré aux suffrages exprimés. Le législateur en est resté à la position du monarque absolu Napoléon III de 1852.

Depuis cent ans, rien n'a changé. La Grande Guerre a homogénéisé la France mais un siècle plus tard, si le vote a été étendu à de nouvelles populations (femmes, 18-20 ans, citoyens européens), il n'a pas été approfondi. En 2014, le citoyen ne peut pas faire plus preuve de libre arbitre que ses ancêtres d'avant la boucherie. 



 

C'est ce qui pourrait arriver en France

PRIMAIRES AU NEVADA

LE VOTE BLANC L'EMPORTE MAIS UN CANDIDAT EST VAINQUEUR


Le mardi 10 juin ont eu lieu dans chaque parti les primaires pour désigner le candidat à l'élection du gouverneur qui se tiendra en novembre. Côté Démocrates, les électeurs n'ont pas été convaincus par les personnalités présentées et le vote blanc (NOTA - None of the above) est arrivé en tête: 21 718 voix contre 17 950 pour le premier arrivé en tête, Bob Goodman. C'est pourtant lui qui représentera les Démocrates en novembre parce que si l'option NOTA est présente sur le bulletin, c'est un suffrage non exprimé. Comme en France. Voilà pourquoi c'est ce qui pourrait se produire chez nous, le vote blanc en tête mais un candidat ayant moins de voix élus.

Voir les autres infos Lire la suite


PROPOSITION DE LOI UDI-PS ADOPTEE EN 2014

« Entre ici, vote blanc, glorieux invalide. Repose-toi et laisse-nous tranquille. On te reconnaît mais on ne te voit pas, tu dis mais on ne t’entend pas, on te compte mais on ne te comptabilise pas. » Manuel Valls, lors de l’inauguration de la maison du vote blanc à l'hôtel des Invalides.


Notre bilan de la mise en route de cette réforme

Lire plus bas dans cette page nos réactions à chaud pendant les 4 étapes de la navette.


 

Après la nouveauté du vote blanc aux Européennes

L'ASSOCIATION DEMANDE UN PREMIER BILAN
AU MINISTRE DE L'INTERIEUR



LE MINISTERE REPOND A NOTRE COURRIER DE JUIN

CONTRADICTION

 
D'un côté, le ministère confirme son refus de mettre à disposition des électeurs des bulletins blancs officiels dans les bureaux de vote. Au coût (voir plus bas notre réponse: "Et si on réinventait le massicot ?"), il ajoute l'argument selon lequel 'une telle mise à disposition pourrait être considérée comme de nature à altérer la sincérité du vote.' C'est tout d'abord une drôle de conception du citoyen électeur. Ce serait un être fragile qui change d'idée très facilement; entré pour voter en faveur d'un candidat, la vue d'un bulletin blanc lui ferait renoncer à ce choix. Mais ce danger que nous présente le ministère ne tient pas. Plus haut dans sa réponse, il dit que tout fut pour le mieux aux européennes puisque des affiches expliquaient que l'enveloppe vide était comptée comme un bulletin blanc. L'électeur pouvait donc facilement voter blanc et pourtant il ne l'a pas fait.
Soit l'électeur n'est pas aussi versatile qu'on veut le dire place Beauvau et on pourrait donc lui présenter des bulletins sur les tables des bureaux, soit l'affichage n'a pas été vraiment lu par les électeurs. Quoi qu'il en soit, un élément de la réponse du ministère ne tient pas.


 
Suite aux questions de parlementaires,
sans surprise, le ministère répond à côté
 
16 septembre, le ministère a répondu à la question écrite du député Dolez (voir ci-dessous). Comme bilan, le ministère cite les chiffres du vote blanc en comparant les européennes 2009 et 2014; information sans intérêt, qui ne répond pas à l'interrogation sur l'apport, pour le vote blanc, de la loi de février 2014. Le ministère confirme qu'il est heureux sans bulletins blancs officiels dans les bureaux de vote puisqu'il y a les enveloppes vides. ET SURTOUT, il ne répond pas à la demande du député Dolez, "souhaitant que le vote blanc puisse le plus rapidement possible devenir un suffrage exprimé." La pratique du dialogue de sourds chère aux gouvernements successifs confirme à chaque fois le mépris qui habitent ceux placés au pouvoir.
Notre démarche est rejointe par des parlementaires. Le  député Marc Dolez (photo)  vient d'adresser une question au ministère de l'intérieur tandis que le député Guy Geoffroy choisit la tactique du ricochet; il demande en septembre à la commission des lois d'interroger le gouvernement sur la réalité du vote blanc après la première expérience des élections européennes. Voici un extrait de sa lettre à la commission, qu'il a bien voulu nous communiquer: « Il semblerait opportun que la représentation nationale puisse être éclairée par le Gouvernement sur le bilan qui peut être fait de l’application de la loi, notamment s’agissant des objectifs poursuivis d’une meilleure information de l’expression du vote blanc à destination des électeurs et d’une utilisation facilitée de sa formulation dans les bureaux de votes. Je laisse à votre appréciation la forme la mieux adaptée pour que la commission des Lois interroge le gouvernement sur ce sujet. »

Le député Marc Dolez


14ème législature
Question N° : 59164 de M. Marc DolezGauche démocrate et républicaine - Nord ) Question écrite
Ministère interrogé > Intérieur Ministère attributaire > Intérieur
Question publiée au JO le : 08/07/2014

Texte de la question

M. Marc Dolez appelle l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la loi du 21 février 2014 qui a modifié le code électoral pour distinguer le vote blanc du vote nul. Il lui demande de bien vouloir lui communiquer le bilan de la première application de cette mesure lors des élections européennes du 25 mai 2014, sachant que paradoxalement les électeurs n'ont pas eu de bulletins blancs à leur disposition dans les bureaux de vote. C'est pourquoi il lui demande également de lui indiquer les dispositions qu'il compte prendre pour remédier à cette situation lors des prochains scrutins, en souhaitant que le vote blanc puisse le plus rapidement possible devenir un suffrage exprimé.
 
Notre questionnement soumis au ministère
 
4 questions pour un bilan des élections européennes en France

 
ET IL EST OU LE VOTE BLANC RECONNU ?
Les parlementaires et les membres du gouvernement nous ont répété pendant tout le temps de la navette entre l'Assemblée et le Sénat de la proposition de loi de l'UDI que le texte apporterait une grande satisfaction aux défenseurs du vote blanc. En le distinguant du vote nul, le vote blanc allait prendre toute sa dimension et rien ne servait de l'intégrer aux suffrages exprimés.

La première élection appliquant cette mesure vient d'avoir lieu. Un premier bilan s'impose:
-  La personne qui voulait connaître le  nombre de bulletins blancs déposés le 25 mai a-t-elle pu avoir la réponse plus vite et plus facilement qu'avant ? NON. Comme par le passé, il aura fallu attendre le lendemain et aller sur le site du ministère de l'intérieur, ce que peu de gens font. Peu de journaux auront donné l'information. Pas de progrès de ce côté là. Et que l'on ne dise pas qu'il faut le temps que cette mesure s'installe dans les habitudes. C'est plutôt cette année, quand le vote blanc connaissait cette modification, que les médias auraient dû être enclins à y porter un projecteur. Pas dans dix ans, au moment où ce même changement aura été oublié.
- Les télévisions et les radios auront-elles donné une estimation du vote blanc avant 20H et après ? NON. Si les abstentionnistes ont toujours aussi vite connu leur score, ceux qui ont voté blanc sont restés autant dans l'ignorance qu'avant. Normal quand on sait que ce vote blanc n'a aucune influence sur les résultats. Quand le vote blanc représentera plus de 50% des électeurs et l'abstention 4%, alors peut-être les médias jugeront intéressant d'afficher les estimations du premier très vite. Mais c'est un scénario inenvisageable.
 
- Connaît-on mieux le vrai résultat du vote blanc ?  NON. Aujourd'hui, on dit que le vote blanc, vertueux, est plus important que le vote nul, ordurier et ridicule. Mais sait-on que c'est un coup de dés qui en a décidé ainsi ? Si la demande des sénateurs de laisser les enveloppes vides dans la catégorie des votes nuls - soutenue par les députés UDI le 12 février en séance publique - avait été retenue, le score des bulletins blancs - papier blanc et vierge - aurait été dérisoire et celui du vote 'nul' bien plus haut. Depuis toujours, les enveloppes vides ont constitué l'essentiel des bulletins rangés dans la catégorie 'blanc ou nul'. Suivant où vous les classez vous orientez le résultat. Et pourquoi les députés ont convaincu les sénateurs de rejoindre leur position ? Parce qu'il n'était pas question de mettre à disposition des électeurs des bulletins blancs dans les bureaux de vote, la France en faillite n'ayant plus d'argent, et qu'il fallait penser à ceux qui auraient oublié de venir avec leur propre bulletin blanc. L'enveloppe vide était la sortie de secours.
- L'électeur ne se laisse-t-il vraiment pas aller à voter blanc sans raison quand on ne le tente pas avec des bulletins blancs officiels posés à côté des autres bulletins ? NON. L'info plus bas comparant la France et l'Inde développe cette réponse.

 
France 4,04%* - Inde 1,1%
 Point commun entre la France et l'Inde cette année, l'inauguration d'un vote blanc compté en tant que tel. En Inde, aux élections législatives d'avril-mai, les électeurs indiens ont trouvé sur leur bulletin une case NOTA (pour aucun des candidats). En France, le vote blanc, pour la première fois, était séparé des bulletins nuls. Dans les deux pays, ce vote 'blanc' ou 'NOTA' restait exclu des suffrages exprimés.






QUAND LA COMPARAISON EST ACCABLANTE


Il y a 70 ans, les femmes françaises devaient se préparer à aller s'inscrire sur les listes électorales. C'est le 21 avril précédent que le général De Gaulle avait signé une ordonnance dans laquelle, entre autres, le droit de vote des femmes était accordé.
69 ans et 10 mois plus tard, le 21 février 2014, nos parlementaires disaient reconnaître le vote blanc. Deux époques, deux conceptions du progrès.


Imaginons que nos parlementaires aient légiféré en 1944. Ils auraient trouvé anormal que les femmes ne puissent pas voter alors que les hommes le pouvaient. Ils se seraient dit: "C'est les ranger avec les enfants, les débiles mentaux, les prisonniers de droit commun. Inadmissible." Ils auraient donc adopté un texte disant que la femme était admise, lors des journées d'élection, à venir déposer un bulletin de vote dans l'urne, comme les hommes. Elles seraient donc distinguées des enfants, des handicapés mentaux, des prisonniers de droit commun.
Mais leur vote ne serait pas pris en compte. Vous comprenez, ce sont quand même des femmes, capables de voter n'importe comment...

C'est ce qui est arrivé au vote blanc le 21 février 2014. On l'a généreusement séparé des bulletins nuls, malfamés, mais on l'a laissé exclu des suffrages exprimés, parce qu'on ne sait jamais, si les électeurs venaient à en abuser.

Heureusement pour les femmes, en 1944, c'était Charles De Gaulle aux manettes et non François Sauvadet, Jean-Jacques Urvoas, Jean-Louis Borloo (nos grands parlementaires réformateurs de 2014) ou Manuel Valls, ministre de l'intérieur la même année.




 

Une nouveauté depuis le 1er avril

LA LOI GERARD MAJAX ENTRE EN VIGUEUR

Gérard Majax

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AVANT LE 1er AVRIL

L'enveloppe contenant un papier blanc et vierge et celle contenant deux bulletins opposés étaient rangées dans la catégorie 'blanc ou nul'.

APRES LE 1er AVRIL

L'enveloppe de gauche part dans la catégorie 'Vote blanc' tandis que celle de droite rejoint la catégorie 'Vote nul'. Il ne vous aura pas échappé en effet que le papier blanc exprime le rejet de l'offre électorale alors que les deux bulletins opposés sont une insulte à la République.

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APRES LE 1er AVRIL

Il est évident que l'enveloppe vide de gauche n'est pas le produit de l'oubli de glisser le bulletin de la part d'un électeur étourdi tandis que les mots 'vote blanc' écrits sur le bulletin sont incontestablement une erreur. L'enveloppe de gauche va au Panthéon 'Vote blanc' tandis que le bulletin de droite est relégué dans la rubrique 'Vote nul'.

AVANT LE 1er AVRIL

Tous les bulletins ci-dessus étaient censurés, annulés et finissaient à la