Plus qu’une coutume qui s’est instaurée tout naturellement au début de chaque nouvelle année, prendre de bonnes résolutions et formuler des vœux est devenu une tradition incontournable.
Je ne vais donc pas déroger à cet usage et, si je reste très mesurée avec une seule résolution et un vœu unique, je les formule avec véhémence.
En ces premiers jours de janvier, je prends donc la ferme résolution de continuer à râler tout autant que je l’ai fait en 2006 observant ainsi le précepte du talentueux André Gide qui a dit : « Quand je cesserai de m’indigner, j’aurai commencé ma vieillesse.»
Quant à mon unique vœu, parce qu’il est resté lettre morte toutes les années précédentes, je le troque contre une revendication. À l’aube de 2007, je réclame haut et fort que soit édictée et promulguée la loi pour la légitimation du vote blanc.
Déjà, je trouve que la démocratie gagnerait à voir instauré, chaque fin d’année, un référendum qui permettrait aux français de faire connaître leur indice de satisfaction sur la politique menée par le gouvernement en place :
- Les chefs d’entreprises sont bien tenus de communiquer le bilan de leur exercice annuel, eux.
Déjà, je trouve inique cette obligation pour les candidats de devoir être suffisamment fortunés pour mener une campagne électorale :
- Aucun candidat désargenté ne peut mener campagne. Jusqu’à présent, c’est beaucoup plus grâce à leurs moyens financiers que leurs compétences (dont je ne conteste pas la réalité) que les présidents élus ont gagné le droit à poser leur digne séant sur le trône de la République. Mais un doute subsiste : sait on si, depuis l’avènement de la République, les français n’ont pas été privés d’un génie de la politique pour la seule raison que son impécuniosité lui interdisait toute prétention à la candidature ?
Déjà, je trouve abusive cette contrainte faite aux candidats de réunir les signatures de 500 maires pour être en droit de mener une campagne électorale :
- Pour être candidat, il est obligatoire d’avoir l’appui de 500 maires mais le soutien demandé à ces derniers n’est homologué que par leur signature ce qui proscrit tout anonymat.
Or, si les maires sont les élus que je respecte le plus dans le paysage politique, il faut considérer que leur choix est forcément partial et influençable à partir du moment où, eux-mêmes, ont besoin d’être reconnus et approuvés par leurs administrés.
Alors, si j’ajoute à toutes mes récriminations la colère que provoque le refus de nos gouvernants de légitimer le vote blanc, il semble naturel que les accuse de bafouer la démocratie.
Récuser le vote blanc c’est refuser tout échappatoire à l’électeur qui est alors contraint de choisir entre deux candidats qui ne lui conviennent ni l’un ni l’autre. Résultat : trop souvent celui (ou celle) qui accomplit son devoir de citoyen ne vote pas pour mais contre un candidat.
(J’en profite, au passage, pour saluer un monsieur pour lequel j’éprouve beaucoup de considération : Monsieur Jean-François Kahn, le seul que j’ai entendu protester contre la dictature médiatique qui nous impose son choix de deux seuls candidats envisageables.)
La gent masculine dispose d’un moyen de contestation en refusant de se présenter devant les urnes mais ce faisant elle fait le jeu des « politicards » couards qui peuvent cacher la terreur que leur inspire le vote blanc derrière leurs vociférations pour vilipender l’incivilité des citoyens.
Quand on est une femme - et c’est mon cas - on ne peut se dérober. Quand on est une femme, s’abstenir de voter c’est faire preuve d’ingratitude vis-à-vis de toutes les suffragettes qui se sont battues pour nous obtenir ce droit, une ingratitude qui confine à la lâcheté.
Nous, les femmes, n’avons été autorisées à voter qu’à partir du 29 avril 1945 - et encore, pour des élections municipales - alors que ce droit nous était théoriquement accordé depuis le 21 avril 1944.
Les femmes de l’Île de Man (île universellement connue des… cruciverbistes
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Une française qui ne vote pas, c’est une femme qui crache sur les tombes de Jeanne Deroin, Hubertine Auclair, Marthe Bray, et Louise Weiss.
Je leur voue trop d’admiration, trop de respect, trop de gratitude pour me rendre coupable de cette profanation.
Alors, tant qu’existera cette carence en matière de loi reconnaissant le vote blanc, je me sentirai frustrée, lésée dans mes droits d’électrice. Et c’est insupportable.
Heureusement, en 2007, je pourrais continuer à admirer le site féerique de la ravissante Josya : www.lerefugedejosya.net
Claude Urbanski