Texte à méditer :  

VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

« Un homme, une voix. L’équation simple s’impose à nous avec la force de l’évidence. L’égalité devant l’urne électorale est pour nous la condition première de la démocratie, la forme la plus élémentaire de l’égalité, la base la plus indiscutable du droit. »   Pierre Rosanvallon (Le sacre du citoyen)

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Prix Vote Blanc de la Crétinerie d'Or.
CONCOURS 2017

Le prix honore chaque année des personnalités qui, par la profondeur de leur pensée, la pertinence de leurs remarques, ont réussi à démontrer que le vote blanc n'a pas lieu d'être.
 Voir plus en détails les lauréats et les candidats

Edition 2017

Lauréat collectif. C'est le slogan "Voter blanc, c'est voter Le Pen" de l'entre-deux-tours de la présidentielle.

abstentionlepen.jpg

« S’abstenir ou voter blanc, c’est voter pour Marine Le Pen » Manuel Valls BFM.TV 27 avril 2017
« C'est très grave de voter blanc. » Jean-Pierre Raffarin BFM TV
« S’abstenir ou voter blanc, c’est voter le Pen. » François Bayrou BFM TV 24 avril 2017
« L'abstention ou le vote blanc, c'est un coup de pouce à Mme (Marine) Le Pen », Alain Juppé sur son blog intitulé "Non!".
« Voter ni Macron, ni Le Pen, c’est voter Le Pen » Jean-Christophe Cambadelis 27 avril 2017

Non Messieurs, voter blanc, c'est voter en conscience, pour des convictions, ici contraires autant à celles de Marine Le Pen qu'à celles d'Emmanuel Macron. Pointer du doigt des électeurs en caricaturant leur vote c'est rendre un mauvais service et accélérer le processus que l'on dit combattre.

 

Edition 2016
(pas de prix décerné)

Edition 2015

Le vainqueur est:

LE GROUPE EELV A L'ASSEMBLEE


Même les écologistes, face à des intérêts à court terme -entrer au gouvernement - s'assoient sur leurs convictions:

AVANT: «Nous, élus écologistes, nous continuerons à œuvrer pour la reconnaissance pleine et entière du vote blanc, comme je l’ai déjà dit en commission. » Sergio Coronado (EELV), jeudi 28 novembre 2013, Assemblée nationale.

AUJOURD'HUI: « Certes, les bulletins blancs ne sont toujours pas intégrés aux suffrages exprimés, mais ils sont désormais comptabilisés et communiqués séparément des bulletins nuls lors de la proclamation des résultats.» Proposition de loi du groupe écologiste à l’Assemblée, mars 2015

La réforme électorale du 21 février 2014, jugée très insuffisante par les écologistes pendant les débats au parlement, est considérée suffisante aujourd'hui (!!!).

 

VAINQUEUR 2014

«Si le menu de la cantine ne te plaît pas, passe de l’autre côté du zinc et cuisine toi-même! Et si tu ne veux pas accepter de prendre des responsabilités, milite pour le système politique le plus exigeant du monde: l’anarchie.» Charb, Charlie Hebdo, 13 décembre 2013.


Voir les autres candidats de l'édition 2014

Lauréat de l'édition 2013:

Pour la première fois, l'Association remet un prix à un collectif. L'UDI a amplement mérité le titre 2013 suite à sa magistrale initiative parlementaire, préparée de longue date et criante de cohérence. Lire le détail de cette candidature.

Lauréat de l'édition 2012: «En tout état de cause, même s'il y avait 40 millions  de votes blancs, il faudrait bien que quelqu'un soit élu.» Guy Carcassonne, constitutionnaliste vénéré, France-Info, 8 mai 2012. 39 999 999 bulletins blancs, un vote X: c'est X qui est élu !!!

Lauréat de l'édition 2011: «Ceux qui souhaitent comptabiliser les bulletins blancs ont une idée derrière la tête : démolir la république et l'Etat, mais sans dire au profit de qui ou de quoi.... » Michel Charasse, clown politique que l'on ne présente plus, La Montagne.fr, 19 août 2011.

Le vote blanc en 2017

Présidentielle

1er tour: 0 944 733 (2,55%)

2nd tour: 4 085 724 (11,52%)


Législatives

1er tour: 0 513 344 (2,21%)
2nd tour: 1 988 549 (9,86%)
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Bons conseils

SAUVÉS DE L'OUBLI !

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Le vote blanc en deuil
IL N’A PAS VOULU VOIR CA

caillavet.jpg
 

Le 27 février 2013, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient au sénat en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.

Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc.
Lire les propositions de loi

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In French Election, Voters Can Choose Le Pen, Macron—Or No One

Activists are pushing for blank protest votes to be included in official election tallies


By Max Colchester and David Gauthier-Villars – Updated May 5, 2017


(...)

Olivier Durand, a longtime backer of the white-ballot cause, says attempts to blame or shame white-ballot voters amount to “a stupid strategy” and “a source of future bitterness.”

The concept of blank protest votes isn’t unique to France.

In India, the world’s largest democracy, voters can now choose “none of the above” in national elections. In the U.S., Nevada allows voters to check a special box when they favor none of the candidates on the ballot. Those votes have no practical effect on the outcome, however.

In France, there has been some support among mainstream politicians for changes to the voting system, which is geared to winnow a field of candidates and produce a winner with a clear majority.

The French parliament in 2014 passed a law mandating that blank ballots be counted and the totals published alongside election results. But the legislation didn’t incorporate the white ballots into the official tallies that affect the outcome of elections.

(...)

 

Mr. Durand’s Association for the Recognition of the White Ballot, has designed a special ballot that anyone voting in the Sunday presidential election can use. It contains a brief explanation of the importance of the white balloting.

One person who won’t be using the customized ballot is Mr. Durand, who plans to vote for an actual candidate, although he wouldn’t say who he will back.

“When you’re lucky enough to have found a candidate, you must vote,” he said.



 

,

Vote blanc, "vote gris" et "deuxième bulletin" face au choix Macron-Le Pen

Présidentielle 2017

(...)

La retraitée ajoute qu'elle voterait "davantage blanc", si ce vote était reconnu, comme le réclame l'Association pour la reconnaissance du vote blanc, qui revendique 300 membres.

Selon le président de cette association, Olivier Durand, malgré la "culpabilisation" des électeurs, il pourrait y avoir entre 6% et 11% de votes blancs et nuls dimanche. (...)

© 2017 AFP
Lire l'article entier
 


Duel Macron-Le Pen

Abstention, vote blanc, vote nul: la tentation du «sans nous!» au second tour

Jean-Jérôme Bertolus Irène Inchauspé 26 Avril 2017 à 07h15

Finie la dramatisation de 2002! Le FN ne fait plus vraiment peur. Par stratégie, dégoût ou désintérêt, les électeurs pourraient bouder le second tour. Avec quelles conséquences ?


Abstention, vote blanc, vote nul: la tentation du «sans nous!» au second tour
 

 
Les faits — Ni Les Républicains, ni Jean-Luc Mélenchon n’ont appelé à voter Emmanuel Macron qui n’a pas, lui-même, dramatisé la présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Un climat qui n’incite guère les électeurs qui n’ont pas voté pour lui à voler au secours de sa victoire. Certains envisagent donc de voter blanc ou nul ou d’aller à la pêche le 7 mai.

Ce n’est pas vraiment une « drôle de guerre », mais déjà un « drôle d’entre-deux tours ». Marine Le Pen est au second tour de l’élection « reine » en France, la présidentielle ? Personne ne semble franchement s’en émouvoir. Au Front national, on s’étonne même qu’il n’y ait pas de manifestations monstres, comme en 2002, lorsque le père de la candidate s’était retrouvé dans la même situation. Déjà, après le très bon score du FN lors des élections régionales de décembre 2015, François Hollande avouait sa stupéfaction face à l’absence de réaction en France, se remémorant les 400 000 manifestants à Paris treize ans plus tôt. « Il n’y a pas eu de prise de conscience de ce qui s’est passé dimanche. Tout le monde a regardé le résultat avec un ordre d’arrivée et on a oublié que c’était quand même Marine Le Pen qui était au deuxième tour », expliquait-il encore mardi, en marge d’un déplacement à Laval. Une leçon aux électeurs ? A Emmanuel Macron ?

Aucune tonalité dramatique en effet dans le discours du candidat d’En Marche !, au soir du premier tour. « C’est comme si Emmanuel Macron affrontait un concurrent de l’arc républicain », note Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. « On a vu un candidat faire la fête. Il faudrait qu’il nous aide un peu s’il veut que l’opinion rejoue la grande peur de 2002, ajoute Jérôme Sainte-Marie, président de Polling Vox. Avec un tel comportement, il ne donne pas envie de voler au secours de sa victoire. »

Anti-système. « On n’oublie rien de rien, on s’habitue c’est tout », chantait Jacques Brel. Après tout, chacun des candidats à la fonction suprême, y compris Emmanuel Macron, affirmait être « anti-système », reprenant un thème cher au Front national. Rien de tel pour banaliser sa candidate et inciter tous les électeurs à « faire turbuler » le cadre politique classique. « Le Front national s’est institutionnalisé. Il fait désormais partie du paysage politique et médiatique », observe Frédéric Dabi. Election après élection, le FN est dans les urnes et sur les plateaux de télévision. La qualification de Marine Le Pen pour la finale était dans toutes les têtes et prévue de longue date par les sondages. « Le fait qu’elle n’arrive pas première est apparu paradoxalement comme un soulagement, juge François Gemenne, chercheur en sciences politiques à l’université de Liège. Les gens se disent que c’est plié ».

A gauche, beaucoup redoutaient surtout la qualification de François Fillon face à Marine Le Pen. Une fois les résultats connus, les socialistes ont donc tous appelé à voter Emmanuel Macron. La routine. Rien à voir avec la dramatisation de Manuel Valls en 2015, qui plusieurs semaines avant le premier tour, évoquait déjà l’hypothèse d’un retrait des listes socialistes en cas de risque FN. Du côté des Républicains, on a préféré la sauvegarde de l’unité, voire pour certains la tactique, au grand principe édicté par Jacques Chirac. Le 24 avril, à l’issue d’un débat houleux, le bureau politique de LR a accouché d’un bref communiqué appelant « à voter contre Marine Le Pen ».

Très divisée, la droite républicaine n’appelle donc pas à voter explicitement pour Emmanuel Macron, et si elle précise que « l’abstention n’est pas une solution », elle autorise le vote blanc. « Les législatives sont proches. Il est difficile pour LR de mettre beaucoup d’ardeur à se battre pour Emmanuel Macron, alors que quelques jours après le deuxième tour, le parti se retournera contre lui sur le terrain », observe Roland Cayrol, directeur de recherche associé au Cevipof.
Alors qu’Emmanuel Macron pourrait déjà avoir fait le plein de « vote utile » au premier tour, les reports de voix traduisent ce drôle d’entre-deux-tours. « A gauche, l’électorat est devenu hybride, alors que ce n’était pas le cas en 2002 », analyse Emmanuel Rivière, directeur général de Kantar France (Sofres). Le 25 avril, dans son dernier baromètre, pour Fiducial et Paris Match, l’Ifop mesure ainsi que 48 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon au premier tour devraient se porter sur Emmanuel Macron, mais 33 % pourraient s’abstenir et 19 % se porter sur Marine Le Pen. A droite, le désarroi est aussi palpable. 47 % des électeurs de François Fillon au premier tour se porteraient sur Emmanuel Macron mais 27 % devraient s’abstenir et 26 % choisir le FN.

Participation. Reste donc la question essentielle de la participation. Sous la Ve République, à l’exception de 1969, elle a toujours été plus forte au deuxième tour qu’au premier. « En 2002, près de 2 millions d’électeurs supplémentaires s’étaient déplacés lors du deuxième tour, explique Emmanuel Rivière. Cette fois-ci, que vont faire par exemple les électeurs de Mélenchon ? Voter blanc ? Remettre un bulletin Mélenchon dans l’urne ou s’abstenir ? ». Comme si, près d’un demi-siècle après, le « bonnet blanc et bonnet blanc » de Jacques Duclos, le candidat communiste, pourrait retrouver de la vigueur.

« Nous ressentons le même matraquage qu’en 2002, explique Olivier Durand, président de l’Association pour le vote blanc. Celui-ci serait un vote irresponsable, dangereux, démocraticide. Si l’un des deux candidats convient à l’électeur, tant mieux, sinon il doit pouvoir voter blanc plutôt qu’à contrecœur pour l’un d’entre eux. »

Sur Twitter, la formule « on me demande de faire barrage, mais je ne suis pas un castor » rencontre un réel succès. Certains estiment que le sursaut républicain de 2002 n’a pas servi à grand-chose. Même si Jacques Chirac avait alors prononcé un discours empreint de gravité, rien n’a été fait pendant son mandat pour endiguer la montée du FN. Et ceux qui lui ont succédé n’ont pas fait mieux, voire pire en allant chasser sur ses terres. « On ne nous aura pas deux fois », concluent ceux qui rejettent la consigne du vote Macron comme une injonction venant surtout de l’establishment.

« Tant que les sondages donnent 60 % des voix pour Emmanuel Macron et 40 % pour Marine Le Pen, il n’y aura pas de forte mobilisation, estime Jérôme Sainte-Marie. Si les scores se resserrent, en revanche, cela pourrait démarrer ». Dans les deux cas, même avec un FN à 40 %, le nouveau président de la République ne devrait plus avoir très envie de faire la fête.
 
 


Challenges, l'actualité de l'économie, de la finance, de l'entreprise et les échos de la Bourse
Présidentielle 2017

Présidentielle 2017: Pourquoi voter blanc ne sert toujours à rien en France

Le 23.04.2017

Adrien Schwyter

Malgré sa distinction du vote nul depuis 2014, le vote blanc n'est toujours pas pris en compte lors des suffrages exprimés. Une infantilisation des électeurs qui permettrait pourtant de réduire l'abstention et de récupérer des électeurs contestataires qui se tournent vers des choix radicaux.


Le vote blanc ne sert toujours à rien en France

Depuis une loi de 2014, le vote blanc est désormais compté séparément du vote nul lors des élections françaises. AFP Un électeur est un enfant. Si on lui donne un nouveau jouet, il va l'utiliser. Quitte à préférer le nouveau à l'ancien. Telle serait la logique de l'absence de la reconnaissance du vote blanc dans les suffrages exprimés à écouter Jérémie Moualek, chercheur en sociologie politique qui finalise une thèse sur le vote blanc et nul. Après avoir analysé plus de 16.000 bulletins blancs et nuls, le chercheur considère que "l'infantilisation des électeurs va jusque dans l'absence de mise à disposition de bulletins blancs dans les bureaux de vote". Le vote blanc monte dans l'opinion progressivement depuis le début de la Vème République en 1958. Une soixantaine de propositions de lois ont été déposées en vue de sa reconnaissance. Un Français sur quatre se déclare prêt à voter blanc au premier tour de l'élection présidentielle selon un récent sondage. Et pourtant ce vote reste non identifié. 

"Peu importe le moyen"

Car si beaucoup sont aujourd'hui tentés par le vote blanc, peu savent en réalité de quoi on parle. "Depuis la loi de 2014, une distinction s'opère désormais entre le vote blanc et le vote nul, précise Jérémie Moualek. Sauf que dans les faits cette distinction est artificielle. Il n'existe pas de définition du vote blanc. Indirectement, on peut en déduire que pour qu'un vote soit compté blanc, il faut soit que l'enveloppe soit vide, soit qu'il y ait un bulletin blanc, du même format et du même grammage de papier qu'un bulletin d'un candidat". Des caractéristiques à la fois tellement spécifiques et tellement floues qui laissent une libre part à l'interprétation de chaque bureau de vote. "Qu'est ce que la couleur blanche? Cela dépend de bon nombre de papiers. Cela crée une inégalité entre électeurs car tout dépendra de la manière dont chaque bureau de vote analysera la chose. De plus une enveloppe vide fait encourir le risque pour l'électeur que son choix soit remarqué par les assesseurs". Un raisonnement global, à l'exception d'un vote sur une machine électronique où une case "vote blanc" est possible, système utilisé dans plus de 60 communes françaises. Ainsi selon le chercheur, la distinction instaurée par la loi du 21 février 2014 n'aurait en pratique aucune valeur. "La loi voulait donner une certaine reconnaissance symbolique au vote blanc. L'expression n'existait même pas dans le Code électoral. Sauf que comme on ne veut pas que la légitimité des personnes élues soit mise à mal en prenant en compte les bulletins blancs dans les suffrages exprimés, on crée une distinction artificielle entre vote blanc et nul qui n'a aucun sens. Du coup, l'élection répond surtout à un but: faire élire des gens. Peu importe ce qui est pour les citoyens l'occasion de faire valoir son opinion. L'élection est considérée uniquement sous le prisme d'instrument de légitimation du pouvoir, un outil de régulation de l'expression populaire qu'il faut faire rentrer dans le cadre dicté par le pouvoir".

L'électeur, un être immature ...

Olivier Durand, président de l'association pour la reconnaissance du vote blanc depuis 1994 partage cet avis. "La loi de 2014 est ridicule. Elle a compliqué inutilement la question. Elle crée une différence qui n'existe pas car les votes nuls sont, dans l'esprit, des votes blancs. Ainsi cela permet d'affaiblir le vote blanc en lui enlevant les nuls".  La relation qu'entretiennent les gouvernements successifs avec le vote blanc sont significatives sur la relation du citoyen avec l'élection. "Si on opte pour le vote blanc, on ne choisit pas, développe Jérémie Moualek. Du coup, le système électoral impose de s'auto-contraindre à choisir. Ainsi voter, c'est voter dans les normes, c'est choisir un bulletin standard, alors qu'avant 1913, une personnalisation demeurait possible". "Depuis 100 ans, on considère l'électeur comme un être immature, abonde Olivier Durand. Reconnaître réellement le vote blanc, ce serait faire confiance au citoyen, en montrant qu'il est un acteur important".

Lire l'article original



Image illustrative de l'article L'Opinion (quotidien français)

40% des Français prêts à voter blanc

D’humeur « dégagiste », les Français plébiscitent le vote blanc: 86 % d’entre eux souhaitent qu’il soit comptabilisé dans les suffrages exprimés, selon un sondage Ipsos pour Synopia et l’Opinion

KAK

L’Opinion révèle en exclusivité un sondage réalisé par Ipsos pour le think tank Synopia, présidé par Alexandre Malafaye, sur les « Français et le vote blanc ». Très favorables à cette option, une part significative des électeurs démontrent que l’offre politique présentée durant la campagne ne les satisfait pas.

INDÉCIS, EN COLÈRE, DÉGOÛTÉS : 40 % des Français ne savent toujours pas pour qui voter lors de l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai, ni même s’ils se déplaceront le jour du scrutin. Du jamais vu en France à un mois du scrutin. Et selon un sondage réalisé par l’Ifop pour Synopia que l’Opinion révèle en exclusivité, 40% des Français voteraient blanc lors du premier tour aujourd’hui s’ils en avaient la possibilité. Ils étaient seulement 26 % en 2014. La question posée précise bien qu’il s’agit d’un « vote blanc pris en compte en tant que suffrage exprimé avec capacité de rejet de l’élec- tion et des candidats au-delà d’un certain seuil ». Autrement dit, le vote blanc utilisé comme variante du « dégagisme », cette « volonté de sortir les sortants » qui a déjà fait de nombreuses victimes et alimente les extrêmes.

Forme civique de neutralité. « Aujourd’hui, une pétition en faveur du vote blanc a déjà recueilli 230 000 signatures, c’est la première fois qu’une telle démarche a autant de succès, explique Olivier Durand, de l’Association pour la reconnaissance du vote blanc. Certains candidats à l’élection présidentielle ont même inscrit l’idée à leur programme ». Il s’agit notamment de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat socialiste a déclaré le jeudi 16 mars, lors de la présentation de son programme à la Maison de l’Architecture, qu’il organiserait un référendum sur la question le 18 juin, s’il est élu. Quant au candidat de La France insoumise, il est favorable au vote obligatoire avec sa « contrepartie », la reconnaissance du vote blanc.

Un premier pas a déjà été fait par la loi du 21 février 2014 « visant à reconnaître le vote blanc », qui entérinait le principe selon lequel ce type de suffrage n’avait rien à voir avec le vote nul. Le premier est manifestement apparenté à une forme civique de neutralité, tandis que le « vote nul » est supposé provenir de citoyens distraits et/ou imbéciles. Considéré comme plus « nobles », les votes blancs ne sont pas pour autant pris en compte dans les suffrages exprimés. Autant dire qu’ils ne servent pas à grand-chose.

Si les promoteurs de la loi de 2014 pensaient que leur simple comptabilisation – il est aujourd’hui possible de voter blanc au moyen d’enveloppes vides – permettrait d’enrayer l’abstention, c’est raté. « Ce que nous mesurons aujourd’hui, et qui n’est pas assez pris en compte, c’est la possibilité d’un taux d’abstention su-

périeur à 30%, ce qui serait colossal par rapport au taux record de 20 % observé en 2012, affirme Brice Teinturier, directeur général de l’institut Ipsos et auteur du livre Plus rien à faire, plus rien à

foutre. Dans la population “Praf”, il existe un profond désengagement à l’égard de la politique, à la fois des personnes et de leur capacité à dégager des résultats positifs. A cette tendance de fond, qui explique en partie l’abstention, s’ajoute un facteur conjoncturel, celui des affaires qui peut aussi décourager les électeurs. »

Quel serait donc l’effet de la prise en compte des votes blancs dans les suffrages exprimés ? « C’est le seul moyen de récompenser celui qui va faire l’effort de se déplacer pour voter plutôt que d’aller à la pêche, estime Roland Courteau, sénateur socialiste de l’Aude qui a déposé deux propositions de loi en ce sens en 2015. Cela permettrait de dégonfler le nombre des abstentionnistes et limiterait peut-être aussi les votes protestataires qui alimentent les extrêmes. »

Logique du dégagisme. L’un des enseignements du sondage Ifop pour Synopia est en effet que si le vote blanc servait vraiment à quelque chose, ce sont Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen qui en pâtiraient le plus ! Ainsi, 44 % de ceux qui ont l’intention aujourd’hui de voter pour le premier préféreraient voter blanc. Et ils sont 35 % parmi l’électorat de Marine Le Pen. « C’est cohérent avec le fait que ceux qui votent pour les extrêmes ne le font pas tous sur un “coup de coeur” mais, pour une partie non négligeable, pour mettre un “coup de balai”, explique Alexandre Malafaye, président de Synopia. Ils sont dans la logique du dégagisme, ce qui n’est pas le cas chez François Fillon, puisque seuls 21% de ses électeurs préféraient voter blanc ».

Jusqu’ici, le processus d’une vraie reconnaissance du vote blanc, enclenché dans les années 1990, se heurte à de nombreux obstacles. « Prendre en compte les votes blancs reviendrait à amoindrir le score des candidats, juge Jérémie Moualek, chercheur en sociologie politique. Jacques Chirac en 1995 et François Holllande en 2012 n’auraient pas eu plus de 50 % s’ils avaient été comptés dans les suffrages. »

Roland Courteau a prévu cela dans sa proposition de loi constitutionnelle, qui consisterait à modifier l’article 7 de la Constitution, afin qu’au second tour de la présidentielle, le vainqueur puisse être élu à la majorité relative. « Ce serait une réforme institutionnelle de grande ampleur dont je ne suis pas sûr qu’elle fasse partie des priorités à court terme, juge Bruno Cautres, chercheur CNRS au Cevipof. En plus, la comp- tabilisation du vote blanc se double en général du vote obligatoire, ce qui me semble inimaginable aujourd’hui. » Pour Brice Teinturier, il n’est absolument pas démontré que la comptabilisation des votes blancs permettrait d’aboutir à un taux de participation de 90 %. « Cela ferait écho à ceux qui s’abstiennent parce qu’ils ne sont pas satisfaits de l’offre politique, juge-t-il. Mais on sait aussi que ce sont les plus jeunes, les plus précaires, les moins diplômés qui votent le moins de toute façon. » Ce n’est sans doute pas dans un futur proche que le vote blanc permettra d’exprimer la colère noire des Français.




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Olivier Durand, président de l'association pour la reconnaissance du vote blanc

"C'est très ingrat de défendre le vote blanc", explique le créateur et président de cette association née il y a 23 ans qui regroupe près de 300 adhérents. Association récemment quelque peu médiatisée car elle a estimé que l'affaire Fillon, si elle avait entraîné la défection du candidat de la droite et du centre, justifiait encore davantage cette reconnaissance. "On se fait renvoyer en touche très facilement et le résultat je ne sais pas si un jour je le verrai !", regrette-t-il. Et d'ajouter qu'il y a toute une série d'arguments techniques, de questions sur la représentativité et d'idées reçues, comme cela vient de mauvais citoyens. "Tout cela c'est de l'inquiétude, du mystère, donc la réponse est non." Olivier Durand est plus sceptique que Stéphane Guyot sur l'influence possible du vote blanc par rapport à l'abstention : "parce que l'abstention est quand même très forte et un abstentionniste fait quand même plus parler de lui en ne votant pas qu'en votant blanc. Mais une reconnaissance donnerait le message aux citoyens qu'on leur fait confiance, que finalement on compte sur eux et que c'est eux qui ont le pouvoir le jour d'une élection. Ce serait un bon message qui permettrait de relancer l'espoir que l'on peut mettre dans une élection. Le fait de se sentir entendu."

 


Notre analyse sur le vote blanc à l'étranger.



Actualités Politique, Monde, Economie et Culture - L'Express  Accéder à l'article

Par AFP , publié le , mis à jour à
François Fillon sur le stand de Terrena au salon de l'agriculture à Paris, le 1er mars 2017

François Fillon sur le stand de Terrena au salon de l'agriculture à Paris, le 1er mars 2017

afp.com/THOMAS SAMSON

Paris - Une association affirme jeudi que l'affaire Fillon justifie la reconnaissance du vote blanc, dans l'hypothèse où le candidat de la droite retire sa candidature présidentielle.

"Et si François Fillon retirait sa candidature et que le parti Les Républicains se retrouvait sans candidat, que pourraient faire les Français qui aujourd'hui encore accordent leur soutien au vainqueur de la primaire de la droite et du centre'", demande dans un communiqué l'Association pour la reconnaissance du vote blanc. 

"Il leur resterait l'abstention ou... le vote blanc, si celui-ci était un suffrage exprimé", poursuit-elle.

Ce vote blanc "leur permettrait de se compter, de peser malgré l'absence d'un candidat mais, surtout, de voter en conscience", ajoute l'association, qui estime que "le vote blanc doit devenir un suffrage exprimé pour une question de respect d'une des valeurs essentielles de la République, un homme/une voix, mais aussi parce qu'il a du sens et de l'utilité au moment d'une crise". 

Elle ajoute qu'au second tour de la présidentielle de 2002, qui a vu Jacques Chirac l'emporter sur Jean-Marie Le Pen, par 82% contre 18%, "beaucoup de gens de gauche auraient déjà aimé avoir à disposition un vote blanc vraiment reconnu". A l'époque 5,39% des votants avaient mis dans l'urne un bulletin blanc ou nul. 




    TV5MONDE


Européennes: progression des votes blancs, pour la 1re fois comptés à part

Paris (AFP) - 26.05.2014

voir le zoom : Des enveloppes contenant des bulletins de voteDes enveloppes contenant des bulletins de vote afp.com - Rémy Gabalda

Les votes blancs, comptés à part pour la première fois, ont représenté 2,8% des votants aux élections européennes de dimanche, et le total des blancs et nuls a atteint 4%, nettement plus que lors de précédents scrutins comparables.

Une loi votée en février à l'initiative du député UDI François Sauvadet sépare désormais, dans la présentation des résultats, les votes blancs (y compris les enveloppes vides) des votes nuls (bulletins raturés, griffonnés ou déchirés, par exemple). En revanche, ils ne sont pas pris en compte dans les suffrages exprimés.

Dimanche, les votes blancs ont été environ deux fois plus nombreux que les nuls: 548.554 (2,78% des votants), contre 248.950 (1,26%).

Au total, on compte 797.504 votes blancs et nuls, représentant 4,04% des votants, un pourcentage nettement supérieur à celui des européennes de 2009 (1,75%) ou du premier tour des présidentielles de 2012 (1,92%).

Ces deux derniers scrutins constituent de meilleurs points de comparaison que le deuxième tour de la présidentielle de 2012, où les blancs et nuls ont grimpé jusqu'à 5,8%, le duel François Hollande-Nicolas Sarkozy rebutant des électeurs de candidats éliminés au premier tour, en premier lieu Marine Le Pen.

De même, le taux élevé (5,5%) au premier tour des municipales de mars dernier peut s'expliquer par les 3.000 communes où se présentaient une seule liste: le bulletin blanc ou nul était alors le seul moyen d'exprimer un vote hostile aux candidats.

Dimanche, la reconnaissance légale des votes blancs a donc fait croître leur nombre, même si les modalités pratiques n'étaient pas simples: les électeurs devaient les apporter eux-mêmes (aux bonnes dimensions!), à moins de savoir qu'ils pouvaient ne rien glisser dans l'enveloppe.

Régionalement, les votes blancs ont été les moins nombreux en Ile-de-France (1,85%) et dans le sud-est (2,34%), alors qu'ils ont dépassé 3% dans les autres circonscriptions métropolitaines. Et c'est seulement en Outre-mer que l'on compte un peu plus de bulletins nuls que de blancs.

Les défenseurs du vote blanc défendent l'idée qu'il permet de lutter contre l'abstention car il "donne envie de voter, que l'on soit ou non satisfait par le choix proposé", selon les termes de l'ancien auteur phare des Guignols, Bruno Gaccio, militant de cette cause devenu l'un des cofondateurs du parti Nouvelle Donne.

Plusieurs mouvements veulent aller plus loin, en réclamant la prise en compte des bulletins blancs dans les suffrages exprimés, refusée par les parlementaires notamment parce qu'elle compliquerait la répartition des sièges dans une élection à la proportionnelle (à qui reviendrait le ou les sièges gagnés par les "blancs" ?).

Pour se faire entendre, ces protestataires ont paradoxalement appelé à... ne pas voter blanc. L'association du vote blanc a ainsi demandé à ses sympathisants de mettre dans l'enveloppe un bulletin imprimé du slogan "Ceci est un bulletin blanc" et protestant contre l'exclusion des suffrages exprimés, donc un bulletin nul.
[Erreur journalistique: l'Association pour la reconnaissance du vote blanc n'a jamais 'demandé' à ses adhérents de déposer le bulletin mis en ligne. Chacun faisait comme sa conscience le lui suggérait et ceux qui voulaient voter blanc pouvaient choisir notre bulletin blanc militant.]

 


RMC
21 mai 2014

Européennes: le vote blanc reconnu, bonne idée?

Les élections européennes auront lieu dimanche dans l'Hexagone. Et pour la première fois, le vote blanc sera reconnu. Le but : faire revenir vers les urnes les abstentionnistes et les déçus. Et cela a fait revenir Fabien vers le vote. Concrètement, la reconnaissance du vote blanc signifie qu'il sera comptabilisé à part, et non plus mélangé au vote nul. Le vote blanc ne sera cependant toujours pas considéré comme un suffrage exprimé et ne pèsera donc pas sur le résultat du vote. Il y a quelques mois, il ne comptait pas aller voter pour les européennes. Mais cette loi va tout changer, dimanche il ira voter blanc : "Nul, blanc abstention, c'etait le même paquet. Et ça je considérais que ce n'était pas normal. Là, on rentre dans une democratie un peu plus importante plutôt que de voter entre la peste et le cholera. Je suis pro européen mais je ne m'identifie pas à un des partis. Donc je vote blanc". 
Mais pour Olivier Durand, president de l'association pour la reconnaissance du vote blanc, cette loi ne va pas assez loin elle est même nuisible au vote blanc. "Il faut que ce soit un suffrage exprimé, c'est à dire qu'il doit compter comme un vote pour un candidat. Le fait de le séparer des votes nuls l'affaiblit. 90% des gens qui votaient nul, dans l'esprit, votaient blanc. On va avoir des pourcentages très faibles pour les bulletins balncs et c'est pour cela qu'on n'est pas satisfait". Il demande donc la mise en place d'un bulletin blanc officiel pour que l'électeur ne se trompe pas lorsqu'il veut exprimer son mécontentement.




6 mai 2014

Européennes : le vote blanc peut-il bousculer le scrutin ?

Par Gaétan Supertino

Publié le 6 mai 2014 à 12h54Mis à jour le 7 mai 2014 à 10h28

 
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Les votes blancs vont être reconnus. Mais ils ne seront toujours pas décomptés dans les suffrages exprimés. Et ailleurs ? © REUTERS

DISPOSITIF - Pour la première fois en France, le vote blanc sera comptabilisé. Cela va-t-il changer quelque chose ?

Il reste moins de 20 jours avant le scrutin des élections européennes. Et ceux qui n'ont toujours pas opté pour les candidats officiellement déclarés auront, pour la première fois, une nouvelle alternative : le vote blanc. Une loi, votée en février dernier et s'appliquant pour la première fois le 25 mai, lui donne une reconnaissance officielle. Et certains ont déjà fait savoir leur préférence.

"Face à une offre politique de crise, inefficace et dangereuse", le Mouvement unitaire progressiste (MUP), le parti de l'ex-communiste Robert Hue, appelle ainsi à voter blanc "sans complexe", selon le Journal du Dimanche. Mais voter blanc aura-t-il vraiment une influence sur le scrutin ? Fonctionne-t-il chez nos voisins européens, qui élisent aussi leurs eurodéputés ?

Ce qui a changé... Depuis 1852 et jusqu'au 1er avril dernier, le vote blanc était assimilé au vote nul. En clair, les électeurs qui glissaient un bulletin sans nom ou une enveloppe sans bulletin étaient comptabilisés comme ceux qui faisaient des ratures sur leur bulletin ou écrivaient n'importe quoi dessus. Mais depuis l'entrée en vigueur de la loi votée en février, le vote blanc est séparé du vote nul. Il y aura donc deux lignes distinctes lors de la proclamation des résultats. "Les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au procès-verbal. (...) Une enveloppe ne contenant aucun bulletin est assimilée à un bulletin blanc", indique la loi.
 

À quoi ça sert ? La portée est donc avant tout symbolique, car le vote blanc n'est toujours pas comptabilisé dans les suffrages exprimés. En clair, il ne peut pas faire annuler un scrutin, même s'il arrive en tête. La nouvelle loi permettra, en revanche, de connaître précisément le nombre de personnes qui ont décidé de voter blanc. Aux hommes politiques d'en tenir compte ensuite. Voter blanc, c'est "donner son opinion", "exprimer un mécontentement", "exercer une pression politique" ou encore participer alors que "l'abstention, ça veut dire qu'on n'a plus d'espoir", peut-on lire dans Le vote blanc: pour un suffrage vraiment universel, d'Olivier Durand, président de l'Association pour la reconnaissance du vote blanc, cité par L'Express.

Une loi qui ne convainc pas grand monde. La même association regrette toutefois que la reconnaissance du vote blanc s'arrête à cette portée symbolique. "Je m'intéresse à l'acte électoral et je tiens à faire savoir que les candidats […] ne correspondent pas à ce que j'attends […]. Je demande que les bulletins blancs soient intégrés dans les suffrages exprimés", écrit-elle sur son site.

Comment cela se passe ailleurs ? Les élections européennes s'organisent en fonction des règles électorales nationales.Or, la plupart des pays ne reconnaissent pas le vote blanc. Plusieurs États l'ont toutefois reconnu, au moins partiellement. Comme le résume L'Express, l'Italie, les Pays-Bas, l'Espagne ou la Suède ont une législation à peu près similaire à la France. Mais dans aucun pays, le vote blanc aura une influence directe sur le scrutin des européennes....





1er avril 2014

28 mars 2014

Lire l'article



 

Elections: voter blanc, ça ne compte (presque) plus pour des prunes

Par , publié le

A compter du 1er avril 2014, le vote blanc va bénéficier d'une certaine reconnaissance, sans pour autant être comptabilisé dans les suffrages exprimés. Qu'est-ce que cela signifie exactement pour les prochaines élections? 


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/elections-voter-blanc-ca-ne-compte-presque-plus-pour-des-prunes_1501416.html#vmW4gB0D8013oHh9.99

Elections: voter blanc, ça ne compte (presque) plus pour des prunes

Par , publié le 19/03/2014

A compter du 1er avril 2014, le vote blanc va bénéficier d'une certaine reconnaissance, sans pour autant être comptabilisé dans les suffrages exprimés. Qu'est-ce que cela signifie exactement pour les prochaines élections?

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Elections: voter blanc, ça ne compte (presque) plus pour des prunes

Par , publié le

A compter du 1er avril 2014, le vote blanc va bénéficier d'une certaine reconnaissance, sans pour autant être comptabilisé dans les suffrages exprimés. Qu'est-ce que cela signifie exactement pour les prochaines élections? 


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/elections-voter-blanc-ca-ne-compte-presque-plus-pour-des-prunes_1501416.html#p2zTYMgfGxQXTJ7Q.99

Elections: voter blanc, ça ne compte (presque) plus pour des prunes

Par , publié le

A compter du 1er avril 2014, le vote blanc va bénéficier d'une certaine reconnaissance, sans pour autant être comptabilisé dans les suffrages exprimés. Qu'est-ce que cela signifie exactement pour les prochaines élections? 


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/elections-voter-blanc-ca-ne-compte-presque-plus-pour-des-prunes_1501416.html#p2zTYMgfGxQXTJ7Q.99

Une reconnaissance, mais quelles conséquences politiques?

Voter blanc, c'est "donner son opinion", "exprimer un mécontentement", "exercer une pression politique" par ce vote neutre, ou encore participer alors que "l'abstention, ça veut dire qu'on n'a plus d'espoir". Ces témoignages ont été recueillis dans le petit ouvrage d'Olivier Durand, président de l'Association pour la reconnaissance du vote blanc, intitulé Le vote blanc: pour un suffrage vraiment universel. Députés et sénateurs, tous partis confondus, y voient un "acte délibéré et positif" ou encore un "thermomètre de la démocratie", qu'il était "choquant" d'ignorer jusqu'à présent. Cet amalgame désespérait en effet les partisans du vote blanc. 

Le but est donc d'encourager le civisme, de redonner de la valeur au geste de l'électeur qui se déplace et vote... Soit: faire reculer les autres formes de contestation lors des scrutins, qu'il s'agisse de l'abstention ou des votes extrêmes. Il est peu étonnant de voir ce serpent de mer aboutir dans un contexte marqué par la volonté de renforcer la transparence de la vie publique après l'affaire Cahuzac. Et sur fond d'autres affaires qui nourrissent le "dégoût" des Français, d'après de récents sondages.
(...)

Faut-il aller plus loin et comptabiliser les votes blancs dans les suffrages exprimés?

Tant qu'il n'est pas comptabilisé dans les suffrages exprimés, "1 Vote Blanc = 1 Vote Nul = 1 Abstention". "Aucune conséquence juridique significative n'est attribuée à cette timide reconnaissance", renchérit Charles-Edouard Senac, maître de conférences en droit public à l'Université de Picardie cité par l'Association pour la reconnaissance du vote blanc. Pour lui, "on prend les électeurs pour des pions" dans cette affaire, en n'allant pas au bout de la démarche et en ne comptabilisant pas le vote blanc comme le vote "valable" pour le candidat A ou le candidat B.  

Aux yeux de ce juriste, "la stigmatisation persistante du vote blanc comme vote déviant" est marquée par l'absence de bulletin blanc mis à disposition des électeurs dans les bureaux de vote. Le Parlement en a en effet débattu avant d'y renoncer. Les députés estimaient notamment que cela "serait coûteux et inciterait à voter blanc". Du coup, l'Association pour la reconnaissance du vote blanc met à disposition des internautes un modèle de bulletin blanc sur son site. 

L'Association pour la reconnaissance du vote blanc met à disposition des internautes un modèle de bulletin blanc sur son site.

 

L'Association pour la reconnaissance du vote blanc met à disposition des internautes un modèle de bulletin blanc sur son site.

Capture d'écran


(...)



 
La Croix logologo lacroix
 
Aux élections, on va pouvoir voter blanc

Une proposition de loi en cours d’examen au Parlement devrait reconnaître très partiellement le vote blanc lors des prochaines élections européennes. Cette mesure, souhaitée par plus des deux tiers des Français, suscite toujours la réserve des experts et des responsables politiques qui redoutent d’être « mal élus ».

29/12/13 - Aller sur le site originel
 
Dépouillement au soir de l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, le 23 juin 2013.

Dépouillement au soir de l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, le 23 juin 2013. / Jean-Claude Coutausse / Divergence pour Le Monde

Dépouillement au soir de l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, le 23 juin 2013.

Jean-Claude Coutausse / Divergence pour Le Monde

Dépouillement au soir de l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, le 23 juin 2013.

Au printemps prochain, Florence hésite à prendre le chemin des urnes. Le contexte politique ne l’y encourage guère. « Franchement, aller voter pour qui ? Ni les uns, ni les autres ne sont en mesure de me convaincre ». Cette fonctionnaire d’une quarantaine d’années n’est pourtant pas une adepte de l’abstention. Alors oui, si le vote blanc était reconnu, elle ferait certainement l’effort de se déplacer. « Parce que voter est un devoir civique, et ne pas choisir est aussi une façon d’envoyer un signal aux politiques », explique-t-elle.

Un premier cap devrait être franchi pour la première fois cette année. Un texte de loi, déposé par l’UDI, est en passe d’être adopté par le Parlement et pourrait s’appliquer dès les élections européennes de mai 2014. Avec pour objectif, selon son auteur, François Sauvadet, de « dissuader certains électeurs de s’abstenir, voire de détourner certains d’entre eux des votes protestataires ».

Les votes blancs ne seront pas considérés comme des suffrages exprimés

Les parlementaires se sont toutefois accordés sur une version a minima du texte. Si les bulletins blancs seront bien comptabilisés à part – ils sont actuellement amalgamés aux votes nuls – ils ne seront toujours pas pris en compte dans les suffrages exprimés. Pour s’y opposer, les élus ont mis en avant la Constitution, le président de la République devant être nécessairement élu à la majorité absolue. Or, en cas d’un fort vote blanc, le candidat arrivé en tête pourrait obtenir moins de 50 % des voix, ce qui a été le cas pour François Hollande en 2012. Les députés redoutent surtout, si le vote blanc était pris en compte, d’être « mal élus » et de perdre une partie de leur légitimité.

 « C’est une première étape », veut se persuader François Sauvadet. « Un coup d’épée dans l’eau », se désespère à l’inverse Olivier Durand, créateur et président de l’Association pour la reconnaissance du vote blanc. 69 % des Français y sont pourtant favorables, selon une enquête réalisée par l’institut LH2 en novembre 2012. Ils en font même une réforme prioritaire pour moderniser la vie politique. Par ailleurs, si le vote blanc reste marginal, il a tendance à légèrement augmenter depuis la fin des années 1990, voire à doubler notamment lors du second tour de l’élection présidentielle, jusqu’à atteindre près de 6 % en 2012. Même si on est très loin des taux d’abstention, « ce n’est pas négligeable, juge Jean-Yves Dormagen, professeur de sciences politiques à Montpellier 1. Cela correspond à peu près au score que fait par exemple un Olivier Besancenot ».

Vote blanc et abstention, des démarches très différentes

 « C’est une réponse conjoncturelle au désenchantement à l’égard de la vie politique, estime Adélaïde Zulfikarpasic, de l’institut LH2 et auteure de la seule étude sur le sujet. Les électeurs qui votent blanc n’ont pas le même profil que les abstentionnistes. Ce sont des actifs, bien intégrés socialement et qui s’intéressent à la vie politique », poursuit-elle. « Il y a sans doute deux types de vote blanc, complète Jean-Yves Dormagen, soit des électeurs très politisés, type Front de gauche ou FN, qui ne se retrouvent pas dans l’offre du second tour UMP-PS. Soit des électeurs très civiques qui se sont désinvestis ».

Professeur d’histoire-géographie et d’instruction civique, Olivier Durand explique, lui, « n’avoir jamais été à l’aise avec la coupure droite/gauche » et milite depuis plus de vingt en faveur d’une reconnaissance du vote blanc au nom du principe « un homme, une voix ». « C’est important que l’élection ne soit pas seulement un moyen de désigner un vainqueur. Voter blanc est aussi digne que de voter pour un candidat », estime-t-il. Si cette réforme, malgré 23 propositions de loi déposées sur le bureau du Parlement depuis 1993, n’a jamais pu aboutir, c’est que les responsables politiques « ont peur du pouvoir des électeurs », regrette Stéphane Guyot qui préside le parti du vote blanc : « Le reconnaître, c’est instaurer un vrai contre-pouvoir citoyen dans la mesure où il obligerait les partis à faire plus d’efforts pour être en phase avec ce que l’électeur attend ».

 « En tout état de cause, même s’il y avait 40 millions de votes blancs, il faudrait bien que quelqu’un soit élu », estimait le défunt constitutionnaliste Guy Carcassonne, pour justifier ses réserves à l’égard de cette mesure. « Le sens de la démocratie représentative est d’élire des représentants, rajoute Adélaïde Zulfikarpasik. Est-ce que cela a un sens de reconnaître la voix de ceux qui choisissent de ne pas respecter les règles du jeu ? ». Les partisans du vote blanc ne désespèrent toujours pas, eux, de conquérir un jour, 100 ans après la loi qui a institué l’enveloppe et l’isoloir, un nouveau droit pour les électeurs.

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 Peu de pays reconnaissent le vote blanc

* L’Espagne est le seul pays européen à le reconnaître lors de toutes les élections. Les scrutins étant à la proportionnelle, le vote blanc n’a pas d’influence sur le résultat. En Suède et en Suisse le vote blanc est reconnu uniquement lors des référendums. Il l’est également en Suisse pour les élections au scrutin majoritaire mais n’a un effet qu’au premier tour pour établir la majorité absolue, puisque au second tour l’élection se fait à la majorité relative

* C’est en Amérique du sud que le vote blanc est le plus répandu : L’Uruguay reconnaît le vote blanc mais applique le vote obligatoire. En Colombie et au Pérou, il entre dans le calcul des votants. Dans ce dernier pays, si les deux tiers des électeurs votent blanc, le scrutin est annulé. Au Brésil, si les votes blancs et nuls obtiennent plus de 50 % des voix, une nouvelle élection doit être organisée.

CÉLINE ROUDEN

 

30 novembre 2013 Aller sur le site originel

ENTRETIEN AVEC OLIVIER DURAND

Le vote blanc bientôt reconnu, sans effet sur les élections...

Les députés ont adopté, jeudi 28 novembre, à l'unanimité une proposition de loi centriste distinguant le vote blanc du vote nul. Si cette reconnaissance du vote blanc est symbolique, l'impact sur les résultats électoraux sera limité lorsque cette loi prendra effet, après les élections municipales de 2014. Si le gouvernement s'est prononcé en faveur de la réforme de l'article L 66 du Code électoral, il a tout de même exigé que les votes blancs ne soient pas comptabilisés dans les suffrages exprimés. Une requête à laquelle la représentation nationale a accédé. Il n'est donc toujours question de voter une réforme qui pèserait sur les résultats du scrutin.

Olivier Durand, président de l'Association pour la reconnaissance du vote blanc, regrette cette avancée a minima, qui, selon lui, « affaiblit le vote blanc ».

JOL Press : Les députés se sont prononcés à l’unanimité jeudi 28 novembre pour la reconnaissance du vote blanc, distingué du vote nul. Néanmoins, ils ont refusé de l’inclure dans les suffrages exprimés. Cela vous satisfait-il ? Ou faut-il que le vote blanc soit comptabilisé dans les suffrages exprimés ?
 

Olivier Durand : Nous avions été auditionnés en novembre 2012, à la veille de la première lecture à l’assemblée, par le député UDI François Sauvadet, à l'initiative de la proposition de loi. Nous lui avions dit que cette idée d’un « premier pas » n’était pas satisfaisante. La réforme de l’article L66 du Code électoral va affaiblir le vote blanc parce qu’il y aura toujours plus de gens qui préfèreront manifester leur mécontentement par un message qu’en se limitant à un papier blanc. Plutôt que de glisser sagement un papier blanc, certains préféreront bidouiller leur bulletin par esprit frondeur. D’ailleurs, nous-mêmes, à la veille de chaque élection, nous offrons aux électeurs qui ont décidé de voter blanc, un bulletin qui milite pour le vote blanc, et qui, de ce fait, entre dans la catégorie des bulletins nuls. Aux municipales de 2008, il avait eu 4% de bulletins blancs ou nuls. Si la réforme était passée, il y aurait eu 3% de bulletins nuls et 1% de bulletins blancs.

Nous souhaitons que le vote blanc soit comptabilisé dans les suffrages exprimés. Une fois qu’il sera adopté et reconnu en tant que tel, l’association disparaitra.

JOL Press : Pourquoi plaidez-vous pour la reconnaissance du vote blanc ? Les options démocratiques existantes ne sont-elles pas déjà suffisantes pour que chaque citoyen puisse s’exprimer ? Pour rappel, il y avait dix candidats au premier tour de la présidentielle en 2012...
 

Olivier Durand : Le vote blanc doit être enregistré comme un suffrage exprimé en respect du principe d’égalité un homme/une voix, qui donne du sens à l’acte électoral alors que le personnel politique veut le réduire à la désignation d’un vainqueur. Au premier tour, un vote blanc est un message passé à son camp. On ne va pas voter pour le camp adverse ou pour un candidat fantaisiste pour exprimer ce désaccord. Au second tour le choix est limité et on ne doit pas être contraint de s’y plier.

JOL Press : La majorité socialiste a cependant repoussé l’entrée en vigueur de cette mesure après les prochaines élections municipales. Selon vous, pourquoi le vote blanc est-il aussi tabou chez les hommes et femmes politiques ?
 

Olivier Durand : Le vote blanc remet en cause leur position de monopole sur la vie démocratique. Les partis politiques sont persuadés qu’ils détiennent la vérité et pour eux l’électeur est source de danger. Cent trente ans après l’école de Jules Ferry, soixante-dix ans après la fin de Seconde guerre mondiale, l’élite française continue à avoir une vision très péjorative de l’électeur, du « peuple ». Et censurer des bulletins pour masquer une réalité, c’est ceci, qui à la longue, affaiblit la légitimité des élus.

Par ailleurs, la reconnaissance du vote blanc pourrait remettre en cause leur légitimité électorale. Comme l’expliquait le député UMP Guy Geoffroy, le 20 novembre en commission, un candidat qui obtient actuellement la majorité absolue au second tour peut n'obtenir que 49 % des voix si les votes blancs sont reconnus. Cela ne pose peut-être pas un problème de légalité, mais bien un problème de légitimité.

JOL Press : Ne craignez-vous pas que la reconnaissance du vote blanc incite les électeurs à voter blanc, un vote contestataire qui ne déboucherait sur aucun projet ?
 

Olivier Durand : Le vote blanc est avant tout une expression d’exigence des électeurs qui s’indignent face aux facilités auxquelles trop facilement recourent les partis politiques. Plus qu’à une contestation il correspond à une indignation. Par ailleurs, l’annonce de taux extraordinaires de bulletins blancs ne sert qu’à épouvanter qui veut bien l’être.

Le vote blanc symbolise une démarche plus construite que celle de l’abstention. Avec un résultat amoindri toutefois. L’abstention sera toujours plus élevée que le vote blanc puisque 15% d’abstention est considéré comme un taux très bas. L’électeur se fera toujours mieux entendre en restant chez lui.

JOL Press : Ne faudrait-il pas plutôt rendre le vote obligatoire ? Cela obligerait les parlementaires à prendre en compte le vote blanc comme un véritable choix de l’électeur.
 

Olivier Durand : Le vote obligatoire est contraire à la liberté de vote. De plus, il nuirait au vote blanc puisque les partis politiques pourraient très facilement dire qu’un taux élevé de bulletins blancs ne serait dû qu’à des électeurs démotivés et indifférents ayant choisi ce type d’expression parce qu’ils avaient été obligés de voter.

L’élection doit être un baromètre. Le taux de participation doit être élevé non pas parce qu’on a forcé les gens à voter mais parce que le débat de campagne a été de qualité.

Propos recueillis par Carole Sauvage pour Jol Press

Emission de radio sur le vote blanc

PLUS LONG MAIS DESESPEREMENT A CHARGE

Le 20 juillet, Laurent Guimier a consacré 9' (ouaaahhh !) de son émission "L'actu pour les nuls" sur Europe 1 au vote blanc. Louable intention. Mais une fois de plus, surgit un expert qui n'avait jamais étudié la question jusque là (ou alors son travail de journaliste/universitaire nous avait échappé) et qui d'un ton docte délivre le message gouvernemental en l'agrémentant d'erreurs regrettables.

Comme nous sommes, au tréfonds de nous, optimistes, nous rêvons encore d'une émission où, si ceux qui s'opposent au vote blanc auront la parole, les défenseurs ne verront pas leurs arguments construits ignorés ou déformés.

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20 juillet 2013

Nous remercions le journaliste Laurent Guimier d’Europe 1 d’avoir consacré 9’ de son émission du samedi, « L’actu pour les nuls », au vote blanc. En ce samedi 20 juillet, le ton s’est voulu neutre et informatif sur le processus législatif en cours lancé en novembre 2012 par l’UDI.

Malheureusement, l’expert convoqué fut un collègue du Figaro, Guillaume Perrault. Celui-ci, en définissant l’électeur qui dépose un bulletin blanc comme quelqu’un qui « choisit de ne pas choisir » (1) avait déjà laissé entendre de quel côté son avis se tourne mais, en toute fin d’émission, il a fait nettement pencher le discours vers le subjectif, celui de la voix du gouvernement, comme tous les journalistes des principaux médias. Lisez vous-même : « On a tellement de difficulté à avoir des institutions qui fonctionnent en France qu’on peut se demander si vraiment ça vaut le coup, pour la beauté d’un principe, de reconnaître le vote blanc pour la présidentielle. » Comment un journaliste de 40 ans, professeur qui plus est des institutions politiques à Science Po, peut-il écrire une énormité pareille ? J’aimerais qu’il me cite qu’elle instabilité il a vécu en 40 ans de présence sur terre. Est-ce le fait que dans 4 ans nous fêterons 20 ans de vie institutionnelle sans dissolution qui lui fait écrire ceci ? Et depuis quand une dissolution est-elle un danger ? 7 présidents en 67 ans de Vè République, quelle instabilité !!! A moins que notre journaliste érudit ne veuille parler de la montée du Front National. Mais en quoi cela révèle-t-il des institutions qui ont du mal à fonctionner ?

En fait, la France a du mal à se moderniser face à la crise économique qui dure depuis 40 ans (tiens, tiens, notre journaliste est né avec la crise). C’est peut-être dû en partie au fait que les dirigeants en place ne pensent qu’à leur réélection et que tant qu’il n’y aura pas la possibilité pour les électeurs de rejeter des équipes qui auront fait dans l’immobilisme afin de gagner cinq ans de plus, celles-ci feront carrière sans modifier leur façon de gouverner. Le vote blanc n’a pas pour mission de faire baisser l’abstention mais de booster les prétendants au pouvoir. Et surtout de faire respecter le principe d’égalité ‘un homme, une voix’. N’en déplaise à G. Perrault, quand une démocratie est exigeante sur ses principes elle est plus forte que lorsqu’elle les dédaigne en parlant d’une superflue ‘beauté d’un principe’.

De plus, les auditeurs d’Europe 1 auront été mal informés sur certains points. L’expert G. Perrault laisse entendre que la modification du code électoral en cours ne concernera pas les élections présidentielles. Où a-t-il entendu ça ? Comme la proposition discutée se limite à décompter séparément bulletins blancs et bulletins nuls, elle s’appliquera à toutes les élections, même les présidentielles. Il a confondu avec les propos de parlementaires disant que si le vote blanc devenait un suffrage exprimé, on pourrait en exclure la présidentielle. Il se trompe aussi en évoquant les députés qui auraient demandé qu’une pile de bulletins blancs soit placée à côté des autres bulletins, ce que le sénat selon lui aurait rejeté. Les parlementaires favorables au vrai vote blanc l’ont évoqué en séance mais ça n’a jamais été voté. En revanche, les députés voulaient que l’enveloppe vide soit enregistrée comme un vote blanc, ce que n’ont pas voulu les sénateurs et c’est pourquoi le texte doit revenir à l’assemblée nationale.

Une fois de plus, est déclaré spécialiste du vote blanc une personne qui n’y travaille jamais (comme Colette Ysmal du CEVIPOF que le Figaro avait choisi comme spécialiste suite au très fort taux de bulletins blancs au référendum sur le quinquennat de 2000 et qui avait rédigé un collier de clichés). G. Perrault n’a jamais mené d’enquête sur le vote blanc, ou alors en oubliant complètement de rencontrer ceux qui le défendent. Pour Europe 1, il s’est contenté de lire (mal) les débats au parlement. Comme les rapporteurs parlementaires ont lu notre site pour ce qui est de l’étranger, G. Perrault a fait semblant de savoir depuis longtemps la situation du vote blanc en Suède, Suisse et Espagne. C'est du vernis d'information.

J’espère que ses cours à Science Po sont moins approximatifs.

(1) Choisir de ne pas choisir. Cela sous-entend tout de suite que celui qui vote blanc est un indécis, un couard. Quand Gaccio dit qu'en tant que socialiste il votera blanc et non DSK si celui-ci est candidat, quand Onfray dit qu'il est de sensibilité extrême gauche mais qu'il votera blanc au lieu de voter Mélenchon parce qu'il est heurté par des prises de position du candidat, quand un partisan de l'UMP dit qu'il partage toujours les valeurs de cette droite mais qu'il votera blanc au lieu de Sarkozy parce que l'attitude du président sortant l'a heurté pendant 5 ans, ces électeurs affirment des convictions.

  3 mai 2012

L’enjeu du vote blanc

Alors que Marine Le Pen a notamment annoncé qu’elle voterait blanc au second tour de la présidentielle, ce vote, comptabilisé avec les bulletins nuls, pourrait faire l’objet d’une récupération politique en cas de score élevé. Ces spéculations relancent par ailleurs le débat sur la reconnaissance du vote blanc, toujours officiellement comptabilisé dans l’abstention.

Son niveau fera l’objet de toutes les attentions. Après la décision de Marine Le Pen de voter blanc au second tour de la présidentielle, ces bulletins, comptabilisés avec les votes nuls, pourraient bien faire l’objet d’une récupération politique. "S'il y a vraiment deux millions de votes blancs, Marine Le Pen pourra s'en vanter", estime à l’AFP Bruno Jeanbart, politologue à Opinionway. "Mais si on reste à 1 ou 1,5 million, on retrouvera la situation de 2007", juge-t-il. Avec ses 17,9% réalisés au premier tour, Marine Le Pen, qui mise sur un éclatement de l’UMP si François Hollande devait l’emporter le 6 mai, pourrait ainsi se prévaloir d’une vraie base électorale. Et renvoyer ses détracteurs, qui ne voient dans son score élevé qu’une fronde contestataire, dans leurs retranchements. Toutefois, souligne Bruno Jeanbart, il y aura automatiquement parmi les électeurs du vote blanc des soutiens des huit candidats battus au premier tour, ce qui relativiserait toute récupération par la leader frontiste.

A cela, il faut ajouter l’incertitude qui plane sur la consigne de vote de François Bayrou. Le candidat du MoDem pourrait bien appeler ses électeurs à voter blanc. Cela pourrait lui permettre d’arguer que ses électeurs lui sont fidèles, et de ressouder ses troupes avant les législatives, malgré un résultat décevant (9,13%) au premier tour. Comme le résume Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’Ifop, "une abstention plus un vote blanc importants pourraient être utilisés par Mme Le Pen ou François Bayrou pour minimiser la victoire du vainqueur. Ce dernier pourrait être élu à la majorité des suffrages exprimés, mais pas à celle des inscrits", prévient-il à l’AFP.

 

"Les électeurs font ce qu’ils veulent"

Mais à quel niveau les votes blancs et nuls, couplés à l’abstention, devraient-ils être considérés comme "importants"? Président de l'Association pour la reconnaissance du vote blanc, Olivier Durand se projette pour leJDD.fr : "Je fais le pari qu’environ 2,1 millions de gens voteront blanc ou nul dimanche, soit autour de 5,5% ou 6%." A ses yeux, cela montrerait "une fois de plus" que "malgré les consignes des candidats, les électeurs font ce qu’ils veulent". D’après Olivier Durand, seul un niveau de votes blancs ou nuls avoisinant "les 7% à 10%" montrerait "l’influence d’un camp sur son électorat".

A titre de comparaison, 701.000 électeurs avaient voté blanc ou nul au premier tour, soit 1,92% des votants. Sachant qu’ils n'avaient été qu’un peu plus de 530.000 à s’exprimer de la sorte au premier tour de 2007 (1,44%), mais avaient atteint un record au second tour, totalisant 1,57 million de personnes (4,2%).

 

Un "message" à la classe politique

Reste que cette possible récupération politique du vote blanc relance de nouveau le débat sur sa reconnaissance. Car à l’instar du vote nul, celui-ci constitue pour l’électeur un moyen de refuser l’éventail des choix proposés, mais est toujours officiellement comptabilisé dans l’abstention. C’est donc de manière officieuse, en décortiquant les chiffres du ministère de l’Intérieur, département par département, que l’on peut le connaître, puisque ces bulletins sont toutefois décomptés dans tous les bureaux de vote. Sur son site, l'Association pour la reconnaissance du vote blanc a publié un bulletin blanc à imprimer, puisque celui-ci n’est pas proposé avant de se rendre dans l’isoloir :

Un bulletin "blanc" prêt à imprimer proposé par l'Association pour la reconnaissance du vote blanc. (Capture d'écran du site de l'association)

La démarche est revendicative, et ce bulletin devrait théoriquement être comptabilisé comme nul… puisqu’il n’est pas "blanc". Mais pour Olivier Durand, l’important est d’envoyer un message à la classe politique : "Nous voulons dire que c’est injuste de ne pas comptabiliser le vote blanc, s’agace-t-il. Sa reconnaissance permettrait de montrer que l’électeur n’est pas un enfant, un handicapé auquel il faut tenir la main pour qu’il vote forcément pour un candidat." En choisissant de se déplacer et de mettre un tel bulletin dans l’urne, celui-ci se muerait donc en vigie, affichant son ras-le-bol et sa défiance "envers les dirigeants qui disent une chose, puis font son contraire une fois élu", cingle-t-il.

Pourtant, celui-ci ne se fait guère d’illusion en cas de victoire de François Hollande : "S’il est élu, il ne se passera rien, puisque de tous les candidats, c’est le seul qui ne se soit pas prononcé sur le sujet." Quant à l’UMP, Nicolas Sarkozy et Eric Woerth s’étaient dit ouverts à la reconnaissance du vote blanc en 2007. Mais ils ne sont pas allés plus loin.

Pierre Manière - leJDD.fr

jeudi 03 mai 2012
 

Le Point

Revue Politis n° 1197 du 5 au 11 avril 2012

Article: Faut-il reconnaitre le vote blanc?

 

 



Le vote blanc, un outil toujours pas reconnu en France
Par :
Sunday, April 8, 2012
 

Malgré le soutien de plusieurs candidats à  la présidentielle, le vote blanc, un moyen pour l'électeur d'exprimer le refus du choix qui lui est proposé, n'est toujours pas reconnu en France. François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan l'ont inscrit dans leur programme de campagne.
 
Le candidat MoDem entend d'ailleurs le faire adopter par référendum dès le 10 juin s'il est élu. Eva Joly et Nathalie Arthaud se sont prononcées en sa faveur, tandis que Jean-Luc Mélenchon a jugé que sa reconnaissance "serait bien normal". Nicolas Sarkozy en avait parlé lors de la campagne de 2007, mais il a été cette année muet sur le sujet, relève Olivier Durand, président de l'Association pour la reconnaissance du vote blanc.
Les autres candidats ne se sont pas exprimés. Pourtant, le vote blanc et nul avait attiré plus de deux millions d'électeurs aux élections législatives de 1993 et au référendum de 1972 sur l'élargissement de la communauté européenne, souligne M. Durand. Lors du second tour de la présidentielle de 1995, aucun des deux candidats n'aurait eu la majorité absolue si les bulletins blancs avaient été comptabilisés. Jacques Chirac, qui l'avait emporté face à  Lionel Jospin, n'aurait obtenu que 49,5% des suffrages, rappelle M. Durand. "Le vote blanc est une expression, pourquoi la voix des citoyens qui l'ont choisi est-elle annulée?" demande M. Durand. "Si voter c'est désigner uniquement un vainqueur, cela constitue un appauvrissement de l'acte électoral", juge-t-il.
Gérard Gautier, président de l'association "Blanc c'est exprimé", considère pour sa part que "le vote blanc, c'est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des élus". C'est la raison pour laquelle il n'a toujours pas été reconnu en France, ajoute-t-il, contrairement à  la Suisse.
Concrètement, un bulletin blanc, c'est un papier blanc et vierge glissé dans une enveloppe.


 

regards2banlieue-header-top.jpg
Le vote blanc c'est nul?


http://www.regards2banlieue.tv/



L'INDELICAT

06 novembre 2011

Rencontre avec Olivier Durand de l'Association pour la reconnaissance du vote blanc

Nous continuons notre dossier consacré au vote blanc avec une interview d'Olivier Durand, président de la très active Association pour la reconnaissance du vote blanc.

L'indélicat: Bonjour Olivier Durand, vous êtes président de l’association pour la reconnaissance du vote blanc et webmaster du très complet site www.vote-blanc.org. Pouvez-vous vous présenter rapidement ainsi que votre association et son action ?
Olivier Durand: Je suis un citoyen ordinaire, salarié, syndiqué, élu syndical même, sans être un militant syndical caricatural. L’Association pour la reconnaissance du vote blanc a été créée en 1994. Elle est composée de simples citoyens qui souhaitent que le vote blanc soit comptabilisé comme un suffrage exprimé. L’Association n’appelle pas à voter blanc et beaucoup de ses membres votent régulièrement pour des candidats, d’horizons divers. Le travail de l’Association a été d’argumenter ses positions, de travailler avec les parlementaires concernés par la question, de médiatiser le sujet et de nouer des contacts avec des mouvements identiques à l’étranger.

LI: Pourquoi vous êtes-vous engagé dans ce combat pour la reconnaissance du vote blanc ? Est-ce parti d’un événement précis ?
OD: Depuis mes 18 ans, je ne suis pas satisfait par le sort réservé aux bulletins blancs, n’arrivant pas à comprendre pourquoi mon vote est jugé pertinent quand je choisis un candidat et vide de sens quand je vote blanc. Je considère que l’on a détourné l’acte électoral de son poids symbolique en le transformant en outil à seul usage des états-majors des partis. En 1994, je me suis dit qu’il ne suffisait pas de se plaindre et qu’il fallait se bouger pour changer les choses et l’Association est née.

LI: L’association Blanc c’est exprimé et le parti du vote blanc souhaitent chacun présenter un candidat aux élections présidentielles de 2012. Pensez-vous que leur initiative a une chance d’aboutir au vu de vos précédents problèmes avec la justice lors des législatives de 1997? Collaborez-vous par ailleurs avec ces organismes (Le Parti du vote blanc et Blanc c’est exprimé) ?
OD: Nous ne choisissons pas la tactique de la présence aux élections parce que sans argent, elle est vouée à l’échec. Impossibilité d’obtenir les 500 parrainages pour la présidentielle et nécessité d’avoir de nombreux candidats – plus d’une centaine – pour les législatives. Les six ans de conseiller régional de Gautier n’ont en rien fait avancer le schmilblick et ont juste garanti la notoriété du monsieur. Les initiatives du Parti blanc (2002, 2007) ont entraîné une débauche d’énergie pour un résultat sur la forme (les médias ont dit qu’il y avait une tentative de candidature) et pas sur le fond. La tentative de 2012 ne donnera pas mieux.
Nous avons fait une candidature aux législatives de 1997 dans un but médiatique en disant que pour la première fois des bulletins blancs étaient disponibles dans un bureau de vote. ‘Ceci est un bulletin blanc’ était écrit en gros sur le bulletin et le nom du candidat en petit. Ce n’était pas une action pour être élus. C’était une candidature très peu chère et j’ai été condamné par le Conseil constitutionnel parce que nous n’avons pas envoyé le rapport sur frais de campagne qui devait être validé par un expert-comptable ce qui nous aurait coûté beaucoup plus cher que la campagne elle-même. Depuis, il n’est plus demandé cette formalité aux tout petits candidats. Nous sommes en contact avec le Parti du Vote Blanc et son webmaster vient d’adhérer chez nous afin de faciliter la transmission d’informations entre les deux sites.

 LI: Vous interpellez régulièrement des politiciens au niveau français et européen. Quel genre de réaction vos lettres suscitent elles et avez-vous pu obtenir des résultats concrets grâce à ce type d’action ?
OD: Le contact avec les parlementaires est décevant. Souvent ce sont des initiatives isolées sans lendemain et on se demande pourquoi l’élu ou le groupe d’élu a pris l’initiative de rédiger une proposition de loi. Toutefois, nos démarches n’ont pas toujours été infructueuses. En 1998, nous avons obtenu du président du Parti radical valoisien le financement du seul sondage sur le vote blanc. En 2003, le groupe UDF de l’Assemblée a utilisé sa niche législative pour mettre au débat le vote blanc. Le rapporteur Gérard Vignoble avait allègrement utilisé notre livre de 1999 (fait pour ça) pour alimenter sa plaidoirie. Aujourd’hui nous comptons sur Franck Reynier qui a un projet d’action large sur la démocratie avec son groupe mais le forfait de J-L Borloo ne simplifie pas sa démarche.
Au niveau européen c’est plus délicat parce que l’UE n’interfère pas dans les règles électorales des pays, donc nous essayons de les sensibiliser sur leurs votes pour l’exécutif européen et obtenir que lorsqu’ils sont électeurs, le vote blanc soit un suffrage exprimé.

LI: Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le collectif « citoyens européens pour le vote blanc » ?
OD : Le collectif européen est une œuvre grandiose et très fragile. Malheureusement, nous sommes les seuls à avoir de la constance dans les idées. Dans beaucoup de pays, un mouvement nait à la veille d’une élection et disparaît peu après. Heureusement que les Espagnols sont là. Il faut écrire à tous ces gens dans leur langue si on veut espérer un échange. C’est lourd, pas forcément fructueux mais il faut le faire.

LI: Le mois dernier 4 députés UMP ont déposé une proposition de loi visant à reconnaitre le vote blanc comme suffrage exprimé mais visant également à rendre le vote obligatoire. Est- ce pour vous une avancée ? Le fait que cette proposition émane du parti majoritaire est-il un bon signe ?
OD: Jusqu’à présent, c’est essentiellement la droite qui a déposé des propositions de loi en faveur du vote blanc. Le PS est aux abonnés absents. Ce n’est donc pas surprenant que 4 UMP pondent un texte. Nous avons préféré celui de Martine Aurillac en 2008 et surtout celui de Jacques Remiller en 2010 qui, pour la première fois, envisageait un seuil au-delà duquel une élection serait annulée. Nous sommes contre le vote obligatoire. On ne peut pas être à la fois pour le vote blanc qui donne plus de pouvoir à l’électeur et le responsabilise et accepter le vote obligatoire qui l’infantilise à nouveau. Les commentateurs auraient vite fait de dire que les bulletins blancs émis seraient dus à des électeurs qui en temps normal se seraient abstenus et qui l’a ont bâclé leur vote. Le vote blanc n’a de force qu’à partir du moment où l’électeur aurait pu rester chez lui.

LI: Pourquoi à votre avis le vote blanc n’est-il aujourd’hui toujours pas reconnu comme suffrage exprimé ?
OD: Le vote blanc n’est toujours pas comptabilisé comme suffrage exprimé parce que les partis considèrent que l’acte électoral leur appartient et que les électeurs sont trop stupides pour pouvoir profiter d’un tel avantage ; selon eux, si le vote blanc était reconnu, les électeurs s’en serviraient à tort et à travers. Nous sommes dans une démocratie où le citoyen de base n’est toujours pas considéré comme une richesse mais comme un emmerdement. Comme ce sont les partis qui décident en la matière, ils empêchent toute avancée (aidés par l’intelligentsia : médias, universitaires…). Bruno Gaccio est l’exemple type de cette vision des choses. Il est reçu par tous les médias parce qu’il appartient au sérail et son discours satisfait le politique (PS) et l’universitaire (Guy Carcassonne notamment) parce qu’il laisse le peuple à sa place.

LD: Que pensez-vous par ailleurs de la position de Bruno Gaccio ? Est-il possible que sa position d’homme médiatique nuise à votre action ?
OD: Pour notre position par rapport à ce qu’il défend : voir le site. Je rajouterai qu’aujourd’hui on a mieux que ce qu’il propose puisque à chaque élection on connaît le nombre de blancs et nuls (ndlr : Bruno Gaccio souhaite uniquement séparer les votes blancs des votes nuls lors du décompte sans les prendre en compte). En 1995, on a pu faire passer dans le courrier des lecteurs du Monde l’info disant que pour la première fois sous la Vè République le vainqueur de la présidentielle n’aurait pas eu la majorité absolue si le vote blanc avait été pris en compte. Si comme Gaccio le demande on avait retiré les bulletins nuls, on n’aurait sûrement pas eu ce résultat. Or, quasi tous ces bulletins sont dans l’esprit des votes blancs. L’idée de Gaccio est un recul et sûrement pas une avancée.

LD: Admettons que demain votre action porte ses fruits et que le vote blanc retrouve enfin la même valeur qu’un suffrage « classique », quelle suite donneriez-vous à votre action ?
OD: Si le vote blanc devient un suffrage exprimé et que le vote n’est toujours pas obligatoire, l’Association disparaîtra.

LD: Merci beaucoup Olivier Durand

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Sud-Ouest, 27 mars 2011



 

Le vote blanc

dans l'émission de France 3:

Ce soir ou Jamais du 23 mars 2010

 

Rebonds

Pour le vote blanc
André Gérin député PC, Association pour la reconnaissance du vote blanc.
QUOTIDIEN : lundi 23 juin 2008

Une loi devrait bientôt rééquilibrer nos institutions pour en améliorer, nous l’espérons, le fonctionnement. Il faudra pour cela modifier à nouveau la Constitution. Changer quelques lignes dans le code électoral permettrait d’impliquer tous les électeurs dans cette dynamique. Et pourtant… On se souvient des émeutes récentes à Villiers-le-Bel, commune du Val-d’Oise. Aux municipales de 2001, une seule liste était en compétition. Elle l’emporta triomphalement avec 100 % des voix, comme si tout allait pour le mieux, mais c’était oublier que 23,63 % des électeurs avaient choisi de voter blanc. La liste des vainqueurs n’avait recueilli en réalité que 34,8 % des voix des inscrits. 100 % c’est l’unanimité, le bonheur sur terre. La réalité devait en 2007 rattraper ce trucage de chiffre.

Une élection doit permettre à une population de s’exprimer et pas seulement être une distribution de sièges. Ceux qui s’opposent au vote blanc nous disent : «Que se passerait-il s’il y avait beaucoup de votes blancs ?» Nous retournons la question. Que s’est-il passé à Villiers-le-Bel en ce premier tour des municipales 2001 ? Dans notre beau pays qui censure ce qui ne plaît pas, on ferme les yeux et on attend que ça explose. Aux municipales de 2008, c’est la Normandie qui laisse apparaître des signes inquiétants dès le premier tour. Elbeuf, dans la banlieue de Rouen, est juste en dessous des 18 % de bulletins blancs alors que le vote blanc était plus de quatre fois moindre sept ans plus tôt. Il faut dire qu’on est passé de six listes à une seule. Mais que la banlieue parisienne ne se croit pas sortie d’auberge pour les six ans à venir. Torcy, commune peu favorisée aux abords de Marne-la-Vallée, connaît la même situation que les deux premières communes citées. Une forte abstention à 63,25 % et un vote blanc à 14,5 % (4,5 % en 2001) pour protester contre l’absence de pluralisme ; le maire sortant n’a pas trouvé d’adversaires. Pour les cantonales, que dire aux 47 % d’électeurs de Sore dans les Landes qui ont voté blanc au premier tour ? Qu’ils n’existent pas ? On répondra qu’ils n’avaient qu’à se proposer comme candidats.

La réalité est beaucoup plus complexe et l’acte électoral permet par lui-même de corriger ces déséquilibres. Il faut que les dirigeants politiques aient le courage de l’accepter. Fort de son implantation dans la banlieue parisienne, le PC a profité de plusieurs seconds tours de cantonales sans adversaire. Ce fut le cas dans les deux cantons de Vitry renouvelés. Mais les vainqueurs peuvent-ils vraiment se réjouir de la mise sous éteignoir des 18 % des électeurs qui ont voté blanc ? A Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) les candidats communistes ont eu au second tour un adversaire PS mais ils l’ont écrasé à plus de 90 % des voix. Cette fausse alternative a produit sur les trois cantons renouvelables de cette commune une moyenne de bulletins blancs de 24 % ! Voilà pourquoi nous réclamons que parallèlement aux débats à venir au Parlement soit décidée une modification du code électoral exigeant que pour chaque élection où un seul candidat, une seule liste ou une seule tendance est en compétition soient mis à la disposition des électeurs des bulletins blancs et qu’ils soient considérés comme des suffrages exprimés.





 
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Magazine info, 4 mai 2007

La parole aux votes blancs

http://www.lemagazine.info/spip.php?article639


 

Le Vote Blanc au JT de France2 le 11 avril 2007


Date de création : 05.05.2007 @ 18:11
Dernière modification : 09.04.2014 @ 18:02
Catégorie : Pour aller vite - Petits trucs sur le vote blanc
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par jbmurat le 10.11.2009 @ 00:52

Dans un site dont je suis l'auteur, j'ai crée une discussion-pétition afin de proposer la prise en compte du vote blanc comme référendum d'initiative populaire.

J'invite tous ceux qui sont intéressés pour participer à cette discussion ou pour soutenir cette idée en signant la pétition à visiter le site http://www.e-nitiativepopulaire.fr




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Approfondissement du domaine du vote
(De quoi s'agit-il ?)

Episode 7: 4 millions d'électeurs ignorés... mais toujours le statu quo (Henri Cabanel, Frédéric Micheau)
Episode 6: Le vote, une prise de décision (Daniel Gaxie)
Episode 5: Le vote obligatoire, quel progrès ? (Gisèle Jourda, Georges-Louis Bouchez, Charles-Edouard Sénac)
Episode 4 : La légitimité de l'élu face au pouvoir à affirmer de l'électeur (Corinne Lepage, Alexandre Malafaye)
Episode 3: Mieux voter, c'est possible. (Michel Balinski, Irène Inchauspé)
Episode 2: Un autre électeur est-il envisageable pour le XXIè siècle ? (Alain Garrigou, Frédéric Lefebvre)
Episode 1: Vivre et voter sur un territoire (Jean Lassalle, Aurélia Troupel, Sylvain Manternach).

 
Le vote blanc en 2017

Présidentielle

1er tour: 0 944 733 (2,55%)

2nd tour: 4 085 724 (11,52%)


Législatives

1er tour: 0 513 344 (2,21%)
2nd tour: 1 988 549 (9,86%)
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Contre le vote obligatoire
« Lorsque les peuples, il y a cinquante ans, élevaient des barricades et renversaient les gouvernements pour obtenir le droit de suffrage, ils auraient cru à une plaisanterie si on leur avait dit que, par un retour imprévu des choses, les souverains voudraient à leur tour mettre à l’amende ou jeter en prison tous ceux qui n’useraient pas du droit conquis ». thèse signée de Francis Sauvage, intitulée De la nature du droit de vote et soutenue en 1903
Version 'personnel politique'
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Le livre défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Il démontre que cette évolution est indispensable dans une démocratie qui se veut moderne.
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Comme le volume 1, ce volume défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Notre république se dit laïque mais c’est une laïcité chrétienne. L’acte électoral est sacralisé et l’électeur profane ne peut y accéder qu’en respectant des formes précises. Le vote blanc qui est une tentative de certains électeurs de s’approprier ce moment démocratique est rejeté parce que sacrilège.
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Bulletins blancs

de Olivier Durand

206 pages
 

 Ce livre prend la suite de celui publié en 1999. Il défend la comptabilisation des bulletins blancs comme des suffrages exprimés. Il présente l'évolution politique en France et ce qui se passe à l'étranger. Présentation

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  A QUOI BON ALLER VOTER AUJOURD'HUI ?
Sous la direction de Olivier Durand     préface d'André Gerin

Questions contemporaines

ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE

Le vote utile est devenu une panacée pour les professionnels de la politique. Il faut à tout prix dégager un vainqueur. Et tant pis si l'électeur se sent floué. On commente énormément les résultats électoraux mais on étudie rarement le rôle et les motivations de l'électeur entré dans le bureau de vote. C'est tout l'objectif de ce livre : retrouver l'esprit de l'acte électoral

Préface du livre

Couvertures


 LE VOTE BLANC
Pour un suffrage vraiment universel

Olivier Durand
Préface d'Hervé De Charette

Questions contemporaines

Premier livre sur le vote blanc, cet ouvrage se veut avant tout une synthèse engagée. Il défend sans ambiguïté l'idée qu'il faut aujourd'hui donner plus de poids aux individus à l'occasion des consultations électorales en respectant scrupuleusement leur opinion, et donc en intégrant dans la catégorie des suffrages exprimés les bulletins blancs.

ISBN : 2-7384-7628-7 • 1999 • 240 pagesPrix éditeur : 19,85 €    


  La Lucidité

 de José Saramago

Le livre du Prix Nobel Saramago où le vote blanc est le héros.

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Lire notre commentaire du livre


   The probability broach

de L. Neil Smith

 The Probability Broach.jpg

Science fiction américaine publiée en 1980 dans un monde parallèle où le vote blanc (none of the above) va de soi.

Notre analyse du système démocratique présenté dans le roman:


Long résumé du roman: