Texte à méditer :  

VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

«Un vote blanc, pour moi, en tant que photographe, c'est dire noir sur blanc le refus d'être
coincé par des choix imposés.   Il est indispensable que l'on mette à la disposition des électeurs
des bulletins de vote blanc et essentiel que ces votes soient comptabilisés et non amalgamés
aux votes nuls. Où en est-on avec la démocratie ?   Je souhaite que l'on explique pour quelles
raisons l'idée du vote blanc est impraticable. »

  Henri Cartier-Bresson Le Monde, 1995

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Congrès du Parti socialiste

Le maire socialiste de Brest a voté blanc.

"Le vote blanc est à mes yeux le seul sens dans un parti qui n'en a plus"


Béatrice Le Grand
François Cuillandre, maire socialiste de Brest. Photo : Béatrice Le Grand


François Cuillandre, qui ne se reconnait plus « dans le fonctionnement d'un parti (...) qui a perdu la boussole », votera "blanc" à l'élection du nouveau premier secrétaire du parti socialiste.

Le maire socialiste de Brest François Cuillandre, qui avait voté pour la motion Delanoë avant le congrès du parti, a écrit aux militants socialistes qu'il voterait "blanc". « Je ne me reconnais plus dans le fonctionnement d'un parti, auquel j'ai adhéré il y a 30 ans, et qui aujourd'hui a perdu la boussole », déclare-t-il dans une lettre adressée aux militants socialistes du Finistère. « J'ai voté la motion A (Delanoë). Je dois constater qu'aujourd'hui, elle n'existe plus. (...) Dans ces conditions, le vote blanc est à mes yeux le seul sens dans un parti qui n'en a plus, dans le respect de ce que j'ai défendu dans les débats du congrès. Après la tragédie, je refuse de participer à la comédie », conclut le maire de Brest.

                                             Ouest-France   19 novembre 2008

 

 

Portrait

François Cuillandre (PS), un maire 100 % local



 
         
 
François Cuillandre, le maire de Brest, s'est replié sur la gestion de sa commune et revendique son choix.
AFP/EMMANUEL PAIN
François Cuillandre, le maire de Brest, s'est replié sur la gestion de sa commune et revendique son choix.





 
 

Reconstruite au début des années 1960, la mairie de Brest, grosse caserne posée sur un parvis minéral, domine la rade et le "château" où siège la préfecture maritime. Dans cette ville qui ne s'appartient pas tout à fait tant les propriétés foncières de la marine y sont nombreuses, cette prééminence architecturale a son importance.



 
 
 

Du haut de son "beffroi", face à la rade, le maire François Cuillandre, 54 ans, élu en 2001, réélu en 2008, s'amuse à l'évocation de cette petite guerre typiquement brestoise entre la marine - autrement dit l'Etat - et la ville. "Cette mairie monumentale, explique-t-il, témoigne d'un passé où la marine exerçait un vrai monopole sur la ville. Symboliquement, il fallait que la maison du maire domine celle du préfet maritime. Nous n'en sommes heureusement plus là."

Le cheveu frisé dru et long, style Kersauson - "Un ami et un excellent ambassadeur pour la ville" -, la chemisette blanche façon entraîneur de foot, un sport qu'il a pratiqué comme milieu de terrain à l'AS conquétoise, l'élu socialiste cultive un style 100 % local.

A-t-il vraiment le choix ? Visiblement, l'éloignement n'incite pas à l'indulgence. Brest est "au bout du monde" et M. le maire a la dent dure. Sans complexe, il laisse libre cours à son désamour à l'égard d'un parti, le PS, auquel il a adhéré à 22 ans, en 1977, malgré un milieu familial pas franchement marqué à gauche.

Ecole, collège et lycée privés, "mais en Bretagne, ce n'est pas très discriminant", puis fac de droit et Sciences Po, un père dans la marine marchande, un grand-père marin pêcheur au Conquet, l'île de Molène, proche d'Ouessant, comme berceau familial, aujourd'hui son refuge estival. "Ma famille était plutôt centriste", résume le maire qui rappelle qu'"en Bretagne, la démocratie-chrétienne a été le creuset de la social-démocratie".

Le PS donc, un sujet qui rendrait presque bavard cet élu un peu taiseux : son climat "détestable", sa campagne européenne "illisible", son "absence de positionnement", ses guerres internes "ridicules", son "conglomérat de courants", ses primaires "déjà mal barrées". François Cuillandre n'en a pas honte : pour ne pas désespérer l'électeur, il a érigé "un cordon sanitaire" entre le parti et sa ville.

Ça tombe bien, les vedettes socialistes ne se bousculent pas à Brest, dernière station avant l'Amérique. En période de repli général, cette géographie si particulière, "qu'on ne changera pas", n'a pas que des désavantages...

 

"SOLFÉRINO, C'EST TRÈS LOIN"

 

François Cuillandre est pourtant issu du sérail socialiste. Il a été chargé de mission au cabinet de Louis Le Pensec, ministre des DOM -TOM dans le gouvernement de Michel Rocard, en 1988, puis, de 1990 à 2000, premier secrétaire de la fédération socialiste du Finistère. Aujourd'hui, il se recentre sur les dossiers de sa ville et de la communauté urbaine qu'il préside : le tramway, dont les travaux vont commencer cet été, les différents chantiers de rénovation urbaine qu'autorise la cession progressive des terrains de la marine.

A Reims, lors du dernier congrès socialiste, il a voté blanc et l'a fait savoir, refusant de choisir entre Martine Aubry et Ségolène Royal. Son choix s'était porté sur Bertrand Delanoë. La dérobade de ce dernier dans la dernière ligne droite l'a, rumine-t-il, "énormément déçu". Il s'est du coup éloigné d'un appareil qui, de toute façon, ne lui demandait rien. "Solférino, c'est très loin", murmure-t-il. Il n'est pas non plus député : élu en 1997 "dans l'une des circonscriptions les plus à droite de France", il a, comme beaucoup d'autres socialistes, été balayé aux élections législatives de 2002.

"Je sais que le PS ne peut pas se réduire à une addition de baronnies locales, admet-il. En même temps, ça ne m'intéresse plus d'être dans l'opposition. Je préfère faire avancer la ville." Il poursuit : "Brest bouge, les cessions de foncier offrent des opportunités formidables pour sortir de la monoactivité. A la pointe Bretagne, on n'a pas le choix : soit on bouge, soit on meurt."

Christine Garin

Date de création : 22.11.2008 @ 23:58
Dernière modification : 30.05.2011 @ 11:00
Catégorie : - Le monde politique et le vote blanc
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