|
Préface au livre de l'Association: 'A quoi bon aller voter' REINVENTER UNE OFFRE POLITIQUE L’abstention est devenue un phénomène massif. Elle varie néanmoins en fonction du type de scrutin, selon que l’électeur considère que son intervention est susceptible de peser ou non sur le cours des choses. Cette grève intermittente des urnes signifie que le citoyen ne voit plus dans l’offre politique d’aujourd’hui ce qui pourrait améliorer son sort, répondre à ses attentes de changement réel. Il a acquis la conviction qu’au delà de l’effervescence médiatique qui accompagne les campagnes électorales, ce qui oppose les candidats ne correspond pas à des choix de sociétés différentes. L’abstention est particulièrement forte dans les milieux populaires, chez ceux-là mêmes qui ont souvent espéré en ce qui leur était promis et qui se sentent trahis et abandonnés. Au suffrage universel s’est virtuellement substituée une sorte de suffrage censitaire qui mobilise encore ceux qui demeurent socialement intégrés, qui n’ont pas encore désespéré de la société dans laquelle nous vivons, qui considèrent pouvoir y jouer un rôle et recevoir en retour. Dans cette désertion électorale pourtant, nous constatons des sursauts citoyens. Ainsi en a-t-il été en 2002 au second tour de l’élection présidentielle pour faire barrage à Le Pen ou encore en 2007 où des centaines de milliers de jeunes, notamment issus des quartiers de nos villes, sont allés massivement s’inscrire sur les listes électorales, considérant que l’élection de Nicolas Sarkozy constituait un danger. A d’autres occasions, des mobilisations comparables se sont opérées. Je pense à l’action de toute une génération, qui a eu raison du contrat première embauche (CPE) ou, tout récemment, à l’action des lycéens contre la réforme Darcos, que le gouvernement a dû reporter craignant que le mouvement ne prenne une ampleur incontrôlable. Toutefois, constatons que ces moments-là correspondent davantage à la volonté de conjurer un risque qu’à celle de garantir la victoire d’une véritable alternative politique. Si l’offre politique ne répond pas aux attentes, il importe, en démocratie, que les électeurs puissent l’exprimer. C’est tout le sens de l’exigence de la reconnaissance du vote blanc. Bien que non comptabilisé, il a représenté plus d’1,5 million de voix, soit 4,20 % au second tour de la présidentielle de 2007. Il n’éloigne pas les citoyens des urnes. Il l’y ramène pour dire qu’il attend autre chose que des alternances qui ne changent rien. Il pose, sans certes la résoudre, la question de réinventer une offre politique porteuse de vrais choix alternatifs. Tout ce qui ramène le citoyen à l’acte civique et républicain – et ce colloque a pointé notamment la nécessaire réforme du mode d’inscription des jeunes sur les listes électorales – est salutaire. C’est bon pour nos valeurs républicaines. André GERIN (janvier 2009) TABLE DES MATIERES Préface : Réinventer une offre po-litique Par André Gérin Qu’attend-on de l’électeur ? L’acte électoral, entre sacralisa-tion et indifférence Par Olivier Durand Ce qui pousse un électeur à aller voter Les logiques de la participation électorale dans les quartiers popu-laires Par Céline Braconnier L’analyse économique de l’absten-tion électorale Par Jean-Dominique Lafay Une géographie du non vote Par Michel Bussi Quand le XIXè siècle élabo-re le suffrage universel. Qu’avons-nous retenu ? La difficile émergence du suffrage universel au XIXè siècle Par Eric Anceau A la recherche d’une « tradition républicaine de l’acte de vote ». Objectifs de l’élection et procédu-res électorales Par Philippe Tanchoux On vote aussi dans les entre-prises Elections professionnelles, élections ‘barbares’ ? Par Dominique Andolfatto
Date de création : 12.01.2009 @ 18:28
Dernière modification : 21.04.2009 @ 12:02
Catégorie : Le monde politique et le vote blanc
Page lue 994 fois
Prévisualiser la page
Imprimer la page
|