Texte à méditer :  

VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

« Un homme, une voix. L’équation simple s’impose à nous avec la force de l’évidence. L’égalité devant l’urne électorale est pour nous la condition première de la démocratie, la forme la plus élémentaire de l’égalité, la base la plus indiscutable du droit. »   Pierre Rosanvallon (Le sacre du citoyen)

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Prix Crétinerie d'Or

Prix Vote Blanc de la Crétinerie d'Or.
CONCOURS 2017

Le prix honore chaque année des personnalités qui, par la profondeur de leur pensée, la pertinence de leurs remarques, ont réussi à démontrer que le vote blanc n'a pas lieu d'être.
 Voir plus en détails les lauréats et les candidats


Candidats pour 2017

Béatrice Giblin : « Je suis très préoccupée par cet engouement pour le vote blanc. C'est pousser les gens à ne pas essayer de s'engager. C'est au fond une sorte de fuite de ses responsabilités. 'Y en a aucun qui me plait.' Bien sûr puisqu'on est 66 millions et on va avoir in fine à choisir entre deux. Donc on va choisir celui qui va sembler correspondre le plus à nos souhaits. Je suis très hostile à cet engouement sur le vote blanc qui me paraît un peu dangereux. »
François Bujon de L'Estang : « Je comprends et je sympathise. » 9 avril 2017, émission L'esprit public, France Culture.
Béatrice Giblin, géopoliticienne, François Etienne Vladimir Bujon de L'Estang, diplomate français. Deux bourgeois qui, en 1936, se seraient offusqués que les ouvriers aient des congés payés.

"Le risque est grand que, se parant, avec le vote blanc, des atours de la juste expression de la volonté populaire, le peuple soit nu." Anne Levade, juriste, L'Express (si vous avez 1 euro à dépenser), 6 avril 2017.

"Le vote blanc se présente comme un exutoire commode – il n’esquive pas le devoir du vote – à une indécision qui se diffuse. Indécision pour choisir, indécision pour participer." Anne Muxel, politologue du CEVIPOF, Le Monde, 5 avril 2017. Travail à charge. On attend autre chose des universitaires.

"Il revient donc à ceux qui s’abstiennent ou votent blanc pour contester le système, de redoubler d’efforts pour faire vivre la démocratie participative : en s’engageant, par exemple, dans un conseil de quartier ou une association." Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, La Croix, 4 avril 2017
. Mélanger abstention et vote blanc n'est pas sérieux et qui dit que celui qui vote blanc n'est pas très engagé dans sa vie ordinaire ?

"Il y a d'abord le vote blanc rural, qui s'exprime dans les petites communes, où tout le monde se connaît et où il peut être mal perçu de ne pas aller voter. Il recèle donc de l'abstention cachée. Il y a ensuite le vote blanc urbain, dont les utilisateurs sont plus politisés, plus éduqués. Ils délivrent davantage un message politique."  Adélaïde Zulfikarpasic, directrice adjointe de l'institut BVA, L'Express, 29 mars 2017. 15 ans qu'elle répète le même cliché. Les campagnes ont bien changé ces 30 dernières années mais on en reste à une analyse du siècle de La Fontaine !!!

« Je suis toujours un peu sceptique sur ces gens qui estiment que l’offre du moment ne leur va pas. Je ne sais pas si c’est le problème de l’offre ou celui des gens en question." Michel Issindou, député PS, décembre 2016, France Inter .

"Contrairement aux Etats-Unis, la France affiche une volonté d'égalité absolue en matière d'élection. Le suffrage universel est censé y être encore plus pur que l'immaculée conception" Didier Maus, constitutionnaliste anti-vote blanc, 1er novembre 2016, Huffington Post. Quelle égalité absolue quand le principe 1 homme/ 1 voix est bafoué par la non reconnaissance du vote blanc !?

"A quoi servirait la liberté de penser s'il n'est de liberté de choisir. ? D'autant que chez nous, le vote blanc est possible." André Flahaut, ancien ministre PS de la Défense, ancien président de la Chambre, Le Soir, 15 novembre 2016. En Belgique, le bulletin blanc va directement de l'urne à la poubelle. C'est le vote blanc qui donne la liberté de choisir, pas le vote obligatoire.

Une proposition de loi sur le vote blanc en janvier 2016, une autre sur le vote obligatoire un an plus tard (!) - janvier 2017 - qui ne mentionne pas le vote blanc. Tromperie sur la marchandise, travail de sagouin. Stéphane Saint-André, député.

Edition 2016
(pas de prix décerné)

Edition 2015

Le vainqueur est:

LE GROUPE EELV A L'ASSEMBLEE


Même les écologistes, face à des intérêts à court terme -entrer au gouvernement - s'assoient sur leurs convictions:

AVANT: «Nous, élus écologistes, nous continuerons à œuvrer pour la reconnaissance pleine et entière du vote blanc, comme je l’ai déjà dit en commission. » Sergio Coronado (EELV), jeudi 28 novembre 2013, Assemblée nationale.

AUJOURD'HUI: « Certes, les bulletins blancs ne sont toujours pas intégrés aux suffrages exprimés, mais ils sont désormais comptabilisés et communiqués séparément des bulletins nuls lors de la proclamation des résultats.» Proposition de loi du groupe écologiste à l’Assemblée, mars 2015

La réforme électorale du 21 février 2014, jugée très insuffisante par les écologistes pendant les débats au parlement, est considérée suffisante aujourd'hui (!!!).
 

«Je vote blanc, je vote 'rien', je vote nul, je vote 'rien', je m'abstiens, je ne suis pas dans le coup.» François d'Orcival, président du comité éditorial de Valeurs actuelles. Europe 1, 5 mars 2015. L'éditorialiste met dans le même sac ces trois types de réponse à une élection (qui, selon nous ne sont que deux: abstention et vote blanc - bulletins blancs + bulletins nuls) et en conclue qu'il ne faut pas en favoriser une plus que l'autre. Comme le vote blanc a toujours été associé à une abstention, il n'est pas question aujourd'hui de réfléchir à corriger cette anomalie pour donner plus de subtilité à l'acte électoral. Regrettable pour quelqu'un qui se voudrait un 'phare' intellectuel de la presse.

« It would be too complex and feed an unachievable hunger for the perfect candidate.» Tim Sanders, président de la commission électorale pour l'état du Minnesota, février 2015 (cité dans le blog D.C. Clothesline)

 

VAINQUEUR 2014

«Si le menu de la cantine ne te plaît pas, passe de l’autre côté du zinc et cuisine toi-même! Et si tu ne veux pas accepter de prendre des responsabilités, milite pour le système politique le plus exigeant du monde: l’anarchie.» Charb, Charlie Hebdo, 13 décembre 2013.


Voir les autres candidats de l'édition 2014

Lauréat de l'édition 2013:

Pour la première fois, l'Association remet un prix à un collectif. L'UDI a amplement mérité le titre 2013 suite à sa magistrale initiative parlementaire, préparée de longue date et criante de cohérence. Lire le détail de cette candidature.

Lauréat de l'édition 2012: «En tout état de cause, même s'il y avait 40 millions  de votes blancs, il faudrait bien que quelqu'un soit élu.» Guy Carcassonne, constitutionnaliste vénéré, France-Info, 8 mai 2012. 39 999 999 bulletins blancs, un vote X: c'est X qui est élu !!!

Lauréat de l'édition 2011: «Ceux qui souhaitent comptabiliser les bulletins blancs ont une idée derrière la tête : démolir la république et l'Etat, mais sans dire au profit de qui ou de quoi.... » Michel Charasse, clown politique que l'on ne présente plus, La Montagne.fr, 19 août 2011.

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SAUVÉS DE L'OUBLI !

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Retrouvez les photos de bulletins annulés de Ludovic Lacreuse

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Le vote blanc en 2017

Présidentielle

1er tour: 0 944 733 (2,55%)

2nd tour: 4 085 724 (11,52%)


Législatives

1er tour: 11 juin
2nd tour: 18 juin
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Le vote blanc en deuil
IL N’A PAS VOULU VOIR CA

caillavet.jpg
 

Le 27 février 2013, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient au sénat en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.

Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc.
Lire les propositions de loi

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ACTUALITE
 

NOTRE LETTRE AU NOUVEAU MINISTRE DE L'INTERIEUR

Lire le texte


 

Législatives de juin
NOUS DEMANDONS QUE LES VILLES QUI LE SOUHAITENT PUISSENT METTRE DES BULLETINS BLANCS A DISPOSITION DES ELECTEURS

Les bulletins blancs étaient-ils légaux dans les bureaux de vote du Puy ?

C'est ce qu'a fait la commune du Puy-en-Velay aux deux tours de la présidentielle. Aucune plainte n'a abouti et les résultats ont été officialisés par le Conseil constitutionnel. Cela n'a occasionné aucune modification des votes, ce que nous montrons sur notre page Facebook. Le directeur adjoint des services à la ville dit lui-même qu'il l'a fait comme mesure de bon sens, dans la suite logique de la réforme de 2014: «le service a considéré que c'était un plus pour les électeurs maintenant que le bulletin blanc est différencié des bulletins nuls, qu'il est comptabilisé. C'est une facilité que nous avons voulu accorder aux électeurs » En outre, il révèle que la circulaire du ministère de l'intérieur n'empêchait pas ce dépôt: « vous n'êtes pas dans l'obligation de mettre à la disposition des électeurs des bulletins blancs »
C'est pourquoi nous demandons, ne serait-ce qu'en forme de test, que l'Etat permette aux communes qui le souhaitent de prendre cette initiative.

Lire l'article de L'Eveil de la Haute-Loire
Lire notre page sur les villes aux résultats annulés
 


11,52% de bulletins blancs et nuls (4 085 724)
Voir notre carte de la répartition plus bas

Résultats en fonction de tous les électeurs qui ont déposé un bulletin dans l'urne

Emmanuel Macron = 58,47%  Marine Le Pen = 30,04%  Blancs et nuls = 11,49%


 

LE NOUVEL AUGUSTULE ?

Notre système démocratique électoral qui n'évolue pas depuis plus de cent ans nous empêche d'avoir des gouvernants avec une légitimité réellement solide.
 

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Flavius Romulus Augustus, dit Augustulus,  fut le dernier empereur d’occident. Mis sur le trône à l’âge de 13 ans par son père ambitieux, il n’y resta que dix mois, chassé par le barbare Odoacre. Comme Olybrius quelques années plus tôt, ce fut un empereur fantoche, sans aucune légitimité.

Nos présidents restent plus longtemps dans leur palais. Mais leur état de grâce et le temps où ils sont capables de mener des réformes est de plus en plus court. Ils sont vite désactivés et on attend le suivant. Combien de temps durera l’illusion cette fois-ci ?
 

Ses prédécesseurs


 

Les institutions font tenir artificiellement l’idée d’une légitimité populaire. Le vote blanc est censuré parce que si on l’incluait dans les suffrages exprimés cela baisserait le pourcentage de ces chefs et affaiblirait leur pouvoir, nous disent les commentateurs assermentés. Nous disons, nous, que le vote blanc ne peut à la rigueur qu’accélérer un processus de décomposition, pas le générer. Il peut aider à faire durer moins longtemps le simulacre. Qui s’en plaindrait ? Ceux qui vivent de ce mauvais spectacle.  
 

Ses successeurs ?







LE SCENARIO 'PRESIDENTIELLE 1969' S'EST REALISE

Trois scénarios étaient possibles pour le vote blanc. C'est le troisième qui s'est réalisé.
 

Scénario 2007-2012. Scénario classique, quand les deux grands partis sont au second tour. L'abstention a été plus basse au premier tour qu'en 2017, surtout en 2007 (16%). Entre les deux tours, le vote blanc augmente d'environ trois fois plus. Cela donnerait le 7 mai environ 2 850 000 bulletins blancs et nuls, soit dans les 7,6% des votants. Si ceux qui ne veulent voter pour aucun des candidats préfèrent s'abstenir, c'est un score envisageable pour les blancs et nuls.

Scénario 2002. Scénario FN. Le FN est au second tour. L'abstention est à 23,4% au 1er tour (22,23% le 23 avril). Mais une forte mobilisation se fait en faveur du candidat Chirac et le vote blanc augmente peu entre les deux tours (multiplié par 1,77). Scénario très peu probable pour le 7 mai. Cela donnerait 1 672 177 bulletins blancs ou nuls, soit 4,52%.

Scénario 1969. Scénario "Bonnet blanc, blanc bonnet". Au premier tour, l'abstention s'élève à 22,41%. Au second tour, le vote blanc ou nul est 4,42 fois plus élevé qu'au premier. Cela donnerait le 7 mai 4 175 719 bulletins blancs ou nuls, soit 11,28% des votants. Si ceux qui ne veulent voter pour aucun des deux candidats choisissent en grande majorité de se déplacer et de voter blanc ou nul, c'est un score envisageable.

vote blanc élections
 

NON, LE VOTE BLANC NE SERA COUPABLE DE RIEN

Avec le début de cet entre-deux-tours avec le Front National comme concurrent, on voit ressurgir de vieux démons. Voter blanc le 7 mai serait mettre en danger la République. Voilà donc le vote blanc mis, une nouvelle fois, comme toujours serions-nous tentés de dire, sur le banc des accusés. Le plus souvent, on lui reproche de ne pas avoir de contenu lisible, d'être le fruit de l'indécision, de l'hésitation, de l'incompétence. Ces accusations servent à le censurer en le retirant de la catégorie des suffrages exprimés.

Comme en 2002, cette-fois-ci, il serait un vote irresponsable, dangereux, démocraticide. Et ceux qui seraient tentés d'y recourir sont pointés du doigt.

L'Association pour la reconnaissance du vote blanc n'a jamais appelé à voter blanc et n'appellera pas à ne pas voter blanc. La semaine prochaine, nous remettrons sur notre cite l'exemplaire à imprimer d'un bulletin blanc revendicatif. Nous expliquerons bien que si les électeurs sont convaincus par un des deux candidats et voteront pour elle ou lui, nous nous en réjouirons en sachant qu'ils trouveront un bulletin à leur nom dans le bureaux de vote. Mais s'ils ne souhaitent choisir parmi aucun des deux, nous leur proposerons de le faire tout en militant pour qu'à l'avenir le vote blanc devienne un suffrage exprimé.Le législateur ayant refusé de fournir des bulletins blancs officiels, nous comblons cette lacune.

Pour nous, l'électeur doit pouvoir voter en conscience et bénéficier du principe d'égalité: Un homme - une voix. L'acte électoral n'en est que plus grandi quand il reflète honnêtement l'opinion de l'électorat. A quoi ont servi les plus de 80% du candidat Jacques Chirac en 2002 ? Son quinquennat a été une suite d'impuissances. Si le candidat Emmanuel Macron doit l'emporter, un score qui correspondra au plus proche au soutien réel qu'il reçoit de la population le rendra plus fort. 60% serait déjà un leurre.

Vouloir déformer les résultats, les manipuler, en faisant passer des électeurs pour des mauvais citoyens, afin d'obtenir des victoires en faux-semblant, suivies de lendemains qui déchantent, voici ce qui sape le fondement de l'acte électoral et qui fait le jeu du Front National.


REPARTITION DU VOTE BLANC ET NUL AU PREMIER TOUR

Aucun texte alternatif disponible.
 

LE VOTE BLANC FLAMBE EN OUTRE-MER

Les Guyanais l'avaient annoncé. Ils allaient manifester leur mécontentement, exprimé jusque-là par des grèves et des blocages, dans les urnes. Et c'est en effet eux qui décrochent, de loin, le record de bulletins blancs ou nuls en ce premier tour de l'élection présidentielle avec 15,95%.
Mais ils ne sont pas les seuls à se retrouver nettement au-dessus de la moyenne nationale (2,52%). Quand en métropole c'est la Creuse qui obtient le plus fort pourcentage avec 4,15, la Martinique, elle, est à 11,68% et la Guadeloupe juste en-dessous avec 11,18%. Mayotte fait le double de la Creuse avec 8,47%. Suivent La Réunion (6,61%), la Polynésie française (4,78%) et la Nouvelle-Calédonie (4,69%).
Ailleurs en outre-mer, on a des résultats de vote blanc ou nul beaucoup plus dans la norme. Et on a même le plus bas taux de bulletins blancs ou nuls de tout le territoire français à Wallis et Futuna (1,17%), faisant encore moins que Paris (1,36%), spécialiste pourtant des très faibles scores en cette matière.



Tiens donc !

L'HOSTILITE AU VOTE BLANC S'ACTIVE


Jusque-là, la campagne était plutôt très calme pour le vote blanc. Il laissait beaucoup indifférent que les deux présidentielles précédentes. Jusqu'à ce que le think tank Synopia et le quotidien L'Opinion ne publient les résultats d'un sondage sur le vote blanc (voir plus loin dans cette page). Et là, en une semaine, ce fut la résurgence des critiques éternelles.

L'évêque du Havre, Jean-Luc Brunin, nous alerte sur l'acte de couardise que nous accomplirons si nous votons blanc:

 «J’entends souvent : " Quand on voit ce spectacle désolant, on n’ira pas voter ou on votera blanc."  Devant cette attitude de dépit, je leur dis : "Est-ce un acte responsable ?" Leur discours revient plus ou moins à dire : je refuse de discerner ce qui me semble être le mieux pour l’avenir de mon pays, ou alors, il y a tel ou tel élément "non négociable" sur lesquels je ne veux pas transiger, donc je ne me mouille pas. De la part d’un chrétien, ce n’est pas une attitude juste.» La Croix, 4 avril 2017

'Juste', le mot est lâché. Le vote blanc est injuste, c'est un manque de courage. Il faut savoir fermer les yeux sur des comportements condamnables. Propos maladroits en ces temps d'affaires de pédophilie dans l'Eglise où l'on attend des catholiques de ne pas forcément trop fermer les yeux. Mgr Brunin oublie le vote en Conscience. Voter blanc peut être un vote de lucidité. Il dit que le rôle des évêques est «d'éveiller les consciences, d'aider à retrouver le 'sens du politique'.» Inciter le catholique à devenir un électeur moutonnier, ce n'est pas l'éveiller.
Quand il ajoute pour l'abstention et le vote blanc: «Ni l’une ni l’autre ne sont pris en compte. On peut toujours rêver que soit un jour instauré un mécanisme de quorum contraignant les candidats à revoir leur copie, mais en attendant, le vote blanc et l’abstention ne sont qu’un trou sans fond» on se demande ce qu'ils font pour que ce vote blanc devienne un suffrage exprimé. Rien, malheureusement. Qu'ils nous rejoignent pour œuvrer en ce sens, on n'est jamais assez de bonnes volontés.

 C'est à en perdre son latin.
Le 5 mai 2007, le cardinal Barbarin - plongé dans de sinistres affaires depuis - déclarait à Témoignage chrétien: «Si les deux candidats soutiennent une mesure contre laquelle ma conscience se révolte, je peux poser l’acte politique de ne pas voter ou de voter blanc.»

 

Anne Muxel (CEVIPOF),  de « Trop de démocratie tue la démocratie » (France Culture, septembre 2014) à « Le vote blanc se présente comme un exutoire commode – il n’esquive pas le devoir du vote – à une indécision qui se diffuse. Indécision pour choisir, indécision pour participer. » (Le Monde, 5 avril 2017) ou quand les idées toute faites remplacent la démarche scientifique.

Il est des universitaires qui se croient juchés sur un Olympe. Ils ont la vérité infuse. Et, pour eux, il y a des sujets plus ou moins dignes. L'Olympe politique, en France, c'est le CEVIPOF. On y brasse de grandes analyses sur la vie politique du pays. On côtoie le gratin politique, on fréquente assidument les médias. Au point qu'on en adopte leurs préoccupations et qu'on en oublie de faire son travail de chercheur.

Pour ces Olympiens, il est des sujets nobles et des sujets vulgaires, indignes de leur niveau de compétence. Alors, quand on est obligé de dire un mot de ces derniers, on les évacue vite fait mais avec le ton péremptoire du maître donnant la leçon. La voix de son maître, en effet. Quand le CEVIPOF parle du vote blanc, il reprend systématiquement à son compte les arguments du ministère de l'intérieur.

C'est ce que fait Anne Muxel dans le Monde. Celui qui vote blanc est quelqu'un qui se défile, qui n'a pas le courage d'avoir une opinion tranchée, qui hésite. Vous avez là la description du mauvais citoyen, telle que nous l'ont souvent présentés de nombreux parlementaires à la suite du ministère de l'intérieur. Jamais pour eux le vote blanc ne pourra correspondre à une conviction, à un message élaboré, à un refus de la médiocrité. On aimerait qu'Anne Muxel nous livre les enquêtes qualitatives qu'elle a menées pour aboutir à cette affirmation. Nous les attendrons longtemps.

"Trop de démocratie tue la démocratie". Voici ce que nous avions répliqué à Anne Muxel quand elle avait clamé sur France Culture: "


Anne Levade, juriste, présidente de la Haute autorité de la primaire de la droite et du centre, nous rappelle la vision paternaliste de la vie politique du sénateur Jean-Pierre Raffarin au début de ce siècle. Suite à ses interventions dans un débat au sénat sur le vote blanc en 2001, nous avions parlé de vision pétainiste. Il y développait avec satisfaction sa philosophie de "l'humanisme libéral", qui l'amenait à parler de République d'en haut et de République d'en bas (simplifié en 'France d'en haut' et 'France d'en bas' quand il fut Premier ministre). Il ne fallait pas les opposer selon lui.

 

Anne Levade, elle, nous explique que nous sommes des enfants gâtés. Et elle n'hésite pas à recourir au cliché churchillien de la démocratie qui est le pire des régimes à l'exception de tous les autres. Il faut se contenter de ses limites. Si l'électeur mécontent chasse et empêche les politiciens qui étaient élus ou leurs semblables de le devenir, c'est lui qui sera puni in fine. "Le risque est grand que, se parant, avec le vote blanc, des atours de la juste expression de la volonté populaire, le peuple soit nu." Le peuple est peuple tant qu'il se soumet, se résigne au vote utile. L'exigence n'est pas pour lui. Et pire, celui qui vote blanc est celui qui trahit en n'osant pas le montrer. La trahison, c'est l'abstention, et l'électeur qui vote blanc trahit en se dissimilant. Il cumule les tares.

Pour Anne Levade, » Sauf que lorsque l’on est dans la République 'du peuple, par le peuple, pour le peuple', on se doit d'accepter la fiction selon laquelle ce serait le peuple le maître de son vote le jour d'une élection, que le résultat plaise ou non à Anne Levade.la démocratie est une construction intellectuelle qui repose sur des fictions, au premier rang desquelles celle du gouvernement par une majorité qui est d'autant plus légitime que l'alternance démocratique assure que les battus d'une élection puissent être les vainqueurs de la suivante.«

«Quiconque ferait entendre une opinion contraire serait instantanément l'incarnation de l'archaïsme et, pour tout dire, l'ennemi du progrès démocratique.» C'est ma foi vraie Mme Levade. Quand face à la volonté de sortir le citoyen électeur de l'état d'enfantillage dans lequel il est plongé depuis les débuts du suffrage universel, on gaspille une page pour dire que si cet électeur sort du bac à sable dans lequel nos dirigeants protecteurs l'ont mis il se fera écraser par une voiture, et bien oui, on est 'archaïque', et pas vraiment dans le sens du 'progrès démocratique'.

Nous rappellerons que ce genre d'arguments tenus par Jean-Luc Brunin, Anne Muxel et Anne Levade se rapprochent de ceux tenus contre le vote des femmes jusque dans les années 1930. Mais aussi de ceux qui pendant une trentaine d'années ont retardé l'introduction - en 1913 - de l'isoloir et des enveloppes dans les bureaux de vote. A lire sur notre site

Voir le billet d’humeur dans L’Express (6 avril 2017)

 

Béatrice Giblin, géopoliticienne, François Etienne Vladimir Bujon de L'Estang, diplomate français. France Culture, 9 avril 2017, émission L'esprit public  Deux bourgeois qui, en 1936, se seraient offusqués que les ouvriers aient des congés payés.

Béatrice Giblin : « Je suis très préoccupée par cet engouement pour le vote blanc. C'est pousser les gens à ne pas essayer de s'engager. C'est au fond une sorte de fuite de ses responsabilités. 'Y en a aucun qui me plait.' Bien sûr puisqu'on est 66 millions et on va avoir in fine à choisir entre deux. Donc on va choisir celui qui va sembler correspondre le plus à nos souhaits. Je suis très hostile à cet engouement sur le vote blanc qui me paraît un peu dangereux. »
François Bujon de L'Estang : « Je comprends et je sympathise. »

 


Adélaïde Zulfikarpasic, directrice adjointe de l'institut BVA, 29 mars 2017.

« Il y a d'abord le vote blanc rural, qui s'exprime dans les petites communes, où tout le monde se connaît et où il peut être mal perçu de ne pas aller voter. Il recèle donc de l'abstention cachée. Il y a ensuite le vote blanc urbain, dont les utilisateurs sont plus politisés, plus éduqués. Ils délivrent davantage un message politique. » L'Express

Quinze ans qu'elle répète le même cliché. Les campagnes ont bien changé ces 30 dernières années mais on en reste à une analyse du siècle de La Fontaine !!!

 



 





Image illustrative de l'article L'Opinion (quotidien français)
40% des Français prêts à voter blanc

D’humeur « dégagiste », les Français plébiscitent le vote blanc: 86 % d’entre eux souhaitent qu’il soit comptabilisé dans les suffrages exprimés, selon un sondage Ipsos pour Synopia et l’Opinion

KAK

L’Opinion révèle en exclusivité un sondage réalisé par Ipsos pour le think tank Synopia, présidé par Alexandre Malafaye, sur les « Français et le vote blanc ». Très favorables à cette option, une part significative des électeurs démontrent que l’offre politique présentée durant la campagne ne les satisfait pas.

INDÉCIS, EN COLÈRE, DÉGOÛTÉS : 40 % des Français ne savent toujours pas pour qui voter lors de l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai, ni même s’ils se déplaceront le jour du scrutin. Du jamais vu en France à un mois du scrutin. Et selon un sondage réalisé par l’Ifop pour Synopia que l’Opinion révèle en exclusivité, 40% des Français voteraient blanc lors du premier tour aujourd’hui s’ils en avaient la possibilité. Ils étaient seulement 26 % en 2014. La question posée précise bien qu’il s’agit d’un « vote blanc pris en compte en tant que suffrage exprimé avec capacité de rejet de l’élection et des candidats au-delà d’un certain seuil ». Autrement dit, le vote blanc utilisé comme variante du « dégagisme », cette « volonté de sortir les sortants » qui a déjà fait de nombreuses victimes et alimente les extrêmes.

Forme civique de neutralité. « Aujourd’hui, une pétition en faveur du vote blanc a déjà recueilli 230 000 signatures, c’est la première fois qu’une telle démarche a autant de succès, explique Olivier Durand, de l’Association pour la reconnaissance du vote blanc. Certains candidats à l’élection présidentielle ont même inscrit l’idée à leur programme ». Il s’agit notamment de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat socialiste a déclaré le jeudi 16 mars, lors de la présentation de son programme à la Maison de l’Architecture, qu’il organiserait un référendum sur la question le 18 juin, s’il est élu. Quant au candidat de La France insoumise, il est favorable au vote obligatoire avec sa « contrepartie », la reconnaissance du vote blanc.

Un premier pas a déjà été fait par la loi du 21 février 2014 « visant à reconnaître le vote blanc », qui entérinait le principe selon lequel ce type de suffrage n’avait rien à voir avec le vote nul. Le premier est manifestement apparenté à une forme civique de neutralité, tandis que le « vote nul » est supposé provenir de citoyens distraits et/ou imbéciles. Considéré comme plus « nobles », les votes blancs ne sont pas pour autant pris en compte dans les suffrages exprimés. Autant dire qu’ils ne servent pas à grand-chose.

Si les promoteurs de la loi de 2014 pensaient que leur simple comptabilisation – il est aujourd’hui possible de voter blanc au moyen d’enveloppes vides – permettrait d’enrayer l’abstention, c’est raté. « Ce que nous mesurons aujourd’hui, et qui n’est pas assez pris en compte, c’est la possibilité d’un taux d’abstention supérieur à 30%, ce qui serait colossal par rapport au taux record de 20 % observé en 2012, affirme Brice Teinturier, directeur général de l’institut Ipsos et auteur du livre Plus rien à faire, plus rien à

foutre. Dans la population “Praf”, il existe un profond désengagement à l’égard de la politique, à la fois des personnes et de leur capacité à dégager des résultats positifs. A cette tendance de fond, qui explique en partie l’abstention, s’ajoute un facteur conjoncturel, celui des affaires qui peut aussi décourager les électeurs. »

Quel serait donc l’effet de la prise en compte des votes blancs dans les suffrages exprimés ? « C’est le seul moyen de récompenser celui qui va faire l’effort de se déplacer pour voter plutôt que d’aller à la pêche, estime Roland Courteau, sénateur socialiste de l’Aude qui a déposé deux propositions de loi en ce sens en 2015. Cela permettrait de dégonfler le nombre des abstentionnistes et limiterait peut-être aussi les votes protestataires qui alimentent les extrêmes. »

Logique du dégagisme. L’un des enseignements du sondage Ifop pour Synopia est en effet que si le vote blanc servait vraiment à quelque chose, ce sont Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen qui en pâtiraient le plus ! Ainsi, 44 % de ceux qui ont l’intention aujourd’hui de voter pour le premier préféreraient voter blanc. Et ils sont 35 % parmi l’électorat de Marine Le Pen. « C’est cohérent avec le fait que ceux qui votent pour les extrêmes ne le font pas tous sur un “coup de coeur” mais, pour une partie non négligeable, pour mettre un “coup de balai”, explique Alexandre Malafaye, président de Synopia. Ils sont dans la logique du dégagisme, ce qui n’est pas le cas chez François Fillon, puisque seuls 21% de ses électeurs préféraient voter blanc ».

Jusqu’ici, le processus d’une vraie reconnaissance du vote blanc, enclenché dans les années 1990, se heurte à de nombreux obstacles. « Prendre en compte les votes blancs reviendrait à amoindrir le score des candidats, juge Jérémie Moualek, chercheur en sociologie politique. Jacques Chirac en 1995 et François Holllande en 2012 n’auraient pas eu plus de 50 % s’ils avaient été comptés dans les suffrages. »

Roland Courteau a prévu cela dans sa proposition de loi constitutionnelle, qui consisterait à modifier l’article 7 de la Constitution, afin qu’au second tour de la présidentielle, le vainqueur puisse être élu à la majorité relative. « Ce serait une réforme institutionnelle de grande ampleur dont je ne suis pas sûr qu’elle fasse partie des priorités à court terme, juge Bruno Cautres, chercheur CNRS au Cevipof. En plus, la comptabilisation du vote blanc se double en général du vote obligatoire, ce qui me semble inimaginable aujourd’hui. » Pour Brice Teinturier, il n’est absolument pas démontré que la comptabilisation des votes blancs permettrait d’aboutir à un taux de participation de 90 %. « Cela ferait écho à ceux qui s’abstiennent parce qu’ils ne sont pas satisfaits de l’offre politique, juge-t-il. Mais on sait aussi que ce sont les plus jeunes, les plus précaires, les moins diplômés qui votent le moins de toute façon. » Ce n’est sans doute pas dans un futur proche que le vote blanc permettra d’exprimer la colère noire des Français.

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PROPOSITION DE LOI UDI-PS ADOPTEE EN 2014